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Le
Bulletin - été 2007
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Les
saules et les champs Solvay à Syracuse
Cees van Oosten
SilviConsult Woody Crops Technology Inc.,
Nanaimo (C.-B.)
Cette visite sur les lieux durant la rencontre
de la CIP à Montréal en juin 2007 nous a amené
dans la région de Syracuse, dans l’état de
New York, où nous avons observé les champs de déchets
Solvay et le rôle que le saule peut jouer afin de régler
un sérieux problème de pollution.
Que sont les champs de déchets Solvay
?
La description suivante du procédé
Solvay fut empruntée de Wikipedia : « Le procédé
Solvay, également appelé le procédé
du soude à l’ammoniaque, a été le principal
procédé industriel utilisé dans la production
du soude de commerce (carbonate de sodium) pendant près
de 125 ans ». « Le procédé du soude
à l’ammoniaque fut essentiellement mis au point sous
sa forme actuelle par Ernest Solvay durant les années 1860.
Les ingrédients pour ce procédé sont facilement
disponibles et sont peu dispendieux : saumure (de l’intérieur
des terres ou de la mer) et de la pierre calcaire (des mines).
»
La région aux alentours de Syracuse
est riche en saumure et en calcaire, et a servi de base pour une
opération industrielle de fabrication du carbonate de sodium
de 1884 jusqu’en 1986, en utilisant le procédé
Solvay. Il est utilisé dans la fabrication de plusieurs
produits, tel que le verre, le papier, la fibre de verre, le savon
et les médicaments (entre autres). Chaque tonne de carbonate
de sodium produit environ 10 000 litres de déchets liquides,
contenant 0,9 tonne de CaCl2 et 0,45 tonne de NaCl. Ces déchets
étaient habituellement déversés dans des
bassins de décantation d’une superficie d’environ
600 hectares ; ces bassins ont une profondeur de 16 à 21
mètres. L’évaporation de l’eau a ensuite
produit une substance ressemblant à un genre de «
pouding solide » chimique avec un pH de 8 à 9,5 dans
la partie supérieure et avec un pH de plus de 11 à
une plus grande profondeur. Quand ils sont séchés,
les bassins de décantation ressemblent aux plaines salées
du Utah, mais à échelle plus petite et certainement
pas aussi solides. Les déchets Solvay ne contiennent pas
de matière organique et n’ont pas de structure, ce
qui ne favorise pas la croissance des plantes.

Champ de déchets Solvay,
près de de Syracuse (NY). Les produits résiduaires
contiennent du CaCl2 et du NaCl et ils causent une sérieuse
pollution de l’eau souterraine. Photo par Cees van
Oosten.
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Des 600 hectares originaux des étangs
de décantation, 222 hectares sont encore non développés
et sont considérés des dépôts de
déchets dangereux qui continuent à polluer l’eau
souterraine qui s’écoule dans les ruisseaux avoisinants
et dans le lac Onondaga, qui est l’un des lacs les plus
pollués des États-Unis. Afin d’atténuer
le risque que le lixiviat se rende dans l’eau souterraine,
des drains et des fossés furent installés afin
d’intercepter les ruissellements. |
Un moyen inédit de combattre la pollution
des ruisseaux et du lac, c’est de créer une surface
d’évapotranspiration qui non seulement intercepte
les précipitations pour évaporation, mais qui a
aussi la capacité d’extraire l’eau du sol,
ce qui l’empêche d’entrer dans l’eau souterraine.
Les saules offrent un tel potentiel comme surface d’évapotranspiration,
ce qui est moins dispendieux et une alternative plus écologique
qu’un couvert de géomembrane.
Sources : http://en.wikipedia.org/wiki/Solvay_process
et documents distribués durant les visites des lieux.
Le saule – une surface d’évapotranspiration
efficace
Le saule et le peuplier (y compris le tremble)
sont les premières espèces ligneuses à s’établir
naturellement. La meilleure essence pour créer un couvert
rapide, c’est le saule. Il a des taux de croissance rapides,
des taux de transpiration élevés et il est tolérant
des conditions sévères causées par les niveaux
élevés de chlorure et de pH. Bien que la croissance
soit relativement pauvre dans les sols des champs de déchets
Solvay, le saule survit et peut proliférer !
La clé du succès avec le saule, c’est
la sélection des clones ayant la plus grande efficacité
d’utilisation de l’eau ; c-à-d., les saules
sont des gaspilleurs d’eau et ils ont un taux élevé
de transpiration. Les saules ont également besoin d’une
grande voûte forestière pour augmenter l’interception
de la précipitation afin de contribuer aux pertes par évaporation.
À titre d’exemple, une récolte de saule R-4
(à sa 4e saison de croissance) peut avoir un indice foliaire
(LAI) de 5.
Étant donné l’hostilité
des sols des champs de déchets Solvay, les biosolides sont
incorporés de façon à améliorer le
succès des arbustes de saules plantés et de toutes
autres mauvaises herbes qui peuvent aussi contribuer à
l’évapotranspiration. Les biosolides fournissent
au sol une structure, des nutriments et améliorent la disponibilité
de l’eau pour la végétation.
Le premier site d’essai que nous avons
visité était un champ de déchet amendé
avec des biosolides en 2004 et plantés par la suite avec
quatre clones de saule. Cet essai R-4 est celui où le chercheur
mesure le débit de la sève des tiges de saules individuelles
variant de 10 à 25 cm de diamètre.

Les détecteurs sur les tiges
de saules mesurent le débit de la sève qui
peut être corrélé à l’usage
de l’eau, ce qui permet une estimation de l’extraction
de l’eau du sol. Photo par Jaconette Mirck –
SUNY.
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Les débits de sève
peuvent être corrélés avec l’usage
de l’eau. À titre d’exemple, durant l’été
2006, les débits de sève maximum pour les tiges
simples étaient de 4,1 litres par jour en juin pour
un clone du saule et de 2,0 litres par jour pour un autre
clone en juillet. En utilisant la distribution de diamètre
des tiges, le débit total de la sève par unité
de surface peut être calculé et donc le total
de l’eau utilisée par hectare. |
La recherche a également constaté
que la transpiration tard dans la saison est importante et peut
avoir un impact important jusqu’en fin de saison, ce qui
est jusqu’en octobre.
Sources – documents distribués
durant les visites des lieux.
Dimension de la coupe – impact sur la
biomasse
Le même essai contenait une culture
de saule qui fut récoltée en 2006 comme récolte
de 3 ans.
| L’essai a déterminé
l’impact sur la production de la biomasse de différentes
longueurs de boutures (25 et 50 cm) pour 10 clones de saule.
Après deux saisons de croissance, quatre des clones
plantés avec des boutures de 50 cm ont produit de la
biomasse excédant 20 tonnes anhydre (t.a.) par hectare
; trois des clones plantés avec des boutures de 25
cm ont produit plus de 15 t.a. par hectare. L’opportunité
existe d’utiliser des récoltes périodiques
comme source de matière première pour différentes
utilisations finales industrielles, telles que la production
d’énergie ou de chaleur, ou la production d’éthanol.
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Les détecteurs sur les tiges
de saules mesurent le débit de la sève qui
peut être corrélé à l’usage
de l’eau, ce qui permet une estimation de l’extraction
de l’eau du sol. Photo par Jaconette Mirck –
SUNY.
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Amendement du sol
Produire du saule sur les sols non amendés
des champs de déchets Solvay ne donne pas de gros volumes
de matière première et ne rempli pas son rôle
en tant que surface d’évapotranspiration efficace.
Les arbres survivent, mais ils ne poussent pas très bien.
Pour assurer une bonne productivité, les sols doivent être
amendés avec de la matière organique.
Un des essais démontra l’impact de
sept différents traitements d’amendements organiques
et un contrôle appliqué à deux différents
clones. Les sept traitements d’amendement comprenaient différentes
combinaisons de trois sources de biosolides (les biosolides d’Anheuser
Busch, des résidus de jardin et des biosolides d’une
usine de traitement des eaux usées municipales). Les amendements
furent appliqués durant l’été et l’automne
en 2005 et le site fut planté avec deux clones de saule
en mai 2006, en utilisant des boutures de 50 cm. Chaque combinaison
clone/amendement fut répétée quatre fois.
Afin de contrôler les mauvaises herbes suite à la
plantation, une combinaison d’herbicides de préémergence
fut utilisée. La survie après une saison fut généralement
très élevée, sauf pour les amendements contenant
des biosolides provenant de l’usine de traitements des eaux
usées municipales. La production de la biomasse à
la surface variait beaucoup entre les traitements et fut nettement
mieux que le traitement de contrôle. La seule exception
fut le traitement avec un amendement contenant des biosolides
provenant de l’usine de traitement des eaux usées
municipales. Les raisons possibles pour cette anomalie pourraient
être un mauvais mélange avec le sol ou bien une décomposition
insuffisante avant la plantation.
Pour d’autres sources d’information,
veuillez consulter les sites Web suivants:
• www.nyfederation.org/PDF2005/16Daley.pdf
• http://clu-in.org/phytoconf/proceedings/2005/6B_Daley.pdf
Visite
terrain Ontario-Québec
Sabrina Morissette, ing.f.
Professionnelle au RLQ
Le 11 juillet dernier, de part et
d’autre de la frontière provinciale Québec-Ontario,
a eu lieu une visite terrain de cinq plantations de peuplier hybride
et d’une plantation de mélèze hybride et laricin.
L’activité était organisée conjointement
par le Réseau Ligniculture Québec (http://www.unites.uqam.ca/rlq/),
la Chaire Industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier
durable (http://web2.uqat.ca/cafd/) et le Partenariat pour la
recherche forestière (http://www.forestresearch.ca/). Une
vingtaine de participants étaient présents, dont
des représentants du Service canadien des forêts,
des industriels et des universitaires. Cette activité visait
à démontrer le potentiel de croissance du peuplier
hybride au cœur de la ceinture argileuse présente
en Abitibi-Témiscamingue et dans le nord-est ontarien,
tout en favorisant les échanges entre les intéressés
de ces types de cultures des deux côté de la frontière
provinciale.
| La journée a débuté
en sol ontarien avec la visite d’un site expérimental
établi en 2002 à Englehart, sur une terre agricole
appartenant à Grant Forest Products. Cette compagnie
privée nord-ontarienne se spécialise dans la
production de panneaux de particules orientées (OSB)
depuis 1981. Les propriétaires envisagent de recourir
à la populiculture afin de diminuer les coûts
d’approvisionnement, cependant, ils désirent
d’abord évaluer la rentabilité de cette
culture par rapport aux rendements escomptés. Une de
leurs employés, Tammy Mazetti, pour qui la populiculture
constitue un passe-temps, a eu le feu vert de la compagnie
afin d’établir une plantation expérimentale
de peuplier hybride. Pour ce faire, elle a utilisé
10 clones recommandés en Ontario à l’intérieur
d’un essai d’espacement et d’un essai de
contrôle de la végétation (tonte) répétés
5 fois. |

Englehart (ON) – Plantation
expérimentale de peuplier hybride établie
en 2002 appartenant à Grant Forest Products.
Crédit: Raëd Elferjani (Doctorant UQAT)
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Les participants ont ensuite migré
quelques 40 km vers le sud afin de visiter un tout nouveau site
implanté à New Liskeard en mai 2007. Le dispositif
expérimental de 3 ha se trouve sur les terres de la station
de recherche agricole de l’Université Guelph et a
été mis en place par l’Université du
Québec en Abitibi-Témiscamingue et le New Liskeard
Agricultural Research Station. Cela représente la concrétisation
d’un premier partenariat entre l’UQAT, l’Université
Guelph et le Northern College. Le responsable de la station de
recherche, John Rowsell, a présenté brièvement
l’historique du dispositif pour ensuite inciter les participants
à y circuler. Le dispositif est constitué de trois
blocs expérimentaux dans lesquels 18 clones ont été
plantés. En effet, 10 clones étant disponibles uniquement
sous forme de boutures et en quantité moindre, ces derniers
ont été plantés en rangées simples
de 10 plants. Quant aux 8 clones à racines nues, ils ont
plutôt été répartis en parcelles monoclonales
de 100 plants. Dans l’ensemble, la mise en terre semblait
avoir réussi, mais la plantation, âgée d’à
peine 2 mois, montrait des signes évidents de descente
de cime et quelques boutures n’avaient pas encore émergé
du sol. Annie DesRochers, chercheur responsable du projet, a alors
tenu à rassurer les participants en mentionnant que les
plants avec de la descente de cime allaient recupérer assez
rapidement, suite à une taille de formation à l’année
2. En ce qui a trait aux boutures, M. Rowsell en attribue le retard
de croissance à une faible qualité du produit en
provenance de la pépinière. Il reste maintenant
à prendre connaissance des données de croissance
et de mortalité qui seront prises cet automne.

New Liskeard (ON) - Participants
à la Station de recherche agricole de New Liskeard
Crédit: photo de Nancy Young (Partenariat pour
la recherche forestière)
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Les participants se sont alors dirigés
sur la rive opposée du lac Témiscamingue pour se
retrouver en territoire québécois et visiter un
dispositif expérimental implanté en 2005 à
Duhamel-Ouest. Annie DesRochers, chercheur responsable du dispositif,
présente aux participants vivement intéressés
les résultats d’une préparation de terrain
adéquate, d’un entretien mécanique fréquent
et d’une fertilisation par pied d’arbre dès
l’établissement de la plantation. Elle explique également
que le dispositif de Duhamel-Ouest fait partie d’un ensemble
de trois sites regroupés sous l’objectif de mesurer
l’effet de différentes méthodes culturales
et d’évaluer les besoins nutritionnels des peupliers
hybrides, et ce selon un gradient latitudinal allant jusqu’à
qu’à la région du Nord-du-Québec. Le
site visité est celui le plus au sud, les deux autres étant
localisés dans la Forêt d’enseignement et de
recherche du Lac Duparquet ainsi que dans la municipalité
de Val-Paradis. Les différentes méthodes culturales
sont représentées par trois espacements (1m x 4m;
2m x 4m et 3m x 4m), alors que les besoins nutritionnels sont
mesurés en fonction de quatre indices de fertilisants.
Un autre objectif poursuivi par l’étude consiste
à tester la relation entre la productivité et la
diversité à l’aide de blocs poly et monoclonaux.
Pour ce faire, quatre clones recommandés pour la région
ont été utilisés et plantés en blocs
monoclonaux (un seul clone par parcelle) et poly-clonaux (les
quatre clones répartis aléatoirement parmi le bloc).

Duhamel-Ouest (QC) – Plantation
expérimentale de peuplier hybride établie
en 2005 par l’Université du Québec
en Abitibi-Témiscamingue (UQAT)
Crédit: photo de Nancy Young (Partenariat pour
la recherche forestière)
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Angliers (QC) – Plantation
de peuplier hybride établie en 2002 (UQAT)
Crédit: Raëd Elferjani (Doctorant UQAT)
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Après un bref arrêt pour
le repas du midi, la visite s’est poursuivie sur un autre
site implanté en 2007 localisé à Saint-Eugène-de-Guigues.
Cette fois, les mélèzes hybrides et laricin sont
l’objet de ce dispositif. Après avoir cherché
à distinguer les 750 plants nouvellement mis en terre parmi
la végétation compétitrice très envahissante,
Annie DesRochers a saisi l’occasion et expliqué qu’il
s’agissait d’un « bon » exemple démontrant
l’importance d’un entretien mécanique fréquent,
particulièrement en milieu agricole. En effet, il était
évident que le site nécessitait un premier entretien
mécanique, lequel avait été retardé
pour plusieurs raisons. Malgré qu’il y ait eu peu
à voir, Mme DesRochers a présenté l’objectif
de l’étude qui consiste à évaluer la
productivité et l’adaptation du mélèze
hybride dans la région du Témiscamingue, tout en
comparant sa croissance à celle du mélèze
laricin indigène.
Le groupe s’est ensuite déplacé vers Angliers
où il a pu visiter un dispositif expérimental de
peuplier hybride, d’épinette blanche et d’épinette
de Norvège implanté en 2002 sur une terre privée.
Francine Tremblay, chercheur responsable du projet, a présenté
le dispositif ainsi que le projet d’ensemble dans lequel
il s’inscrit. En effet, le site d’Angliers fait partie
d’un projet de 35 ha englobant quatre sites visant à
évaluer la productivité de différents clones
de peuplier hybride, ainsi que de plusieurs familles améliorées
d’épinette blanche et d’épinette de
Norvège, et ce sur des sites à fort potentiel. Ce
printemps, les épinettes de Norvège ont subi des
dégâts importants en raison d’un gel tardif.
L’inventaire prévu cet automne permettra d’établir
le taux de survie et d’évaluer la croissance des
arbres du dispositif. En ce qui a trait aux peupliers hybrides,
selon les résultats du dernier inventaire réalisé
en 2005, le clone le plus performant est un hybride B x M (Populus
balsamifera X P. maximowiczii), soit le 915004.
Bien que la journée ait été
passablement avancée, la curiosité des participants
était, elle, bien éveillée et le groupe s’est
finalement rendu au site optionnel inscrit à l’horaire.
En effet, le site de Nédelec, établit en 2003, a
la particularité de regrouper deux dispositifs expérimentaux
distincts et surtout de se trouver en milieu forestier. Jusqu’à
présent, tous les sites visités avaient été
implantés en milieu agricole. Annie DesRochers tenait donc
à présenter aux participants une alternative supplémentaire
pour l’implantation de la populiculture, la forêt.
Le site de 3,5 ha accueille un dispositif lié à
la compétition intra et interspécifique, ainsi qu’un
dispositif basé sur la fertilisation et l’entretien.
Tout en se promenant sous la pluie à l’intérieur
des dispositifs, les participants ont pu entendre Annie DesRochers
expliquer les objectifs liés aux deux expériences.
Par la suite, les participants, quelque peu
mouillés mais dont la tête était remplie d’images
de peupliers hybrides en pleine croissance, ont pris le chemin
du retour, les uns en direction de l’Ontario et les autres
vers l’Abitibi-Témiscamingue. Au final, cette visite
terrain s’est avéré une excellente occasion
d’échanger entre voisins, ce qui permet d’entrevoir
davantage de partenariats interprovinciaux à court ou moyen
termes.
Applications
environmentales du peuplier et du saule
Jim Richardson, Annie Desrochers,
Barb Thomas, Cees van Oosten
Conseil du peuplier du Canada
Introduction
Les applications environnementales du peuplier
et du saule impliquent la mise à profit de certaines qualités
particulières de ces essences afin d’atteindre des
objectifs environnementaux spécifiques pendant la croissance
de la culture. Les qualités des peupliers et des saules
qui sont d’intérêt particulier incluent leur
croissance rapide, l’excellente biomobilisation des nutriments,
le captage et la tolérance des métaux lourds, la
capacité de croître dans un sol pauvre, le déploiement
rapide et la densité des structures racinaires, ainsi que
la capacité de capter de grandes quantités d’eau
ou, inversement, de tolérer les sécheresses. Les
peupliers et les saules font facilement preuve de ces qualités
en comparaison avec la plupart des autres essences (espèces
d’arbres). Quelques exemples d’applications environnementales
du peuplier et du saule : zones tampons ou plantations riveraines,
phytoremédiation, génie géologique, bandes
brise-vent, foresterie urbaine et périurbaine, bioénergie
et autres.
En juin 2007, le Groupe de travail sur les applications
environnementales du peuplier et du saule de la Commission internationale
du peuplier (CIP) organisait une rencontre technique à
Montréal, avec des visites sur le terrain dans la région
montréalaise, ainsi qu’à Syracuse, New York.
Le présent numéro du Bulletin du Conseil du peuplier
du Canada veut surtout faire rapport sur le contenu technique
de la rencontre et des excursions sur le terrain. La rédaction
du présent numéro fut possible grâce aux contributions
des membres de l’Exécutif du CPC qui ont participé
à cet événement : Annie Desrochers, Jim Richardson,
Barb Thomas et Cees van Oosten.
Contexte
La Commission internationale du peuplier (CIP)
est l’un des organismes techniques sur la foresterie créés
par la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation
et l’agriculture. Son but est de promouvoir la culture,
la conservation et l’utilisation des membres de la famille
des salicacées, qui comprend les peupliers et les saules.
Créée en 1947 entre neuf pays (y compris le Canada),
la CIP comprend maintenant 37 pays membres, y compris des pays
développés et en développement, ainsi que
des pays avec économies en transition. La CIP a joué
un rôle important dans le développement des secteurs
forestiers nationaux, surtout par la préparation d’outils
techniques, par l’échange des idées et de
matériel d’amélioration. Il s’agit du
seul forum international qui rassemble les gestionnaires, les
utilisateurs et les chercheurs sur les peupliers et les saules
afin d’y discuter les sujets d’intérêt
communs d’une manière interdisciplinaire.
La CIP réalise son mandat en appuyant les
activités de recherche et de gestion par l’entremise
de six Groupes de travail portant sur : la récolte et l’utilisation
; les maladies ; les insectes nuisibles ; la génétique,
la conservation et l’amélioration ; les systèmes
de production ; et, les applications environnementales. Ces groupes
de travail explorent les enjeux d’intérêt aux
pays membres.
Le Groupe de travail sur les applications environnementales
est celui le plus récemment mis sur pied, ayant été
le premier proposé lors de la 21e Session de la CIP à
Portland, en Oregon, en septembre 2000, et ratifié formellement
lors de la 22e Session au Chili en novembre 2004. Sa mise sur
pied est due au niveau d’intérêt qui s’élève
rapidement vis à vis les systèmes non traditionnels
de production des cultures qui incluent des objectifs autres que
seulement la production de bois ou de fibre ligneuse. Ceci comprend
la protection de la qualité de l’eau en utilisant
des zones tampons riveraines, la phytoremédiation de terres
industrielles contaminées et le traitement des eaux usées
riches en nutriments.
Le Groupe de travail s’est rencontré
presque à chaque année depuis qu’il fut proposé
; des événements furent organisés en Royaume-Uni
(RU), en Suède, au Chili, en Estonie, en Irelande du Nord
et pour la première fois, en 2007, en Amérique du
Nord, à Montréal. La rencontre de Montréal
fut très bien organisée par Michel Labrecque, scientifique
de l’Institut de recherche en biologie végétale
(IRBV). L’IRBV, là où les sessions techniques
eurent lieu, est situé au Jardin botanique de Montréal,
et où Michel est botaniste et Directeur de la recherche
et du développement scientifique. Michel fut soutenu dans
son travail d’organisation par Ion Teodorescu et une équipe
d’étudiants en troisième cycle de l’Université
de Montréal, auquelle l’IRBV est affilié.
La session technique d’une journée
comprenait 14 présentations orales et une présentation
par affiches comprenant neuf affiches. Les excursions sur le terrain
dans la région de Montréal ont inclu un site d’expérimentation
et de démonstration relié à la plantation
du saule dans un terrain contaminé au centreville de Montréal
; des “murs vivants” utilisés comme dispositif
antibruit en banlieue à Laval et à Boisbriand ;
et, une plantation et une pépinière de saules de
7 ha dans la municipalité de Boisbriand. Le groupe s’est
rendu par autobus à Syracuse, NY, où des excursions
sur le terrain furent organisées par le « State University
of New York College of Environmental Science and Forestry ».
Ces visites comprenaient le « Solvay Wastebeds Project »
où l’on étudie l’usage des saules comme
couverture végétale alternative, ainsi que la «
Tully Genetics Field Station » qui est le site du programme
le plus intensif en matière de sélection et de génétique
du saule en Amérique du Nord. En revenant de l’excursion
à Syracuse, le groupe fit un arrêt pour visiter des
plantations de saules et des essais de clones près de Huntingdon,
au Québec. Un total de 41 participants de huit différents
pays (de l’Europe, de l’Amérique du Nord et
de l’Australie) étaient de la partie.
Présentations scientifiques et techniques
Étant donné l’intérêt
accru en ce moment concernant la bioénergie, la culture
à rotation courte des peupliers et d’autant plus
pour les saules peut profiter de l’une des applications
environnementales principales de ces espèces. Deux présentations
décrivaient les programmes de sélection de saules
pour fins énergétiques. Ian Shield
a décrit un programme de sélection des saules pour
le Royaume-Uni qui a lieu chez « Rothamsted Research »
près de Londres ; c’est un programme qui fait partie
du BEGIN (Biomass for Energy Genetic Improvement Network) au Royaume-Uni.
Le programme de sélection met l’accent
sur l’amélioration du rendement, mais il étudie
également la résistance aux insectes et aux maladies,
ainsi que la qualité du bois. Moins de 0,1 % des semis
produits seront des variétés enregistrées
; un processus qui prend jusqu’à 11 ans, à
partir de la sélection initiale jusqu’à l’homologation.
Kim Cameron présenta le programme de sélection
des saules du « State University of New York College of
Environmental Science and Forestry » à Syracuse,
là où une collection de plus 300 essences (espèces)
de Salix est utilisée pour développer des
cultivars ayant un meilleur rendement et une meilleure résistance
à la rouille. Des rendements de plus de 22 t ha-1 ont été
atteints.
Ryan Hangs a décrit un
vaste nouveau programme de recherche sur le saule à l’Université
de la Saskatchewan qui fut mis sur pied suite à l’engagement
du gouvernement de la Saskatchewan de produire un tiers de son
électricité à partir de sources non renouvelables
d’ici 2030. Le programme aborde : la sélection des
clones ; les pratiques culturales ; l’impact environnemental
sur le rendement, les maladies et les espèces nuisibles
; les cultures intercalaires ; les émissions de gaz à
effet de serre ; le cyclage biogéochimique ; la communauté
microbienne dans la rhizosphère ; le piègeage du
carbone ; et, la mise sur pied d’une bibliothèque
d’empreintes moléculaires. Le gouvernement estonien
encourage également la foresterie à rotation courte
pour fins bioénergétiques. Katrin Heinsoo,
de l’Université de Tallinn, a étudié
les obstacles biologiques et non techniques affectant la production
à rotation courte des saules en Estonie ; le deuxième
de ces obstacles est égal, sinon pire, que le premier.
Les principaux obstacles sont l’approvisionnement inadéquat
de boutures, le manque de subventions pour établir des
plantations, le manque d’expertise et d’équipement
de récolte, ainsi que la faible qualité du matériel
de reproduction. Les boutures sortent souvent de l’entrepôt
visiblement endommagées (bactéries), ce qui peut
représenter une contrainte importante aux plantations de
saules. Pajand Nejad, de l’Université
suédoise des sciences agricoles, fit rapport concernant
son travail sur les bactéries pathogènes et glacogènes
qui causent du dépérissement dans les plantations
forestières pour fins d’énergie en Suède
et en Estonie ; les études portaient entre autres sur l’évaluation
du problème, la caractérisation et l’identification
des organismes étiologiques, ainsi que les solutions possibles.
L’utilisation de la bioénergie pourrait
n’être que l’une de plusieurs applications environnementales
des mêmes plantations. Le projet BioReGen dans le nord-est
de l’Angleterre, décrit par Richard Lord,
du
« Clean Environment Management Centre – CLEMANCE »
de l’Université de Teesside, va démontrer
la faisabilité de réclamer les friches industrielles
pour y faire croître des cultures à biomasse énergétique
à l’échelle commerciale dans une variété
de sites contaminés. Les sites furent contaminés
par un mélange de déchets industriels et domestiques.
En Suède, les eaux usées municipales riches en azote
sont utilisées pour irriger des plantations à grande
échelle de taillis de saules à rotation courte pour
la production d’énergie ; cet usage est également
bénéfique en améliorant la productivité
de la biomasse et pour la réduction des émissions
d’azote, tel que rapporté par Ioannis Dimitriou,
de l’Université suédoise des sciences agricoles.
Alistair McCracken, du «
Agri-Food & Biosciences Institute » de l’Irlande
du Nord, a décrit les résultats de l’application
des eaux usées, provenant du traitement des boues municipales,
pour le peuplier et le saule à rotation courte. Le taux
d’application était d’environ 200 kg ha-1 d’azote,
mais il n’y avait aucune indication que les nutriments ou
les métaux étaient lessivés dans l’eau
souterraine. Le même auteur a également présenté
les résultats de l’application de gâteaux de
boues d’eaux d’égout brutes par injection dans
le sol pour la croissance de saules à rotation courte.
Le taux d’application plus faible (37t ha-1) a produit un
meilleur rendement de matière sèche que dans la
parcelle témoin, mais en général les taux
plus élevés n’ont pas produit des augmentations
de rendements plus importantes. Le traitement des boues avec de
la poussière de chaux ou de ciment peut s’avérer
nécessaire pour tuer des pathogènes et l’on
va sueveiller les effets possiblement indésirables à
cause du pH élevé de ce traitement sur la croissance
des saules. Dans le sud du Québec, des plantations de peuplier
et de saule à rotation courte ont été proposées
comme moyen de traiter les effluents des usines aquacoles. Les
résultats des premiers essais présentés par
Werther Guidi, de l’IRBV, suggéraient
que les plantations étaient excessivement irrigées
avec l’effluent, tel que démontré par la réduction
du rendement de la biomasse ; cependant, la fertilisation à
base d’urée pourrait, dans certains cas, affecter
la croissance et la productivité d’une manière
positive.
Certains des bienfaits environnementaux les plus
dramatiques d’utiliser les peupliers et les saules ont été
démontrés dans la réclamation des sites industriels.
La phytoremédiation est l’expression utilisée
pour décrire le nettoyage, l’amélioration
et la remise en végétation de sites contaminés
avec des arbres, des arbustes ou autre végétation.
Jud Isebrands, de New London, au Wisconsin, a
utilisé des peupliers (peupliers deltoïdes, peupliers
hybrides et clones du tremble) dans un ancien site industriel
au Wisconsin qui était contaminé au plomb et par
un mélange de composés organiques volatils dangereux.
Après deux ans, la croissance de plusieurs peupliers était
exceptionnelle et les niveaux phréatiques et de produits
chimiques dangereux avaient diminués. Dans le site du Royaume-Uni
décrit par Richard Lord, les plantations
de saules démontraient un bon captage du zinc, un assez
bon captage du cadmium et un certain captage du cuivre. Bien que
le zinc dans la biomasse pourrait être considéré
comme étant un contaminant du carburant dans la production
d’énergie, ceci pourrait être géré
en mélangeant les carburants. Angelo Massacci,
du « Istituto di Biologia Agro-Ambientale e Forestale del
CNR » en Italie, fit rapport sur du travail pour identifier
les fonctions moléculaires et les descripteurs analytiques
impliqués dans le captage et la translocation des métaux
lourds et par les peupliers et les saules. Parmi d’autres
constatations, les saules ont absorbé plus de cadmium par
plante que le peuplier, mais en ont maintenu plus dans leur feuillage
que dans les racines. Andrej Pilipovic, de l’Université
de Novi Sad, en Serbie, a étudié le potentiel de
différents clones du peuplier pour la phytoextraction du
cadmium, du nickel ou du plomb. Les concentrations les plus élevées
de ces éléments réduisirent la production
de biomasse dans les plantes. La concentration de nickel était
plus élevée dans le feuillage, de même que
le plomb dans les racines et le cadmium dans la tige. Dans un
essai au Jardin botanique de Montréal, Rosalie
Lefebvre, de l’IRBV, a étudié le
potentiel de croissance et l’accumulation de métaux
lourds dans les peupliers et les saules. Les saules avaient de
plus hautes concentrations analysées de métaux lourds
dans leur feuillage, leur tige et leurs racines que chez les peupliers.
Une inoculation avec de la mycorhize à arbuscule n’eut
aucun effet sur la production de biomasse ou l’absorption
de métaux lourds.
Mauritz Ramstedt, de l’Université
suédoise des sciences agricoles, a décrit un cas
où différents clones du saule eurent un effet négatif
sur la dégradation des hydrocarbures aromatiques polycycliques
(HAP) dans un sol contaminé au créosote et au carburant
diesel. Il a suggéré que cela était dû
à l’interférence des exudats racinaires des
saules qui semblaient être une source préférée
de carbone – au lieu du diesel – de la part des micro-organismes
responsables de la dégradation.
Jaconette Mirck, du « State University
of New York College of Environmental Science and Forestry »,
fit état de sa recherche sur la coulée de la sève
dans trois différentes variétés de saules
utilisées pour développer une couverture d’évapotranspiration
pour les champs de déchets Solvay à Syracuse, dans
la région de New York. Ce travail fit partie des excursions
champêtres suite à la session technique à
Montréal et il est décrit dans un autre article,
ailleurs dans ce bulletin.
Les saules utilisés dans les plantations tampons riveraines
peuvent fournir plusieurs bienfaits, pas seulement au niveau environnemental,
tel que démontré par Julia Kuzovskina,
de l’Université du Connecticut. En plus de leur efficacité
à capter le ruissellement des champs agricoles fertilisés,
les essences du saules ayant des tiges d’ornements pour
récolte en hiver ou au printemps peuvent ainsi fournir
un revenu hors saison pour la ferme provenant de la vente de choses
commes des structures vivantes et des mini-villages pour les enfants
fabriqués de fouets de saules aux couleurs brillantes.
Ceci pourrait être une culture intéressante pour
les jeunes, encourageant ainsi l’engagement des enfants
dans l’apprentissage de pratiques agricoles de base. Frédéric
Pitre, de l’Université Laval, présenta
les résultats d’une étude sur la génétique
moléculaire de l’effet de l’approvisionnement
en azote sur le métabolisme des racines du peuplier, et
qui démontrait que le plan de l’expression génétique
dans les racines du peuplier est influencés par l’approvisionnement
en azote.
Dans la zone tempérée de l’Europe,
Populus nigra et Populus alba ont été
des composantes très importantes des forêts naturelles
en plaines d’inondation, mais le P. nigra en particulier
est très sérieusement en déclin. Lorenzo
Vietto, du « Poplar Research Institute »
en Italie, présenta de l’information sur les efforts
de conservation des forêts riveraines, y compris l’usage
du peuplier et du saule dans la restauration des berges et la
conservation génique effectué par l’entremise
du programme EUFORGEN.
Les plantations de peupliers peuvent fournir des
bienfaits importants en relation avec le captage du carbone. Terenzio
Zenone, de l’Université de Tuscia Viterbo,
en Italie, et de la Sous-section de la Commission européenne
sur les changements climatiques, fit rapport sur une évaluation
majeure du piégeage du carbone dans les plantations de
peupliers, en taillis traditionnels et en rotation courte, en
utilisant des techniques de corrélation de tourbillons
afin de déterminer la productivité nette de l’écosystème
en relation avec le carbone entroposé par l’écosystème.
Les résultats indiquaient un très bon équilibre
des gaz à effet de serre pour les deux types de plantations
et différentes intensités d’apports culturals.
Dans d’autres présentations, Werther
Guidi, du « Scuola Superiore S. Anna » de
Pise, en Italie, fit rapports sur les résultats de la réaction
à la fertilisation dans une première rotation de
taillis de peupliers et de saules à rotation courte dans
le cadre d’un essai au lysimètre. Dans les conditions
de fertilisation, le saule démontrait un meilleur rendement
que le peuplier. Annie Desrochers, de l’Université
du Québec en Abitibi-Témiscamingue, fit état
du problème du dépérissement des tiges dans
les peupliers hybrides à racines nues plantées récemment
dans la région de l’Abitibi, au Québec, là
où des études ont suggéré que la fertilisation
dans les pépinières empêche les arbres de
se durcir avant l’entreposage d’hiver. L’entreposage
comme tel semblait également représenter un problème,
puisque les arbres hivernant à l’extérieur
dans des tranchées ne démontraient pas de dépérissement
des tiges au moment de la plantation, peu importe le régime
de fertilisation. En dernier lieu, Michel Labrecque
fit un survol du travail de l’IRBV sur le saule pour applications
environnementales dans le sud du Québec ; du travail qui
fut effectivement illustré lors des différentes
visites sur les lieux qui sont décrites ci-après.
Visites sur les lieux
Les visites sur les lieux associées avec
la rencontre à Montréal du Groupe de travail sur
les applications environnementales de la CIP mettaient surtout
l’accent sur les saules, mais dans deux régions très
éloignées – la région de Montréal
et la région de Syracuse, dans le nord-ouest de l’État
de New York.
1. Visites dans la région de Montréal
Le premier arrêt fut dans un site de
restauration d’une friche industrielle (Allée des
Tanneries) près de la voie de chemin de fer du Canadien
National et du canal de Lachine, près du centreville de
Montréal. Les sédiments prélevés lors
du dragage et de l’élargissement du canal à
la fin du 19e siècle, et déposés sur le site,
contenaient un mélange de composés organiques (surtout
des HAP) et inorganiques (cuivre, plomb, zinc et arsenic), mais
le site n’est pas considéré comme étant
fortement pollué. Le premier objectif de la ville de Montréal
était d’établir un écran visuel entre
une zone résidentielle et le chemin de fer. Ceci fut effectué
avec deux rangées de peupliers et de saules en 2005.

La forêt urbaine au
centreville de Montréal : phytorestauration d’une
friche industrielle (Allée des Tanneries) près
du tronçon principal de la voie de chemin du Canadien
National. Michel Labrecque parle aux participants. Photo:
Cees van Oosten
|

Phytorestauration d’une friche
industrielle au centreville de Montréal : écran
visuel avec deux rangées de peupliers et de saules
plantés en 2005. Photo: Jim Richardson
|
Par la suite, un petit essai fut mis en chantier
pour comparer le développement et la croissance de saules
et de peupliers sur le site, ainsi que leur capacité en
matière de phytoremédiation des polluants inorganiques.
Des échantillons de sol furent également prélevés.
Le travail sur ce site est appuyé par le Fonds d’habilitation
municipal vert de la Fédération canadienne des municipalités
et il a attiré beaucoup d’intérêt et
de participation des résidents de la localité qui
ont installé de petites parcelles de jardins sur le site.
Près de ce site, on retrouve la Station
d’expérimentation du Centre d’excellence de
Montréal en réhabilitation de sites. Cette corporation
à but non lucratif fondée conjointement par la ville
de Montréal, le gouvernement du Québec et le gouvernement
fédéral, fournit des services d’interface
pour les grands propriétaires qui font face à des
problèmes de contamination plus complexes. Elle a supporté
plusieurs projets de démonstration de technologies et la
station d’expérimentation a des installations pour
la démonstration de solutions innovatrices de remédiation
pour les sites contaminés. La phytoremédiation en
utilisant les saules et autres essences végétales
est une solution préférée par le Centre.

‘Mur vivant’ le long
de l’autoroute à Laval, Québec. Des
fouets de saules sont utilisés pour entourer un
long ‘sac’ rempli de terre comme barrière
anti-bruit à seulement une fraction du coût
d’un écran de béton. (Photo: Barb
Thomas)
|
Le deuxième arrêt
mettait en vedette une application environnementale du saule
qui a attiré beaucoup d’intérêt
du public dans la région de Montréal. En adaptant
une technologie allemande aux matériaux et aux conditions
de la localité, l’IRBV a installé une
série de ‘murs vivants’ comme ouvrage antibruit
entre les autoroutes suburbaines et les zones résidentielles.
Ces structures, qui sont d’une hauteur de près
de 3 m et de 1 m de large, contiennent de longs fouets de
saules plantés très proches les uns des autres
et des deux côtés d’une cloison de sol. |
| Environ 30 fouets par mètres
sont plantés en utilisant des tiges de trois ans d’une
longueur normale de 3,2 m. L’irrigation au goutte-à-goutte
aide à leur établissement, mais elle n’est
pas nécessaire pour une croissance continue. Les saules
doivent être taillés à chaque année
ou deux. Bien que la réduction du bruit est surtout
dûe au sol au centre de la cloison, les saules créent
un mur bien plus plaisant esthétiquement et les résidents
de la localité sont normalement très heureux
des résultats. Les autorités responsables de
la réduction du bruit en sont également très
heureuses au niveau des coûts, soit de 350 $ - 600 $
le mètre, ce qui est 10 fois moins qu’en utilisant
les matériaux conventionnels. L’apparition future
et la survie des ‘murs vivants’ n’est pas
encore un acquis. Les dommages causés par l’épandage
du sel sur les chemins pourraient être un problème,
mais les ‘murs vivants’ les plus anciens dans
la région de Montréal sont déjà
en place depuis cinq ans et ils sont encore en bon état. |
|

Salix miyabeana (essence de saule
de l’Asie) planté par la ville de Boisbriand,
au Québec, en 2006, et recépé à
l’automne/hiver 2006. Les parties épigées
en sont à leur première saison de croissance
sur des systèmes racinaires de 2 ans. Un arrêté
municipal interdit l’usage d’herbicides ;
donc, tout le contrôle des mauvaises herbes se fait
de manière mécanique avec beaucoup de sarclage
à la main. (Photo: Cees Van Oosten)
|
Le dernier arrêt dans la
région de Montréal se fit dans une plantation
de 7 ha de saules établie en partenariat avec la municipalité
de Boisbriand. Cette jeune communauté de banlieue à
croissance rapide est fière de son engagement envers
l’innovation et les activités environnementales.
La plantation contient des saules (Salix viminalis
et S. miyabeana) dont certains ont jusqu’à
quatre ans et plantés dans des champs agricoles entourés
de forêts. |
Les champs sont labourés une fois par année
avant d’y planter les saules et ils sont semés en
sarrazin commun après quoi le sol est retravaillé.
La deuxième année, le sarrazin est semé de
nouveau comme engrais vert, ainsi que des boutures de saules.
Le sarrazin entre les rangées de saules est enlevé
par tracteur et à la main à l’intérieur
des rangs. Un arrêté municipal interdit l’usage
d’herbicides chimiques, mais de l’engrais (26-13-13)
est utilisé en 2 applications de 300 kg ha-1. La ville
de Boisbriand prévoit construire un laboratoire sur le
site d’ici un an ou deux, ainsi qu’un complexe frigorifique
qui serait creusé dans le sol et qui aurait un toît
‘vert’. Des serres sont également prévues,
ainsi que la construction d’un labyrinthe à l’intérieur
de la plantation et avec connexions aux pistes cyclables municipales.
En partenariat avec l’IRBV, ainsi qu’avec des collèges
et des écoles techniques, Boisbriand espère travailler
sur les méthodes des ‘murs vivants’ afin de
réduire les coûts et diversifier les clones utilisés,
ainsi que les types de murs.
2. Visites dans la région de Syracuse
Les visites dans la région de Syracuse
comportaient deux volets distincts. Un volet était axé
sur les essais et les expériences d’établissement
de saules dans les lits de déchets Solvay, décrits
par Jaconette Mirck lors des présentations techniques à
Montréal. Cette visite est détaillée ailleurs
dans ce bulletin.
L’autre visite était à la « Tully Genetics
Field Station of SUNY-ESF », là où fit la
démonstration d’une étude sur le terrain portant
sur l’amélioration génétique des saules
arbustifs comme culture vouée à la production d’énergie,
à la phytoremédiation et autres applications environnementales.
La production de sélection du saule chez SUNY-ESF fut entamée
au milieu des années 1990. Depuis ce temps-là, plus
de 700 obtentions de saules représentant plus de 20 essences
et hybrides ont été assemblées. Grâce
à la sélection, les chercheurs ont produit environ
200 familles suite à environ 575 tentatives de pollinisation
dirigée. Deux différents essais de sélection
génétique répliquée furent visités.
L’un, établit en 2001 à partir d’individus
sélectionnés lors d’un essai antérieur
de sélection de familles, comprenait 16 clones de croisements
dirigés, quatre de peuplements naturels et cinq variétés
de référence. Selon la récolte de la première
rotation suite à trois saisons de croissance, neuf des
16 clones produits par la sélection ont donné plus
de biomasse que les clones de référence S. dascyclados
‘SV1’. Un deuxième essai entamé en 2002
comprenait les 15 meilleurs individus provenant des quatres meilleures
familles après deux saisons de croissance durant le premier
essai, ainsi que 22 autres clones exceptionnels choisis parmi
huit autres familles, pour un total de 82 nouveaux clones avec
quatre variétés de référence. Après
la seconde rotation de récolte de deux ans, le meilleur
clone avait produit 21.9 t.a. ha-1 an-1. Des efforts sont présentement
en cours pour augmenter la sélection des meilleurs clones
pour de futurs essais.

Récolteuse de saules mise
au point par SUNY-ESF à la Station expérimentale
génétique de Tully, près de Syracuse,
NY. (Photo: Jim Richardson)
|
3. Visite de la région de Huntingdon
| Les excursions se sont terminées
en beauté avec un arrêt à une banque de
clones de peupliers et de saules dans le sud-ouest du Québec.
Établie en 1999, la plantation comprend une douzaine
de nouveaux clones de peupliers et de saules fournis en général
par SUNY-ESF. Le site comprend également une collection
de 57 clones du saule provenant de pays à travers le
monde et donnés par le Ministère des Ressources
naturelles et de la Faune du Québec. La visite sur
les lieux fut cependant brève, puisque que le groupe
a passé une bonne partie de l’après-midi
à manger au Domaine de la Templerie, une Table Champêtre
locale bien primée, où l’on a dégusté
des viandes et des légumes d’origine locale. |

Dîner au ‘Domaine de
la Templerie’ à Huntingdon, Québec.
De gauche à droite : Drusilla Riddell-Black (GB),
Annie Desrochers (Canada), Katrin Heinsoo (Estonie), Robert
Langlois (Canada), Ryan Hangs (Canada), Lorenzo Vietto
(Italie), Pajand Nejad (Suède), Scott Laidlaw (Australie),
Barb Thomas (Canada). (Photo: Cees van Oosten -chaise
vide).
|
Séance de travail
Le Groupe de travail de la CIP sur les applications
environnementales du peuplier et du saule a tenu une courte séance
de travail durant l’atelier à Montréal. En
l’absence du président du Groupe de travail, Kurth
Perttu, de la Suède, la rencontre fut dirigée
par le vice-président, Jud Isebrands,
des États-Unis, et la secrétaire technique, Drusilla
Riddell-Black, du Royaume-Uni. On y fit un survol de
l’histoire, de la mission et de l’envergure du Groupe
de travail. Le site Web (www.fao.org/forestry/site/ipc/en)
est considéré une ressource clé et on a demandé
au Groupe de travail de contribué des études de
cas thématiques et qu’une liste des publications
pertinentes soit disponible sur le site. On fit la description
de la publication sur le peuplier et le saule qui est coordonnée
pour la FAO et la CIP par Jim Richardson et Jud Isebrands. Cela
comprend un chapitre sur les applications environnementales des
peupliers et des saules dont la portée est similaire à
celle du Groupe de travail.
On y discuta les rencontres futures du Groupe de
travail. La préférence était pour de petites
rencontres peu dispendieuses et offrant de bonnes occasions d’échanges
d’idées et d’information. La prochaine rencontre
aura lieu à l’automne 2008, de concert avec la 23e
Session de la CIP à Beijing, en Chine. Il fut suggéré
par la suite que le Groupe de travail puisse organiser deux rencontres
avant la 24e Session de la CIP. On demanda des candidatures pour
des dirigeants du Groupe de travail qui seraient élus en
2008 à Beijing.
Pour de plus amples renseignements sur l’atelier
de Montréal, veuillez communiquer avec Michel Labrecque
(mlabrecque@jbmontreal.net).
Pour d’autres détails sur le Groupe de travail de
la CIP sur les applications environnementales, visitez le site
Web au www.fao.org/forestry/site/ipc/en
ou communiquez avec le président, Kurth Perttu (kurth.perttu@vpe.slu.se).
Visite
aux opérations de Domtar, le 15 juin 2007
Cees van Oosten
SilviConsult Woody Crops Technology Inc.,
Nanaimo (C.-B.)
Après avoir participé
à la 10e Conférence nord-américaine sur l’Agroforesterie,
à Québec, en juin 2007, un petit groupe composé
de Robin Woodward, Al Jurgens, Joanne Kowalski, Doug Currie, Jeremy
Karwandy (tous du « Saskatchewan Forest Centre »)
et de Cees van Oosten (SilviConsult Inc. en C.-B.), est allé
visiter les opérations forestières de Domtar Inc.
à Windsor (Québec). Éric Lapointe, superviseur
des activités sylvicoles et Raymond Vanier, surintendant
- foresterie, ont organisé une excellente visite des lieux
le vendredi, 15 juin 2007.
L’usine Domtar-Windsor produit de la pâte
kraft à base de feuillus pour sa production de papier fin,
se servant de plusieurs essences de feuillus récoltées
sur les terres publiques et privées au Québec, au
Nouveau-Brunswick et dans le nord-est des États-Unis, en
plus d’y ajouter les copeaux résiduaires des scieries.
Parmi ces essences, on retrouve différentes érables
et autres essences de feuillus, du bouleau jaune et blanc, du
peuplier, ainsi que du tremble. L’usine de papier utilise
une petite proportion KRAFT de bois mou (NBSK-northern bleached
softwood KRAFT) avec sa longue fibre pour donner plus de force
au papier, et elle produit le papier offset ‘Domtar Windsor’
et le papier à photocopie ‘Domtar Copy’. La
première usine fut construite en 1859 et elle à
été modernisée plusieurs fois jusqu’en
1985, alors qu’une nouvelle usine moderne fut construite
sur un plus grand site.
Les forêts appartenant à Domtar comprennent
environ 200 000 hectares et elles sont certifiées par le
Forest Stewardship Council (FSC). Les opérations sylvicoles
comprennent l’établissement et la gestion des cultures
de peupliers hybrides à rotation courte sur environ 5 %
de la forêt privée qui est jugée convenable
pour le peuplier hybride. Ces cultures poussent dans une rotation
planifiée sur 12 à 15 ans. La pâte KRAFT à
partir du peuplier hybride a une fibre plus longue que les feuillus
utilisés traditionnellement et elle plus facile à
blanchir. Un défi important pour l’avenir, c’est
d’augmenter la densité du bois du peuplier hybride
pour la production de pâte par l’entremise de programmes
de sélection avancée et de reproduction.
Le Québec a une longue histoire de
réussites dans le développement de programmes de
peupliers hybrides et il a un programme de sélection depuis
plusieurs années qui est mené par le Ministère
des Ressources naturelles et de la Faune - MRNF). Plusieurs nouveaux
hybrides ont été créés qui furent
éprouvés pour leur résistance à plusieurs
maladies, y compris le chancre de la tige des arbres (tache septorienne
- Septoria musiva). Le matériel de reproduction du peuplier
hybride est produit aux pépinières du gouvernement
(photo 1) et il est distribué aux différents propriétaires
qui gèrent leur terres privées selon un plan d’aménagement.
Les compagnies forestières comme Domtar contribuent à
un fonds provincial pour les forêts qui paye pour le stock
; les petits propriétaires peuvent obtenir les arbres gratuitement,
en autant que leur terre est aménagée selon un plan
de gestion approuvé.

Le matériel d’une
pépinière du gouvernement au Québec.
Les racines sont taillées pour faciliter la plantation
(photo : Cees van Oosten).
|

Site d’essai situé
sur une ferme près de l’usine Windsor. Cet
essai montre deux différents clones durant leur
10e saison de croissance (R-10 ou Rising-10). Le Clone
NM6 est à gauche et le Clone DN3570 est à
droite. Veuillez noter la différence en faveur
du Clone NM6 (photo : Cees van Oosten).
|
Les compagnies forestières comme Domtar
contribuent à un fonds provincial pour les forêts
qui paye pour le stock ; les petits propriétaires peuvent
obtenir les arbres gratuitement, en autant que leur terre est
aménagée selon un plan de gestion approuvé.
Certains essais « Rising-10 » (R-10
: dans leur 10e saison de croissance) établis et maintenus
par l’entremise du MRNF près de l’usine Domtar
sont situés sur des terres agricoles et elles ont une croissance
très prometteuse.
Très peu de producteurs de peupliers pensent
à établir des plantations de peupliers sur des terres
agricoles privées. L’une des principales raisons,
c’est que le transfert des terres agricoles à des
cultures arbustives est réglementé au Québec
et que la pratique est fortement découragée ; les
terres agricoles sont protégées pour les cultures
par l’entremise de la « Loi sur la protection du territoire
et des activités agricoles, ou zonage agricole ».
Il est difficile d’obtenir l’autorisation du Ministère
de l’Agriculture pour planter des arbres, d’autant
plus qu’il y a une demande accrue pour des terres par les
porcheries pour l’évacuation sécuritaire du
lisier de porc. Les réglementations du Québec découragent
présentement l’épandage des boues d’usine,
de différents biosolides, de fumiers et d’effluents
de différentes sources sur les terres forestières.
Dans d’autres régions de l’Amérique
du Nord, cette pratique est de plus en plus encouragée
et les cultures de peupliers hybrides plantées sur les
terres agricoles se prêteraient très bien à
cette pratique à cause du plan systématique qui
permet aux épandeurs de fumier, aux réservoirs d’effluents
et à l’équipement d’irrigation d’être
incorporés dans la gestion des cultures. La croissance
des peupliers hybrides est améliorée par l’ajout
de ces produits. Domtar est surtout intéressé à
utiliser les boues d’usine comme supplément organique
dans les sols des cultures de peupliers hybrides et elle effectue
des essais pour recueillir des données qui pourraient éventuellement
convaincre les organismes de réglementation de permettre
une telle pratique. Présentement, la boue d’usine
est enterrée dans les sites d’enfouissement.
| Puisque l’établissement
du peuplier hybride sur les terres agricoles est réglementé
et fortement découragé, Domtar a établi
des cultures de peupliers hybrides dans une portion de ses
forêts privées. Un défrichement complet
des forêts pour créer des terres agricoles pour
les peupliers est trop coûteux. Au lieu de ça,
la compagnie a utilisé des méthodes intensives
de préparation de terrain pour établir cette
culture à rotation courte. Pour les parcelles plus
petites, une excavatrice de taille moyenne est utilisée
pour créer environ 1 000 trous à planter par
hectare. |

Une nouvelle culture de peupliers
hybrides durant leur 2e saison de croissance (R-2 ou Rising-2).
Le matériel fut planté en 2005 avec des
plants enracinés, tel que démontré
dans la Photo 1 (photo : Cees van Oosten).
|
Ceci est une méthode qui a fait ses preuves
pour « Scott Paper Limited » depuis plusieurs années
en Colombie-Britannique et maintenant Domtar l’utilise également
avec succès. Afin de mettre à profit la préparation
du site, des plants bien enracinés sont plantés
à une profondeur de 30-40 cm. Afin de faire démarrer
la culture, 250 grammes d’engrais chimique sont placés
dans la zone racinaire avec une pelle à planter. Diverses
formulations d’engrais ont été essayées.
Ceci est également une pratique utilisée avec grand
succès par « Scott Paper Limited » en Colombie-Britannique.
Domtar pense à faire l’essai de fouets non racinés
d’une dimension similaire afin de réduire les coûts.
Le succès des fouets non racinés dépend du
clone utilisé, de l’humidité disponible dans
le sol et de la température du sol au moment de la plantation.
La méthode de préparation utilisée a accompli
plusieurs objectifs : facilité la plantation d’un
stock plus large ; augmenté le volume de sol pour les racines
des arbres ; augmenté la température du sol au printemps
; amélioré le drainage et le contrôle efficace
des mauvaises herbes durant les deux premières saisons
de croissance.

Préparation du site
avec une charrue « Lazure »,
tirée par un Cat D-8. Cette culture de peupliers
hybrides fut plantée en 2007 avec de gros plants
enracinés, tel que démontré dans
la Photo 1
(photo : Cees van Oosten).
|
Dans les parcelles plus larges,
une méthode rentable de préparation des sites
est utilisée avec une charrue Lazure, tirée
par un Cat D-8. Cette combinaison crée des rangées
de plantes continues (photo 4) avec les mêmes bienfaits
accomplis par la méthode avec l’excavatrice.
Le succès de cette méthode,
bien qu’elle soit prometteuse maintenant, devra être
surveillée soigneusement durant la rotation.
|
Notre dernière visite fut dans un site d’essai
établi pour évaluer l’effet d’un drainage
amélioré sur un site déboisé près
de l’usine. L’impact de l’espacement des fossés
à différents intervalles sur le drainage et la performance
de croissance est surveillé, ainsi que différents
niveaux de chaulage et de fertilisation. Les résultats
préliminaires indiquent que les arbres placés les
plus près des fossés démontraient une croissance
améliorée après les deux premières
saisons de croissance. L’essai est effectué avec
trois différents clones.
Nous remercions Éric et Raymond pour
une journée très intéressante et nous souhaitons
un grand succès à la compagnie dans ses efforts
de gestion des peupliers hybrides.
Des
herbicides pour les peupliers et les saules
Cees van Oosten
Conseil du peuplier du Canada
Le Groupe de travail sur les herbicides
(GTH) du Conseil du peuplier du Canada (CPC) travaille avec acharnement
pour que ses membres obtiennent l’homologuation de produits
d’usage limité dans les cultures intensives à
rotation courte (CIRC) de peupliers au Canada. Pour une mise à
jour des activités de l’année (2006-2007),
veuillez cliquer ici.
Les herbicides
présentement homologués pour le peuplier et le saule
Présentement, il y a 13 herbicides
homologués pour le peuplier ; cinq ont l’ingrédient
actif (i.a.) glyphosate et peuvent être utilisés
soit pour la préparaton du site ou bien dans une application
blindée afin de contrôler les mauvaises herbes qui
croissent rapidement dans une culture de peupliers et de saules
à croissance rapide.
Tableau 1 - Herbicides présentement
homologués pour le peuplier et le saule
Mise à jour : 13 août 07
| #EPA |
Compagnie |
Ingrédient actif |
Nom du produit |
Peuplier |
Saule |
Type de l'herbicide |
| 23545 |
Dow AgroSciences Inc. |
Clopyralid |
Lontrel 360 |
CIRC (culture) |
brise-vent seulement |
post-levée |
| 12533 |
Chematura Canada Co. |
Dichlobenil |
Casoron G-4 |
plantation |
plantation |
prélevée |
| 21209 |
Syngenta Culture Protection Canada Inc. |
Fluazifop-P-Butyl |
Venture L |
plantation |
ornamental seulement |
post-levée |
| 19899 |
Monsanto Canada Inc. |
Glyphosate |
Vision Silvicultural |
plantation |
plantation |
post-levée |
| 26401 |
Cheminova Canada |
Glyphosate |
Forza Silvicultural |
plantation |
plantation |
post-levée |
| 26826 |
Cheminova Canada |
Glyphosate |
Cheminova Glyphosate |
plantation |
plantation |
post-levée |
| 26884 |
Dow AgroSciences Canada Inc. |
Glyphosate |
Vantage Forestry |
plantation |
plantation |
post-levée |
| 27736 |
Monsanto Canada Inc. |
Glyphosate |
Vision Max Silvicultural |
plantation |
plantation |
post-levée |
| 25230 |
United Phosphorus Inc. |
Napropamide |
Devrinol 10-G Selective Granular |
Populus en pépinières |
|
prélevée |
| 25231 |
United Phosphorus Inc. |
Napropamide |
Devrinol 50 DF Selective Flowable |
Populus en pépinières |
|
prélevée |
| 25297 |
United Phosphorus Inc. |
Napropamide |
Devrinol 2-G Selective Granular |
Populus en pépinières |
|
prélevée |
| 25728 |
United Phosphorus Inc. |
S-Metolachlor |
Dual Magnum Agricultural |
marcottières |
|
pré- ou post-levée |
| 25729 |
Syngenta Culture Protection Canada Inc. |
S-Metolachlor |
Dual II Magnum Agricultural |
marcottières |
|
pré- ou post-levée |
On encourage fortement tous les usagers
à suivre les directives indiquées sur les étiquettes
du produit.
L’auteur, le Groupe de travail sur les herbicides, et le Conseil
du peuplier du Canada n’assument aucune responsabilité
pour les pertes de cultures, ni les dangers pour la sécurité
et l’environnement causés par l’usage des pratiques
ou des produits énumérés.
- Huit herbicides sont homologués pour
les peupliers (plantations) ou ‘peuplier CIRC’ (cultures).
CIRC signifie « culture intensive à rotation courte
» et fait allusion à du peuplier (ou du saule)
produit comme culture agricole sur des terres agricoles.
- Cinq herbicides (un total de deux ingrédients
actifs) sont homologués pour des pépinières
de peupliers (trois) ou marcottières (deux). Les herbicides
pour les marcottières sont à usage restreint seulement
à partir de la 2e année et pourraient ne pas être
aussi utiles.
- Il y a six herbicides homologués
pour le saule, dont cinq sont des herbicides au glyphosate.
Le seul herbicide de préémergence
présentement homologué pour le peuplier et le saule
(plantations) est le Casoron G-4. La restriction est qu’il
doit être appliqué quand les arbres sont établis
depuis un an (c-à-d., une saison de croissance) et il doit
être appliqué sur le sol nu pour être efficace.
Pour cette raison, il peut ne pas être aussi utile pour
le producteur du peuplier ou du saule ; c’est un herbicide
dispendieux.
Les herbicides approuvés pour le peuplier
en attente d’une étiquette finale
En juillet 2007, l’Agence de réglementation
de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada a approuvé
cinq nouveaux herbicides pour les cultures de peuplier CIRC. Les
étiquettes révisées doivent être déposées
et inscrites auprès de l’ARLA avant que ces produits
peuvent être légalement utilisés par les producteurs
de peupliers CIRC.
Tableau 2 - Herbicides approuvés
pour le peuplier en attente de l’étiquelle finale
Mise à jour : 13 août
07
| #EPA |
Compagnie |
Ingrédient actif |
Nom du produit |
Peuplier |
Saule |
Type de herbicide |
| 25684 |
Nufarm Agriculture Inc. |
Amitrole |
Nufarm Amitrol 240 Liquid |
CIRC (culture) |
|
post-levée |
| 27487 |
Monsanto Canada Inc. |
Glyphosate |
Roundup Weathermax avec Transorb 2 Technology Liquid |
CIRC (culture) |
|
post-levée |
| 27615 |
Dow AgroSciences Canada Inc. |
Glyphosate |
Vantage Plus Max |
CIRC (culture) |
|
post-levée |
| 16279 |
E.I. Du Pont Canada Co. |
Linuron |
Lorox L Liquid |
CIRC (culture) - ouest canadien seulement |
|
pré- ou post-levée |
| 24835 |
BASF Canada Inc. |
Sethoxydim |
Poast Ultra Liquid Emulsifiable |
CIRC (culture) |
|
post-levée |
On encourage fortement tous les usagers
à suivre les directives indiquées sur les étiquettes
du produit.
L’auteur, le Groupe de travail sur les herbicides, et le Conseil
du peuplier du Canada n’assument aucune responsabilité
pour les pertes de cultures, ni les dangers pour la sécurité
et l’environnement causés par l’usage des pratiques
ou des produits énumérés.
À compter du 13 août 2007, les étiquettes
révisées n’étaient pas encore déposées
auprès de l’ARLA ; on s’attend à ce
cela soit complété d’ici peu. Pour vérifier,
il serait mieux pour l’utilisateur éventuel de consulter
le site de recherche des produits de l’ARLA (www.pmra-arla.gc.ca/english/main/search-e.html)
: cliquez sur ‘Option 2’, et allez ensuite à
– sélection du champ (select field) – et choisissez
le ‘numéro d’enregistrement’ et inscrire
le numéro EPA qui se trouve dans le Tableau 2 (ou 1 ou
3) pour le produit pour démarrer la recherche. Cela vous
donner accès à l’étiquette électronique.
Veuillez noter qu’un produit, Lorox
L, a un usage restreint seulement pour l’ouest du Canada.
La raison pour cela, c’est qu’il est déjà
homologué pour le peuplier dans une plantation brise-vent
dans l’ouest du Canada seulement. Lorox L fut approuvé
pour le peuplier CIRC sur la base que son utilisation soit restrainte
seulement pour l’ouest du Canada.
Les herbicides dont l’homologuation
fut demandée sous l’égide du PEPUDU pour le
peuplier et/ou le saule
Deux nouveaux herbicides furent demandés
sous l’égide du processus PEPUDU (Programme d’extension
du profil d’emploi pour les usages limités demandés
par les utilisateurs) de l’ARLA.
Table 3 - Herbicides faisant l’objet d’une
demande PEPUDU pour le peuplier et/ou le saule
Mise à jour : 13 août 07
| #EPA |
Compagnie |
Ingrédient actif |
Nom du produit |
Peuplier |
Saule |
Type de herbicide |
| 24913 |
Dow AgroSciences Canada Inc. |
Oxyfluorfen |
Goal 2XL Emulsifiable |
CIRC (culture) |
|
prélevée |
| - |
Valent USA Corporation |
Flumioxazin |
Flumioxazin 51% WDG |
CIRC (culture) |
|
pré- ou post-lévée |
On encourage fortement tous les usagers
à suivre les directives indiquées sur les étiquettes
du produit.
L’auteur, le Groupe de travail sur les herbicides, et le Conseil
du peuplier du Canada n’assument aucune responsabilité
pour les pertes de cultures, ni les dangers pour la sécurité
et l’environnement causés par l’usage des pratiques
ou des produits énumérés.
L’herbicide Goal 2XL est
un herbicide de préémergence à être
appliqué au temps de la plantation. Il est appliqué
juste avant de planter des boutures dormantes non enracinées
ou racinées, ou immédiatement après la plantation
pendant que la culture est encore dormante. Il exige de la pluie
ou bien que l’irrigation soit déclenchée.
C’est un herbicide de contact qui empêche la germination
des graines des mauvaises herbes. Pour que l’herbicide soit
le plus efficace, il faut l’appliquer sur le sol nu, libre
de résidus, de mauvaises herbes et de grosses mottes de
terre.
Les résultats des essais pratiques complétés
en 2006 furent soumis à l’ARLA au mois de mars. Une
décision d’approbation de l’ARLA n’est
pas attendue avant la fin de 2007. On espère que l’herbicide
soit disponible avant la période de croissance en 2008.
Cet herbicide serait également efficace
dans la gestion d’une culture de saule CIRC. Il n’y
a eu aucune requête de la part des producteurs de saules
pour obtenir un prolongement de l’étiquette pour
le saule. S’il y a de l’intérêt parmi
les producteurs de saule à la lumière du potentiel
des cultures de saule CIRC pour la production de biomasse (énergie),
le Groupe de travail sur les herbicides recommande d’attendre
avec un processus PEPUDU jusqu’à ce que le produit
soit homologué pour le peuplier CIRC.
Le deuxième herbicide, Flumioxazin,
est également un herbicide de préémergence
et on s’attend à ce qu’il agisse d’une
manière similaire au Goal 2XL dans des conditions similaires.
Il a également des capacités d’herbicides
de post-levée. Les deux usages furent demandés sous
l’égide du PEPUDU et le GTH a demandé que
le saule CIRC soit également ajouté à l’étiquette
proposée. La demande sera soumise à l’automne
2007, en attente de l’homologuation de l’ingrédient
actif au Canada. Des essais pratiques sont prévus possiblement
pour le printemps de 2008 en Alberta, en Saskatchewan (probablement
2 essais) et dans le sud de l’Ontario. Ces essais seront
financés par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC)
et ils seront gérés par l’entremise de son
Centre pour la lutte antiparasitaire (CLA) à Ottawa. Seulement
la section du peuplier est financée par l’entremise
d’AAC. Le saule fut ajouté à l’étiquette
proposée seulement après certaines requêtes
de la part d’un chercheur sur le saule.
Qu’en est-il du saule ?
Jusqu’à date, le GTH s’est concentré
sur l’essence Populus (y compris les peupliers, les trembles
et les différents hybrides, collectivement appelés
‘peupliers’) puisque les membres du GTH sont surtout
des organisations impliquées avec le peuplier. Il n’y
a pas eu de requêtes de la part de la communauté
du saule demandant au GTH d’inclure le saule dans sa quête
pour de nouveaux herbicides.
Afin de justifier l’ajout du saule
au mandat du GTH, il est important que de nouveaux membres soient
ajoutés au GTC avec le financement nécessaire afin
d’en élargir le mandat. Les essais pratiques et le
processus PEPUDU représentent un certain coût. Deux
des récents PEPUDU pour le Lontrel 360 et le Goal 2XL furent
seulement possibles suite aux résultats des essais pratiques
organisés et payés par des membres individuels du
GTH. Un effort similaire est requis pour le saule. S’il
y a de l’intérêt à ce qu’il y
ait un élargissement du mandat du GTH de sorte à
inclure le saule, veuillez contacter Cees van Oosten – président
du GTH silviconsult@telus.net.

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Last edit:
2008-05-20
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