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Le Bulletin - été 2007

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Le Bulletin - été 2007

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Les saules et les champs Solvay à Syracuse

Cees van Oosten
SilviConsult Woody Crops Technology Inc., Nanaimo (C.-B.)

Cette visite sur les lieux durant la rencontre de la CIP à Montréal en juin 2007 nous a amené dans la région de Syracuse, dans l’état de New York, où nous avons observé les champs de déchets Solvay et le rôle que le saule peut jouer afin de régler un sérieux problème de pollution.

Que sont les champs de déchets Solvay ?

La description suivante du procédé Solvay fut empruntée de Wikipedia : « Le procédé Solvay, également appelé le procédé du soude à l’ammoniaque, a été le principal procédé industriel utilisé dans la production du soude de commerce (carbonate de sodium) pendant près de 125 ans ». « Le procédé du soude à l’ammoniaque fut essentiellement mis au point sous sa forme actuelle par Ernest Solvay durant les années 1860. Les ingrédients pour ce procédé sont facilement disponibles et sont peu dispendieux : saumure (de l’intérieur des terres ou de la mer) et de la pierre calcaire (des mines). »

La région aux alentours de Syracuse est riche en saumure et en calcaire, et a servi de base pour une opération industrielle de fabrication du carbonate de sodium de 1884 jusqu’en 1986, en utilisant le procédé Solvay. Il est utilisé dans la fabrication de plusieurs produits, tel que le verre, le papier, la fibre de verre, le savon et les médicaments (entre autres). Chaque tonne de carbonate de sodium produit environ 10 000 litres de déchets liquides, contenant 0,9 tonne de CaCl2 et 0,45 tonne de NaCl. Ces déchets étaient habituellement déversés dans des bassins de décantation d’une superficie d’environ 600 hectares ; ces bassins ont une profondeur de 16 à 21 mètres. L’évaporation de l’eau a ensuite produit une substance ressemblant à un genre de « pouding solide » chimique avec un pH de 8 à 9,5 dans la partie supérieure et avec un pH de plus de 11 à une plus grande profondeur. Quand ils sont séchés, les bassins de décantation ressemblent aux plaines salées du Utah, mais à échelle plus petite et certainement pas aussi solides. Les déchets Solvay ne contiennent pas de matière organique et n’ont pas de structure, ce qui ne favorise pas la croissance des plantes.

Champ de déchets Solvay, près de de Syracuse (NY). Les produits résiduaires contiennent du CaCl2 et du NaCl et ils causent une sérieuse pollution de l’eau souterraine. Photo par Cees van Oosten.

Des 600 hectares originaux des étangs de décantation, 222 hectares sont encore non développés et sont considérés des dépôts de déchets dangereux qui continuent à polluer l’eau souterraine qui s’écoule dans les ruisseaux avoisinants et dans le lac Onondaga, qui est l’un des lacs les plus pollués des États-Unis. Afin d’atténuer le risque que le lixiviat se rende dans l’eau souterraine, des drains et des fossés furent installés afin d’intercepter les ruissellements.

Un moyen inédit de combattre la pollution des ruisseaux et du lac, c’est de créer une surface d’évapotranspiration qui non seulement intercepte les précipitations pour évaporation, mais qui a aussi la capacité d’extraire l’eau du sol, ce qui l’empêche d’entrer dans l’eau souterraine. Les saules offrent un tel potentiel comme surface d’évapotranspiration, ce qui est moins dispendieux et une alternative plus écologique qu’un couvert de géomembrane.

Sources : http://en.wikipedia.org/wiki/Solvay_process et documents distribués durant les visites des lieux.

Le saule – une surface d’évapotranspiration efficace

Le saule et le peuplier (y compris le tremble) sont les premières espèces ligneuses à s’établir naturellement. La meilleure essence pour créer un couvert rapide, c’est le saule. Il a des taux de croissance rapides, des taux de transpiration élevés et il est tolérant des conditions sévères causées par les niveaux élevés de chlorure et de pH. Bien que la croissance soit relativement pauvre dans les sols des champs de déchets Solvay, le saule survit et peut proliférer !

La clé du succès avec le saule, c’est la sélection des clones ayant la plus grande efficacité d’utilisation de l’eau ; c-à-d., les saules sont des gaspilleurs d’eau et ils ont un taux élevé de transpiration. Les saules ont également besoin d’une grande voûte forestière pour augmenter l’interception de la précipitation afin de contribuer aux pertes par évaporation. À titre d’exemple, une récolte de saule R-4 (à sa 4e saison de croissance) peut avoir un indice foliaire (LAI) de 5.

Étant donné l’hostilité des sols des champs de déchets Solvay, les biosolides sont incorporés de façon à améliorer le succès des arbustes de saules plantés et de toutes autres mauvaises herbes qui peuvent aussi contribuer à l’évapotranspiration. Les biosolides fournissent au sol une structure, des nutriments et améliorent la disponibilité de l’eau pour la végétation.

Le premier site d’essai que nous avons visité était un champ de déchet amendé avec des biosolides en 2004 et plantés par la suite avec quatre clones de saule. Cet essai R-4 est celui où le chercheur mesure le débit de la sève des tiges de saules individuelles variant de 10 à 25 cm de diamètre.

Les détecteurs sur les tiges de saules mesurent le débit de la sève qui peut être corrélé à l’usage de l’eau, ce qui permet une estimation de l’extraction de l’eau du sol. Photo par Jaconette Mirck – SUNY.

Les débits de sève peuvent être corrélés avec l’usage de l’eau. À titre d’exemple, durant l’été 2006, les débits de sève maximum pour les tiges simples étaient de 4,1 litres par jour en juin pour un clone du saule et de 2,0 litres par jour pour un autre clone en juillet. En utilisant la distribution de diamètre des tiges, le débit total de la sève par unité de surface peut être calculé et donc le total de l’eau utilisée par hectare.

La recherche a également constaté que la transpiration tard dans la saison est importante et peut avoir un impact important jusqu’en fin de saison, ce qui est jusqu’en octobre.

Sources – documents distribués durant les visites des lieux.

Dimension de la coupe – impact sur la biomasse

Le même essai contenait une culture de saule qui fut récoltée en 2006 comme récolte de 3 ans.

L’essai a déterminé l’impact sur la production de la biomasse de différentes longueurs de boutures (25 et 50 cm) pour 10 clones de saule. Après deux saisons de croissance, quatre des clones plantés avec des boutures de 50 cm ont produit de la biomasse excédant 20 tonnes anhydre (t.a.) par hectare ; trois des clones plantés avec des boutures de 25 cm ont produit plus de 15 t.a. par hectare. L’opportunité existe d’utiliser des récoltes périodiques comme source de matière première pour différentes utilisations finales industrielles, telles que la production d’énergie ou de chaleur, ou la production d’éthanol.

Les détecteurs sur les tiges de saules mesurent le débit de la sève qui peut être corrélé à l’usage de l’eau, ce qui permet une estimation de l’extraction de l’eau du sol. Photo par Jaconette Mirck – SUNY.

Amendement du sol

Produire du saule sur les sols non amendés des champs de déchets Solvay ne donne pas de gros volumes de matière première et ne rempli pas son rôle en tant que surface d’évapotranspiration efficace. Les arbres survivent, mais ils ne poussent pas très bien. Pour assurer une bonne productivité, les sols doivent être amendés avec de la matière organique.

Un des essais démontra l’impact de sept différents traitements d’amendements organiques et un contrôle appliqué à deux différents clones. Les sept traitements d’amendement comprenaient différentes combinaisons de trois sources de biosolides (les biosolides d’Anheuser Busch, des résidus de jardin et des biosolides d’une usine de traitement des eaux usées municipales). Les amendements furent appliqués durant l’été et l’automne en 2005 et le site fut planté avec deux clones de saule en mai 2006, en utilisant des boutures de 50 cm. Chaque combinaison clone/amendement fut répétée quatre fois. Afin de contrôler les mauvaises herbes suite à la plantation, une combinaison d’herbicides de préémergence fut utilisée. La survie après une saison fut généralement très élevée, sauf pour les amendements contenant des biosolides provenant de l’usine de traitements des eaux usées municipales. La production de la biomasse à la surface variait beaucoup entre les traitements et fut nettement mieux que le traitement de contrôle. La seule exception fut le traitement avec un amendement contenant des biosolides provenant de l’usine de traitement des eaux usées municipales. Les raisons possibles pour cette anomalie pourraient être un mauvais mélange avec le sol ou bien une décomposition insuffisante avant la plantation.

Pour d’autres sources d’information, veuillez consulter les sites Web suivants:
www.nyfederation.org/PDF2005/16Daley.pdf
http://clu-in.org/phytoconf/proceedings/2005/6B_Daley.pdf

Visite terrain Ontario-Québec

Sabrina Morissette, ing.f.
Professionnelle au RLQ

Le 11 juillet dernier, de part et d’autre de la frontière provinciale Québec-Ontario, a eu lieu une visite terrain de cinq plantations de peuplier hybride et d’une plantation de mélèze hybride et laricin. L’activité était organisée conjointement par le Réseau Ligniculture Québec (http://www.unites.uqam.ca/rlq/), la Chaire Industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable (http://web2.uqat.ca/cafd/) et le Partenariat pour la recherche forestière (http://www.forestresearch.ca/). Une vingtaine de participants étaient présents, dont des représentants du Service canadien des forêts, des industriels et des universitaires. Cette activité visait à démontrer le potentiel de croissance du peuplier hybride au cœur de la ceinture argileuse présente en Abitibi-Témiscamingue et dans le nord-est ontarien, tout en favorisant les échanges entre les intéressés de ces types de cultures des deux côté de la frontière provinciale.

La journée a débuté en sol ontarien avec la visite d’un site expérimental établi en 2002 à Englehart, sur une terre agricole appartenant à Grant Forest Products. Cette compagnie privée nord-ontarienne se spécialise dans la production de panneaux de particules orientées (OSB) depuis 1981. Les propriétaires envisagent de recourir à la populiculture afin de diminuer les coûts d’approvisionnement, cependant, ils désirent d’abord évaluer la rentabilité de cette culture par rapport aux rendements escomptés. Une de leurs employés, Tammy Mazetti, pour qui la populiculture constitue un passe-temps, a eu le feu vert de la compagnie afin d’établir une plantation expérimentale de peuplier hybride. Pour ce faire, elle a utilisé 10 clones recommandés en Ontario à l’intérieur d’un essai d’espacement et d’un essai de contrôle de la végétation (tonte) répétés 5 fois.

Englehart (ON) – Plantation expérimentale de peuplier hybride établie en 2002 appartenant à Grant Forest Products.
Crédit: Raëd Elferjani (Doctorant UQAT)

Les participants ont ensuite migré quelques 40 km vers le sud afin de visiter un tout nouveau site implanté à New Liskeard en mai 2007. Le dispositif expérimental de 3 ha se trouve sur les terres de la station de recherche agricole de l’Université Guelph et a été mis en place par l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et le New Liskeard Agricultural Research Station. Cela représente la concrétisation d’un premier partenariat entre l’UQAT, l’Université Guelph et le Northern College. Le responsable de la station de recherche, John Rowsell, a présenté brièvement l’historique du dispositif pour ensuite inciter les participants à y circuler. Le dispositif est constitué de trois blocs expérimentaux dans lesquels 18 clones ont été plantés. En effet, 10 clones étant disponibles uniquement sous forme de boutures et en quantité moindre, ces derniers ont été plantés en rangées simples de 10 plants. Quant aux 8 clones à racines nues, ils ont plutôt été répartis en parcelles monoclonales de 100 plants. Dans l’ensemble, la mise en terre semblait avoir réussi, mais la plantation, âgée d’à peine 2 mois, montrait des signes évidents de descente de cime et quelques boutures n’avaient pas encore émergé du sol. Annie DesRochers, chercheur responsable du projet, a alors tenu à rassurer les participants en mentionnant que les plants avec de la descente de cime allaient recupérer assez rapidement, suite à une taille de formation à l’année 2. En ce qui a trait aux boutures, M. Rowsell en attribue le retard de croissance à une faible qualité du produit en provenance de la pépinière. Il reste maintenant à prendre connaissance des données de croissance et de mortalité qui seront prises cet automne.

New Liskeard (ON) - Participants à la Station de recherche agricole de New Liskeard
Crédit: photo de Nancy Young (Partenariat pour la recherche forestière)

Les participants se sont alors dirigés sur la rive opposée du lac Témiscamingue pour se retrouver en territoire québécois et visiter un dispositif expérimental implanté en 2005 à Duhamel-Ouest. Annie DesRochers, chercheur responsable du dispositif, présente aux participants vivement intéressés les résultats d’une préparation de terrain adéquate, d’un entretien mécanique fréquent et d’une fertilisation par pied d’arbre dès l’établissement de la plantation. Elle explique également que le dispositif de Duhamel-Ouest fait partie d’un ensemble de trois sites regroupés sous l’objectif de mesurer l’effet de différentes méthodes culturales et d’évaluer les besoins nutritionnels des peupliers hybrides, et ce selon un gradient latitudinal allant jusqu’à qu’à la région du Nord-du-Québec. Le site visité est celui le plus au sud, les deux autres étant localisés dans la Forêt d’enseignement et de recherche du Lac Duparquet ainsi que dans la municipalité de Val-Paradis. Les différentes méthodes culturales sont représentées par trois espacements (1m x 4m; 2m x 4m et 3m x 4m), alors que les besoins nutritionnels sont mesurés en fonction de quatre indices de fertilisants. Un autre objectif poursuivi par l’étude consiste à tester la relation entre la productivité et la diversité à l’aide de blocs poly et monoclonaux. Pour ce faire, quatre clones recommandés pour la région ont été utilisés et plantés en blocs monoclonaux (un seul clone par parcelle) et poly-clonaux (les quatre clones répartis aléatoirement parmi le bloc).

Duhamel-Ouest (QC) – Plantation expérimentale de peuplier hybride établie en 2005 par l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT)
Crédit: photo de Nancy Young (Partenariat pour la recherche forestière)

Angliers (QC) – Plantation de peuplier hybride établie en 2002 (UQAT)
Crédit: Raëd Elferjani (Doctorant UQAT)

Après un bref arrêt pour le repas du midi, la visite s’est poursuivie sur un autre site implanté en 2007 localisé à Saint-Eugène-de-Guigues. Cette fois, les mélèzes hybrides et laricin sont l’objet de ce dispositif. Après avoir cherché à distinguer les 750 plants nouvellement mis en terre parmi la végétation compétitrice très envahissante, Annie DesRochers a saisi l’occasion et expliqué qu’il s’agissait d’un « bon » exemple démontrant l’importance d’un entretien mécanique fréquent, particulièrement en milieu agricole. En effet, il était évident que le site nécessitait un premier entretien mécanique, lequel avait été retardé pour plusieurs raisons. Malgré qu’il y ait eu peu à voir, Mme DesRochers a présenté l’objectif de l’étude qui consiste à évaluer la productivité et l’adaptation du mélèze hybride dans la région du Témiscamingue, tout en comparant sa croissance à celle du mélèze laricin indigène.

Le groupe s’est ensuite déplacé vers Angliers où il a pu visiter un dispositif expérimental de peuplier hybride, d’épinette blanche et d’épinette de Norvège implanté en 2002 sur une terre privée. Francine Tremblay, chercheur responsable du projet, a présenté le dispositif ainsi que le projet d’ensemble dans lequel il s’inscrit. En effet, le site d’Angliers fait partie d’un projet de 35 ha englobant quatre sites visant à évaluer la productivité de différents clones de peuplier hybride, ainsi que de plusieurs familles améliorées d’épinette blanche et d’épinette de Norvège, et ce sur des sites à fort potentiel. Ce printemps, les épinettes de Norvège ont subi des dégâts importants en raison d’un gel tardif. L’inventaire prévu cet automne permettra d’établir le taux de survie et d’évaluer la croissance des arbres du dispositif. En ce qui a trait aux peupliers hybrides, selon les résultats du dernier inventaire réalisé en 2005, le clone le plus performant est un hybride B x M (Populus balsamifera X P. maximowiczii), soit le 915004.

Bien que la journée ait été passablement avancée, la curiosité des participants était, elle, bien éveillée et le groupe s’est finalement rendu au site optionnel inscrit à l’horaire. En effet, le site de Nédelec, établit en 2003, a la particularité de regrouper deux dispositifs expérimentaux distincts et surtout de se trouver en milieu forestier. Jusqu’à présent, tous les sites visités avaient été implantés en milieu agricole. Annie DesRochers tenait donc à présenter aux participants une alternative supplémentaire pour l’implantation de la populiculture, la forêt. Le site de 3,5 ha accueille un dispositif lié à la compétition intra et interspécifique, ainsi qu’un dispositif basé sur la fertilisation et l’entretien. Tout en se promenant sous la pluie à l’intérieur des dispositifs, les participants ont pu entendre Annie DesRochers expliquer les objectifs liés aux deux expériences.

Par la suite, les participants, quelque peu mouillés mais dont la tête était remplie d’images de peupliers hybrides en pleine croissance, ont pris le chemin du retour, les uns en direction de l’Ontario et les autres vers l’Abitibi-Témiscamingue. Au final, cette visite terrain s’est avéré une excellente occasion d’échanger entre voisins, ce qui permet d’entrevoir davantage de partenariats interprovinciaux à court ou moyen termes.

Applications environmentales du peuplier et du saule

Jim Richardson, Annie Desrochers, Barb Thomas, Cees van Oosten
Conseil du peuplier du Canada

Introduction

Les applications environnementales du peuplier et du saule impliquent la mise à profit de certaines qualités particulières de ces essences afin d’atteindre des objectifs environnementaux spécifiques pendant la croissance de la culture. Les qualités des peupliers et des saules qui sont d’intérêt particulier incluent leur croissance rapide, l’excellente biomobilisation des nutriments, le captage et la tolérance des métaux lourds, la capacité de croître dans un sol pauvre, le déploiement rapide et la densité des structures racinaires, ainsi que la capacité de capter de grandes quantités d’eau ou, inversement, de tolérer les sécheresses. Les peupliers et les saules font facilement preuve de ces qualités en comparaison avec la plupart des autres essences (espèces d’arbres). Quelques exemples d’applications environnementales du peuplier et du saule : zones tampons ou plantations riveraines, phytoremédiation, génie géologique, bandes brise-vent, foresterie urbaine et périurbaine, bioénergie et autres.

En juin 2007, le Groupe de travail sur les applications environnementales du peuplier et du saule de la Commission internationale du peuplier (CIP) organisait une rencontre technique à Montréal, avec des visites sur le terrain dans la région montréalaise, ainsi qu’à Syracuse, New York. Le présent numéro du Bulletin du Conseil du peuplier du Canada veut surtout faire rapport sur le contenu technique de la rencontre et des excursions sur le terrain. La rédaction du présent numéro fut possible grâce aux contributions des membres de l’Exécutif du CPC qui ont participé à cet événement : Annie Desrochers, Jim Richardson, Barb Thomas et Cees van Oosten.

Contexte

La Commission internationale du peuplier (CIP) est l’un des organismes techniques sur la foresterie créés par la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Son but est de promouvoir la culture, la conservation et l’utilisation des membres de la famille des salicacées, qui comprend les peupliers et les saules. Créée en 1947 entre neuf pays (y compris le Canada), la CIP comprend maintenant 37 pays membres, y compris des pays développés et en développement, ainsi que des pays avec économies en transition. La CIP a joué un rôle important dans le développement des secteurs forestiers nationaux, surtout par la préparation d’outils techniques, par l’échange des idées et de matériel d’amélioration. Il s’agit du seul forum international qui rassemble les gestionnaires, les utilisateurs et les chercheurs sur les peupliers et les saules afin d’y discuter les sujets d’intérêt communs d’une manière interdisciplinaire.

La CIP réalise son mandat en appuyant les activités de recherche et de gestion par l’entremise de six Groupes de travail portant sur : la récolte et l’utilisation ; les maladies ; les insectes nuisibles ; la génétique, la conservation et l’amélioration ; les systèmes de production ; et, les applications environnementales. Ces groupes de travail explorent les enjeux d’intérêt aux pays membres.

Le Groupe de travail sur les applications environnementales est celui le plus récemment mis sur pied, ayant été le premier proposé lors de la 21e Session de la CIP à Portland, en Oregon, en septembre 2000, et ratifié formellement lors de la 22e Session au Chili en novembre 2004. Sa mise sur pied est due au niveau d’intérêt qui s’élève rapidement vis à vis les systèmes non traditionnels de production des cultures qui incluent des objectifs autres que seulement la production de bois ou de fibre ligneuse. Ceci comprend la protection de la qualité de l’eau en utilisant des zones tampons riveraines, la phytoremédiation de terres industrielles contaminées et le traitement des eaux usées riches en nutriments.

Le Groupe de travail s’est rencontré presque à chaque année depuis qu’il fut proposé ; des événements furent organisés en Royaume-Uni (RU), en Suède, au Chili, en Estonie, en Irelande du Nord et pour la première fois, en 2007, en Amérique du Nord, à Montréal. La rencontre de Montréal fut très bien organisée par Michel Labrecque, scientifique de l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV). L’IRBV, là où les sessions techniques eurent lieu, est situé au Jardin botanique de Montréal, et où Michel est botaniste et Directeur de la recherche et du développement scientifique. Michel fut soutenu dans son travail d’organisation par Ion Teodorescu et une équipe d’étudiants en troisième cycle de l’Université de Montréal, auquelle l’IRBV est affilié.

La session technique d’une journée comprenait 14 présentations orales et une présentation par affiches comprenant neuf affiches. Les excursions sur le terrain dans la région de Montréal ont inclu un site d’expérimentation et de démonstration relié à la plantation du saule dans un terrain contaminé au centreville de Montréal ; des “murs vivants” utilisés comme dispositif antibruit en banlieue à Laval et à Boisbriand ; et, une plantation et une pépinière de saules de 7 ha dans la municipalité de Boisbriand. Le groupe s’est rendu par autobus à Syracuse, NY, où des excursions sur le terrain furent organisées par le « State University of New York College of Environmental Science and Forestry ». Ces visites comprenaient le « Solvay Wastebeds Project » où l’on étudie l’usage des saules comme couverture végétale alternative, ainsi que la « Tully Genetics Field Station » qui est le site du programme le plus intensif en matière de sélection et de génétique du saule en Amérique du Nord. En revenant de l’excursion à Syracuse, le groupe fit un arrêt pour visiter des plantations de saules et des essais de clones près de Huntingdon, au Québec. Un total de 41 participants de huit différents pays (de l’Europe, de l’Amérique du Nord et de l’Australie) étaient de la partie.

Présentations scientifiques et techniques

Étant donné l’intérêt accru en ce moment concernant la bioénergie, la culture à rotation courte des peupliers et d’autant plus pour les saules peut profiter de l’une des applications environnementales principales de ces espèces. Deux présentations décrivaient les programmes de sélection de saules pour fins énergétiques. Ian Shield a décrit un programme de sélection des saules pour le Royaume-Uni qui a lieu chez « Rothamsted Research » près de Londres ; c’est un programme qui fait partie du BEGIN (Biomass for Energy Genetic Improvement Network) au Royaume-Uni.

Le programme de sélection met l’accent sur l’amélioration du rendement, mais il étudie également la résistance aux insectes et aux maladies, ainsi que la qualité du bois. Moins de 0,1 % des semis produits seront des variétés enregistrées ; un processus qui prend jusqu’à 11 ans, à partir de la sélection initiale jusqu’à l’homologation. Kim Cameron présenta le programme de sélection des saules du « State University of New York College of Environmental Science and Forestry » à Syracuse, là où une collection de plus 300 essences (espèces) de Salix est utilisée pour développer des cultivars ayant un meilleur rendement et une meilleure résistance à la rouille. Des rendements de plus de 22 t ha-1 ont été atteints.

Ryan Hangs a décrit un vaste nouveau programme de recherche sur le saule à l’Université de la Saskatchewan qui fut mis sur pied suite à l’engagement du gouvernement de la Saskatchewan de produire un tiers de son électricité à partir de sources non renouvelables d’ici 2030. Le programme aborde : la sélection des clones ; les pratiques culturales ; l’impact environnemental sur le rendement, les maladies et les espèces nuisibles ; les cultures intercalaires ; les émissions de gaz à effet de serre ; le cyclage biogéochimique ; la communauté microbienne dans la rhizosphère ; le piègeage du carbone ; et, la mise sur pied d’une bibliothèque d’empreintes moléculaires. Le gouvernement estonien encourage également la foresterie à rotation courte pour fins bioénergétiques. Katrin Heinsoo, de l’Université de Tallinn, a étudié les obstacles biologiques et non techniques affectant la production à rotation courte des saules en Estonie ; le deuxième de ces obstacles est égal, sinon pire, que le premier. Les principaux obstacles sont l’approvisionnement inadéquat de boutures, le manque de subventions pour établir des plantations, le manque d’expertise et d’équipement de récolte, ainsi que la faible qualité du matériel de reproduction. Les boutures sortent souvent de l’entrepôt visiblement endommagées (bactéries), ce qui peut représenter une contrainte importante aux plantations de saules. Pajand Nejad, de l’Université suédoise des sciences agricoles, fit rapport concernant son travail sur les bactéries pathogènes et glacogènes qui causent du dépérissement dans les plantations forestières pour fins d’énergie en Suède et en Estonie ; les études portaient entre autres sur l’évaluation du problème, la caractérisation et l’identification des organismes étiologiques, ainsi que les solutions possibles.

L’utilisation de la bioénergie pourrait n’être que l’une de plusieurs applications environnementales des mêmes plantations. Le projet BioReGen dans le nord-est de l’Angleterre, décrit par Richard Lord, du
« Clean Environment Management Centre – CLEMANCE » de l’Université de Teesside, va démontrer la faisabilité de réclamer les friches industrielles pour y faire croître des cultures à biomasse énergétique à l’échelle commerciale dans une variété de sites contaminés. Les sites furent contaminés par un mélange de déchets industriels et domestiques. En Suède, les eaux usées municipales riches en azote sont utilisées pour irriger des plantations à grande échelle de taillis de saules à rotation courte pour la production d’énergie ; cet usage est également bénéfique en améliorant la productivité de la biomasse et pour la réduction des émissions d’azote, tel que rapporté par Ioannis Dimitriou, de l’Université suédoise des sciences agricoles.

Alistair McCracken, du « Agri-Food & Biosciences Institute » de l’Irlande du Nord, a décrit les résultats de l’application des eaux usées, provenant du traitement des boues municipales, pour le peuplier et le saule à rotation courte. Le taux d’application était d’environ 200 kg ha-1 d’azote, mais il n’y avait aucune indication que les nutriments ou les métaux étaient lessivés dans l’eau souterraine. Le même auteur a également présenté les résultats de l’application de gâteaux de boues d’eaux d’égout brutes par injection dans le sol pour la croissance de saules à rotation courte. Le taux d’application plus faible (37t ha-1) a produit un meilleur rendement de matière sèche que dans la parcelle témoin, mais en général les taux plus élevés n’ont pas produit des augmentations de rendements plus importantes. Le traitement des boues avec de la poussière de chaux ou de ciment peut s’avérer nécessaire pour tuer des pathogènes et l’on va sueveiller les effets possiblement indésirables à cause du pH élevé de ce traitement sur la croissance des saules. Dans le sud du Québec, des plantations de peuplier et de saule à rotation courte ont été proposées comme moyen de traiter les effluents des usines aquacoles. Les résultats des premiers essais présentés par Werther Guidi, de l’IRBV, suggéraient que les plantations étaient excessivement irrigées avec l’effluent, tel que démontré par la réduction du rendement de la biomasse ; cependant, la fertilisation à base d’urée pourrait, dans certains cas, affecter la croissance et la productivité d’une manière positive.

Certains des bienfaits environnementaux les plus dramatiques d’utiliser les peupliers et les saules ont été démontrés dans la réclamation des sites industriels. La phytoremédiation est l’expression utilisée pour décrire le nettoyage, l’amélioration et la remise en végétation de sites contaminés avec des arbres, des arbustes ou autre végétation. Jud Isebrands, de New London, au Wisconsin, a utilisé des peupliers (peupliers deltoïdes, peupliers hybrides et clones du tremble) dans un ancien site industriel au Wisconsin qui était contaminé au plomb et par un mélange de composés organiques volatils dangereux. Après deux ans, la croissance de plusieurs peupliers était exceptionnelle et les niveaux phréatiques et de produits chimiques dangereux avaient diminués. Dans le site du Royaume-Uni décrit par Richard Lord, les plantations de saules démontraient un bon captage du zinc, un assez bon captage du cadmium et un certain captage du cuivre. Bien que le zinc dans la biomasse pourrait être considéré comme étant un contaminant du carburant dans la production d’énergie, ceci pourrait être géré en mélangeant les carburants. Angelo Massacci, du « Istituto di Biologia Agro-Ambientale e Forestale del CNR » en Italie, fit rapport sur du travail pour identifier les fonctions moléculaires et les descripteurs analytiques impliqués dans le captage et la translocation des métaux lourds et par les peupliers et les saules. Parmi d’autres constatations, les saules ont absorbé plus de cadmium par plante que le peuplier, mais en ont maintenu plus dans leur feuillage que dans les racines. Andrej Pilipovic, de l’Université de Novi Sad, en Serbie, a étudié le potentiel de différents clones du peuplier pour la phytoextraction du cadmium, du nickel ou du plomb. Les concentrations les plus élevées de ces éléments réduisirent la production de biomasse dans les plantes. La concentration de nickel était plus élevée dans le feuillage, de même que le plomb dans les racines et le cadmium dans la tige. Dans un essai au Jardin botanique de Montréal, Rosalie Lefebvre, de l’IRBV, a étudié le potentiel de croissance et l’accumulation de métaux lourds dans les peupliers et les saules. Les saules avaient de plus hautes concentrations analysées de métaux lourds dans leur feuillage, leur tige et leurs racines que chez les peupliers. Une inoculation avec de la mycorhize à arbuscule n’eut aucun effet sur la production de biomasse ou l’absorption de métaux lourds.
Mauritz Ramstedt, de l’Université suédoise des sciences agricoles, a décrit un cas où différents clones du saule eurent un effet négatif sur la dégradation des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans un sol contaminé au créosote et au carburant diesel. Il a suggéré que cela était dû à l’interférence des exudats racinaires des saules qui semblaient être une source préférée de carbone – au lieu du diesel – de la part des micro-organismes responsables de la dégradation.

Jaconette Mirck, du « State University of New York College of Environmental Science and Forestry », fit état de sa recherche sur la coulée de la sève dans trois différentes variétés de saules utilisées pour développer une couverture d’évapotranspiration pour les champs de déchets Solvay à Syracuse, dans la région de New York. Ce travail fit partie des excursions champêtres suite à la session technique à Montréal et il est décrit dans un autre article, ailleurs dans ce bulletin.

Les saules utilisés dans les plantations tampons riveraines peuvent fournir plusieurs bienfaits, pas seulement au niveau environnemental, tel que démontré par Julia Kuzovskina, de l’Université du Connecticut. En plus de leur efficacité à capter le ruissellement des champs agricoles fertilisés, les essences du saules ayant des tiges d’ornements pour récolte en hiver ou au printemps peuvent ainsi fournir un revenu hors saison pour la ferme provenant de la vente de choses commes des structures vivantes et des mini-villages pour les enfants fabriqués de fouets de saules aux couleurs brillantes. Ceci pourrait être une culture intéressante pour les jeunes, encourageant ainsi l’engagement des enfants dans l’apprentissage de pratiques agricoles de base. Frédéric Pitre, de l’Université Laval, présenta les résultats d’une étude sur la génétique moléculaire de l’effet de l’approvisionnement en azote sur le métabolisme des racines du peuplier, et qui démontrait que le plan de l’expression génétique dans les racines du peuplier est influencés par l’approvisionnement en azote.

Dans la zone tempérée de l’Europe, Populus nigra et Populus alba ont été des composantes très importantes des forêts naturelles en plaines d’inondation, mais le P. nigra en particulier est très sérieusement en déclin. Lorenzo Vietto, du « Poplar Research Institute » en Italie, présenta de l’information sur les efforts de conservation des forêts riveraines, y compris l’usage du peuplier et du saule dans la restauration des berges et la conservation génique effectué par l’entremise du programme EUFORGEN.

Les plantations de peupliers peuvent fournir des bienfaits importants en relation avec le captage du carbone. Terenzio Zenone, de l’Université de Tuscia Viterbo, en Italie, et de la Sous-section de la Commission européenne sur les changements climatiques, fit rapport sur une évaluation majeure du piégeage du carbone dans les plantations de peupliers, en taillis traditionnels et en rotation courte, en utilisant des techniques de corrélation de tourbillons afin de déterminer la productivité nette de l’écosystème en relation avec le carbone entroposé par l’écosystème. Les résultats indiquaient un très bon équilibre des gaz à effet de serre pour les deux types de plantations et différentes intensités d’apports culturals.

Dans d’autres présentations, Werther Guidi, du « Scuola Superiore S. Anna » de Pise, en Italie, fit rapports sur les résultats de la réaction à la fertilisation dans une première rotation de taillis de peupliers et de saules à rotation courte dans le cadre d’un essai au lysimètre. Dans les conditions de fertilisation, le saule démontrait un meilleur rendement que le peuplier. Annie Desrochers, de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, fit état du problème du dépérissement des tiges dans les peupliers hybrides à racines nues plantées récemment dans la région de l’Abitibi, au Québec, là où des études ont suggéré que la fertilisation dans les pépinières empêche les arbres de se durcir avant l’entreposage d’hiver. L’entreposage comme tel semblait également représenter un problème, puisque les arbres hivernant à l’extérieur dans des tranchées ne démontraient pas de dépérissement des tiges au moment de la plantation, peu importe le régime de fertilisation. En dernier lieu, Michel Labrecque fit un survol du travail de l’IRBV sur le saule pour applications environnementales dans le sud du Québec ; du travail qui fut effectivement illustré lors des différentes visites sur les lieux qui sont décrites ci-après.

Visites sur les lieux

Les visites sur les lieux associées avec la rencontre à Montréal du Groupe de travail sur les applications environnementales de la CIP mettaient surtout l’accent sur les saules, mais dans deux régions très éloignées – la région de Montréal et la région de Syracuse, dans le nord-ouest de l’État de New York.

1. Visites dans la région de Montréal

Le premier arrêt fut dans un site de restauration d’une friche industrielle (Allée des Tanneries) près de la voie de chemin de fer du Canadien National et du canal de Lachine, près du centreville de Montréal. Les sédiments prélevés lors du dragage et de l’élargissement du canal à la fin du 19e siècle, et déposés sur le site, contenaient un mélange de composés organiques (surtout des HAP) et inorganiques (cuivre, plomb, zinc et arsenic), mais le site n’est pas considéré comme étant fortement pollué. Le premier objectif de la ville de Montréal était d’établir un écran visuel entre une zone résidentielle et le chemin de fer. Ceci fut effectué avec deux rangées de peupliers et de saules en 2005.

La forêt urbaine au centreville de Montréal : phytorestauration d’une friche industrielle (Allée des Tanneries) près du tronçon principal de la voie de chemin du Canadien National. Michel Labrecque parle aux participants. Photo: Cees van Oosten

Phytorestauration d’une friche industrielle au centreville de Montréal : écran visuel avec deux rangées de peupliers et de saules plantés en 2005. Photo: Jim Richardson

Par la suite, un petit essai fut mis en chantier pour comparer le développement et la croissance de saules et de peupliers sur le site, ainsi que leur capacité en matière de phytoremédiation des polluants inorganiques. Des échantillons de sol furent également prélevés. Le travail sur ce site est appuyé par le Fonds d’habilitation municipal vert de la Fédération canadienne des municipalités et il a attiré beaucoup d’intérêt et de participation des résidents de la localité qui ont installé de petites parcelles de jardins sur le site.

Près de ce site, on retrouve la Station d’expérimentation du Centre d’excellence de Montréal en réhabilitation de sites. Cette corporation à but non lucratif fondée conjointement par la ville de Montréal, le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral, fournit des services d’interface pour les grands propriétaires qui font face à des problèmes de contamination plus complexes. Elle a supporté plusieurs projets de démonstration de technologies et la station d’expérimentation a des installations pour la démonstration de solutions innovatrices de remédiation pour les sites contaminés. La phytoremédiation en utilisant les saules et autres essences végétales est une solution préférée par le Centre.

‘Mur vivant’ le long de l’autoroute à Laval, Québec. Des fouets de saules sont utilisés pour entourer un long ‘sac’ rempli de terre comme barrière anti-bruit à seulement une fraction du coût d’un écran de béton. (Photo: Barb Thomas)

Le deuxième arrêt mettait en vedette une application environnementale du saule qui a attiré beaucoup d’intérêt du public dans la région de Montréal. En adaptant une technologie allemande aux matériaux et aux conditions de la localité, l’IRBV a installé une série de ‘murs vivants’ comme ouvrage antibruit entre les autoroutes suburbaines et les zones résidentielles. Ces structures, qui sont d’une hauteur de près de 3 m et de 1 m de large, contiennent de longs fouets de saules plantés très proches les uns des autres et des deux côtés d’une cloison de sol.
Environ 30 fouets par mètres sont plantés en utilisant des tiges de trois ans d’une longueur normale de 3,2 m. L’irrigation au goutte-à-goutte aide à leur établissement, mais elle n’est pas nécessaire pour une croissance continue. Les saules doivent être taillés à chaque année ou deux. Bien que la réduction du bruit est surtout dûe au sol au centre de la cloison, les saules créent un mur bien plus plaisant esthétiquement et les résidents de la localité sont normalement très heureux des résultats. Les autorités responsables de la réduction du bruit en sont également très heureuses au niveau des coûts, soit de 350 $ - 600 $ le mètre, ce qui est 10 fois moins qu’en utilisant les matériaux conventionnels. L’apparition future et la survie des ‘murs vivants’ n’est pas encore un acquis. Les dommages causés par l’épandage du sel sur les chemins pourraient être un problème, mais les ‘murs vivants’ les plus anciens dans la région de Montréal sont déjà en place depuis cinq ans et ils sont encore en bon état.

 

Salix miyabeana (essence de saule de l’Asie) planté par la ville de Boisbriand, au Québec, en 2006, et recépé à l’automne/hiver 2006. Les parties épigées en sont à leur première saison de croissance sur des systèmes racinaires de 2 ans. Un arrêté municipal interdit l’usage d’herbicides ; donc, tout le contrôle des mauvaises herbes se fait de manière mécanique avec beaucoup de sarclage à la main. (Photo: Cees Van Oosten)

Le dernier arrêt dans la région de Montréal se fit dans une plantation de 7 ha de saules établie en partenariat avec la municipalité de Boisbriand. Cette jeune communauté de banlieue à croissance rapide est fière de son engagement envers l’innovation et les activités environnementales. La plantation contient des saules (Salix viminalis et S. miyabeana) dont certains ont jusqu’à quatre ans et plantés dans des champs agricoles entourés de forêts.

Les champs sont labourés une fois par année avant d’y planter les saules et ils sont semés en sarrazin commun après quoi le sol est retravaillé. La deuxième année, le sarrazin est semé de nouveau comme engrais vert, ainsi que des boutures de saules. Le sarrazin entre les rangées de saules est enlevé par tracteur et à la main à l’intérieur des rangs. Un arrêté municipal interdit l’usage d’herbicides chimiques, mais de l’engrais (26-13-13) est utilisé en 2 applications de 300 kg ha-1. La ville de Boisbriand prévoit construire un laboratoire sur le site d’ici un an ou deux, ainsi qu’un complexe frigorifique qui serait creusé dans le sol et qui aurait un toît ‘vert’. Des serres sont également prévues, ainsi que la construction d’un labyrinthe à l’intérieur de la plantation et avec connexions aux pistes cyclables municipales. En partenariat avec l’IRBV, ainsi qu’avec des collèges et des écoles techniques, Boisbriand espère travailler sur les méthodes des ‘murs vivants’ afin de réduire les coûts et diversifier les clones utilisés, ainsi que les types de murs.

2. Visites dans la région de Syracuse

Les visites dans la région de Syracuse comportaient deux volets distincts. Un volet était axé sur les essais et les expériences d’établissement de saules dans les lits de déchets Solvay, décrits par Jaconette Mirck lors des présentations techniques à Montréal. Cette visite est détaillée ailleurs dans ce bulletin.

L’autre visite était à la « Tully Genetics Field Station of SUNY-ESF », là où fit la démonstration d’une étude sur le terrain portant sur l’amélioration génétique des saules arbustifs comme culture vouée à la production d’énergie, à la phytoremédiation et autres applications environnementales. La production de sélection du saule chez SUNY-ESF fut entamée au milieu des années 1990. Depuis ce temps-là, plus de 700 obtentions de saules représentant plus de 20 essences et hybrides ont été assemblées. Grâce à la sélection, les chercheurs ont produit environ 200 familles suite à environ 575 tentatives de pollinisation dirigée. Deux différents essais de sélection génétique répliquée furent visités. L’un, établit en 2001 à partir d’individus sélectionnés lors d’un essai antérieur de sélection de familles, comprenait 16 clones de croisements dirigés, quatre de peuplements naturels et cinq variétés de référence. Selon la récolte de la première rotation suite à trois saisons de croissance, neuf des 16 clones produits par la sélection ont donné plus de biomasse que les clones de référence S. dascyclados ‘SV1’. Un deuxième essai entamé en 2002 comprenait les 15 meilleurs individus provenant des quatres meilleures familles après deux saisons de croissance durant le premier essai, ainsi que 22 autres clones exceptionnels choisis parmi huit autres familles, pour un total de 82 nouveaux clones avec quatre variétés de référence. Après la seconde rotation de récolte de deux ans, le meilleur clone avait produit 21.9 t.a. ha-1 an-1. Des efforts sont présentement en cours pour augmenter la sélection des meilleurs clones pour de futurs essais.

Récolteuse de saules mise au point par SUNY-ESF à la Station expérimentale génétique de Tully, près de Syracuse, NY. (Photo: Jim Richardson)

3. Visite de la région de Huntingdon

Les excursions se sont terminées en beauté avec un arrêt à une banque de clones de peupliers et de saules dans le sud-ouest du Québec. Établie en 1999, la plantation comprend une douzaine de nouveaux clones de peupliers et de saules fournis en général par SUNY-ESF. Le site comprend également une collection de 57 clones du saule provenant de pays à travers le monde et donnés par le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec. La visite sur les lieux fut cependant brève, puisque que le groupe a passé une bonne partie de l’après-midi à manger au Domaine de la Templerie, une Table Champêtre locale bien primée, où l’on a dégusté des viandes et des légumes d’origine locale.

Dîner au ‘Domaine de la Templerie’ à Huntingdon, Québec. De gauche à droite : Drusilla Riddell-Black (GB), Annie Desrochers (Canada), Katrin Heinsoo (Estonie), Robert Langlois (Canada), Ryan Hangs (Canada), Lorenzo Vietto (Italie), Pajand Nejad (Suède), Scott Laidlaw (Australie), Barb Thomas (Canada). (Photo: Cees van Oosten -chaise vide).

Séance de travail

Le Groupe de travail de la CIP sur les applications environnementales du peuplier et du saule a tenu une courte séance de travail durant l’atelier à Montréal. En l’absence du président du Groupe de travail, Kurth Perttu, de la Suède, la rencontre fut dirigée par le vice-président, Jud Isebrands, des États-Unis, et la secrétaire technique, Drusilla Riddell-Black, du Royaume-Uni. On y fit un survol de l’histoire, de la mission et de l’envergure du Groupe de travail. Le site Web (www.fao.org/forestry/site/ipc/en) est considéré une ressource clé et on a demandé au Groupe de travail de contribué des études de cas thématiques et qu’une liste des publications pertinentes soit disponible sur le site. On fit la description de la publication sur le peuplier et le saule qui est coordonnée pour la FAO et la CIP par Jim Richardson et Jud Isebrands. Cela comprend un chapitre sur les applications environnementales des peupliers et des saules dont la portée est similaire à celle du Groupe de travail.

On y discuta les rencontres futures du Groupe de travail. La préférence était pour de petites rencontres peu dispendieuses et offrant de bonnes occasions d’échanges d’idées et d’information. La prochaine rencontre aura lieu à l’automne 2008, de concert avec la 23e Session de la CIP à Beijing, en Chine. Il fut suggéré par la suite que le Groupe de travail puisse organiser deux rencontres avant la 24e Session de la CIP. On demanda des candidatures pour des dirigeants du Groupe de travail qui seraient élus en 2008 à Beijing.

Pour de plus amples renseignements sur l’atelier de Montréal, veuillez communiquer avec Michel Labrecque (mlabrecque@jbmontreal.net). Pour d’autres détails sur le Groupe de travail de la CIP sur les applications environnementales, visitez le site Web au www.fao.org/forestry/site/ipc/en ou communiquez avec le président, Kurth Perttu (kurth.perttu@vpe.slu.se).

Visite aux opérations de Domtar, le 15 juin 2007

Cees van Oosten
SilviConsult Woody Crops Technology Inc., Nanaimo (C.-B.)

Après avoir participé à la 10e Conférence nord-américaine sur l’Agroforesterie, à Québec, en juin 2007, un petit groupe composé de Robin Woodward, Al Jurgens, Joanne Kowalski, Doug Currie, Jeremy Karwandy (tous du « Saskatchewan Forest Centre ») et de Cees van Oosten (SilviConsult Inc. en C.-B.), est allé visiter les opérations forestières de Domtar Inc. à Windsor (Québec). Éric Lapointe, superviseur des activités sylvicoles et Raymond Vanier, surintendant - foresterie, ont organisé une excellente visite des lieux le vendredi, 15 juin 2007.

L’usine Domtar-Windsor produit de la pâte kraft à base de feuillus pour sa production de papier fin, se servant de plusieurs essences de feuillus récoltées sur les terres publiques et privées au Québec, au Nouveau-Brunswick et dans le nord-est des États-Unis, en plus d’y ajouter les copeaux résiduaires des scieries. Parmi ces essences, on retrouve différentes érables et autres essences de feuillus, du bouleau jaune et blanc, du peuplier, ainsi que du tremble. L’usine de papier utilise une petite proportion KRAFT de bois mou (NBSK-northern bleached softwood KRAFT) avec sa longue fibre pour donner plus de force au papier, et elle produit le papier offset ‘Domtar Windsor’ et le papier à photocopie ‘Domtar Copy’. La première usine fut construite en 1859 et elle à été modernisée plusieurs fois jusqu’en 1985, alors qu’une nouvelle usine moderne fut construite sur un plus grand site.

Les forêts appartenant à Domtar comprennent environ 200 000 hectares et elles sont certifiées par le Forest Stewardship Council (FSC). Les opérations sylvicoles comprennent l’établissement et la gestion des cultures de peupliers hybrides à rotation courte sur environ 5 % de la forêt privée qui est jugée convenable pour le peuplier hybride. Ces cultures poussent dans une rotation planifiée sur 12 à 15 ans. La pâte KRAFT à partir du peuplier hybride a une fibre plus longue que les feuillus utilisés traditionnellement et elle plus facile à blanchir. Un défi important pour l’avenir, c’est d’augmenter la densité du bois du peuplier hybride pour la production de pâte par l’entremise de programmes de sélection avancée et de reproduction.

Le Québec a une longue histoire de réussites dans le développement de programmes de peupliers hybrides et il a un programme de sélection depuis plusieurs années qui est mené par le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune - MRNF). Plusieurs nouveaux hybrides ont été créés qui furent éprouvés pour leur résistance à plusieurs maladies, y compris le chancre de la tige des arbres (tache septorienne - Septoria musiva). Le matériel de reproduction du peuplier hybride est produit aux pépinières du gouvernement (photo 1) et il est distribué aux différents propriétaires qui gèrent leur terres privées selon un plan d’aménagement. Les compagnies forestières comme Domtar contribuent à un fonds provincial pour les forêts qui paye pour le stock ; les petits propriétaires peuvent obtenir les arbres gratuitement, en autant que leur terre est aménagée selon un plan de gestion approuvé.

Le matériel d’une pépinière du gouvernement au Québec. Les racines sont taillées pour faciliter la plantation (photo : Cees van Oosten).

Site d’essai situé sur une ferme près de l’usine Windsor. Cet essai montre deux différents clones durant leur 10e saison de croissance (R-10 ou Rising-10). Le Clone NM6 est à gauche et le Clone DN3570 est à droite. Veuillez noter la différence en faveur du Clone NM6 (photo : Cees van Oosten).

Les compagnies forestières comme Domtar contribuent à un fonds provincial pour les forêts qui paye pour le stock ; les petits propriétaires peuvent obtenir les arbres gratuitement, en autant que leur terre est aménagée selon un plan de gestion approuvé.

Certains essais « Rising-10 » (R-10 : dans leur 10e saison de croissance) établis et maintenus par l’entremise du MRNF près de l’usine Domtar sont situés sur des terres agricoles et elles ont une croissance très prometteuse.

Très peu de producteurs de peupliers pensent à établir des plantations de peupliers sur des terres agricoles privées. L’une des principales raisons, c’est que le transfert des terres agricoles à des cultures arbustives est réglementé au Québec et que la pratique est fortement découragée ; les terres agricoles sont protégées pour les cultures par l’entremise de la « Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles, ou zonage agricole ». Il est difficile d’obtenir l’autorisation du Ministère de l’Agriculture pour planter des arbres, d’autant plus qu’il y a une demande accrue pour des terres par les porcheries pour l’évacuation sécuritaire du lisier de porc. Les réglementations du Québec découragent présentement l’épandage des boues d’usine, de différents biosolides, de fumiers et d’effluents de différentes sources sur les terres forestières. Dans d’autres régions de l’Amérique du Nord, cette pratique est de plus en plus encouragée et les cultures de peupliers hybrides plantées sur les terres agricoles se prêteraient très bien à cette pratique à cause du plan systématique qui permet aux épandeurs de fumier, aux réservoirs d’effluents et à l’équipement d’irrigation d’être incorporés dans la gestion des cultures. La croissance des peupliers hybrides est améliorée par l’ajout de ces produits. Domtar est surtout intéressé à utiliser les boues d’usine comme supplément organique dans les sols des cultures de peupliers hybrides et elle effectue des essais pour recueillir des données qui pourraient éventuellement convaincre les organismes de réglementation de permettre une telle pratique. Présentement, la boue d’usine est enterrée dans les sites d’enfouissement.

Puisque l’établissement du peuplier hybride sur les terres agricoles est réglementé et fortement découragé, Domtar a établi des cultures de peupliers hybrides dans une portion de ses forêts privées. Un défrichement complet des forêts pour créer des terres agricoles pour les peupliers est trop coûteux. Au lieu de ça, la compagnie a utilisé des méthodes intensives de préparation de terrain pour établir cette culture à rotation courte. Pour les parcelles plus petites, une excavatrice de taille moyenne est utilisée pour créer environ 1 000 trous à planter par hectare.

Une nouvelle culture de peupliers hybrides durant leur 2e saison de croissance (R-2 ou Rising-2). Le matériel fut planté en 2005 avec des plants enracinés, tel que démontré dans la Photo 1 (photo : Cees van Oosten).

Ceci est une méthode qui a fait ses preuves pour « Scott Paper Limited » depuis plusieurs années en Colombie-Britannique et maintenant Domtar l’utilise également avec succès. Afin de mettre à profit la préparation du site, des plants bien enracinés sont plantés à une profondeur de 30-40 cm. Afin de faire démarrer la culture, 250 grammes d’engrais chimique sont placés dans la zone racinaire avec une pelle à planter. Diverses formulations d’engrais ont été essayées. Ceci est également une pratique utilisée avec grand succès par « Scott Paper Limited » en Colombie-Britannique. Domtar pense à faire l’essai de fouets non racinés d’une dimension similaire afin de réduire les coûts. Le succès des fouets non racinés dépend du clone utilisé, de l’humidité disponible dans le sol et de la température du sol au moment de la plantation. La méthode de préparation utilisée a accompli plusieurs objectifs : facilité la plantation d’un stock plus large ; augmenté le volume de sol pour les racines des arbres ; augmenté la température du sol au printemps ; amélioré le drainage et le contrôle efficace des mauvaises herbes durant les deux premières saisons de croissance.

Préparation du site avec une charrue « Lazure »,
tirée par un Cat D-8. Cette culture de peupliers
hybrides fut plantée en 2007 avec de gros plants
enracinés, tel que démontré dans la Photo 1
(photo : Cees van Oosten).

Dans les parcelles plus larges, une méthode rentable de préparation des sites est utilisée avec une charrue Lazure, tirée par un Cat D-8. Cette combinaison crée des rangées de plantes continues (photo 4) avec les mêmes bienfaits accomplis par la méthode avec l’excavatrice.

Le succès de cette méthode, bien qu’elle soit prometteuse maintenant, devra être surveillée soigneusement durant la rotation.

Notre dernière visite fut dans un site d’essai établi pour évaluer l’effet d’un drainage amélioré sur un site déboisé près de l’usine. L’impact de l’espacement des fossés à différents intervalles sur le drainage et la performance de croissance est surveillé, ainsi que différents niveaux de chaulage et de fertilisation. Les résultats préliminaires indiquent que les arbres placés les plus près des fossés démontraient une croissance améliorée après les deux premières saisons de croissance. L’essai est effectué avec trois différents clones.

Nous remercions Éric et Raymond pour une journée très intéressante et nous souhaitons un grand succès à la compagnie dans ses efforts de gestion des peupliers hybrides.

Des herbicides pour les peupliers et les saules

Cees van Oosten
Conseil du peuplier du Canada

Le Groupe de travail sur les herbicides (GTH) du Conseil du peuplier du Canada (CPC) travaille avec acharnement pour que ses membres obtiennent l’homologuation de produits d’usage limité dans les cultures intensives à rotation courte (CIRC) de peupliers au Canada. Pour une mise à jour des activités de l’année (2006-2007), veuillez cliquer ici.

Les herbicides présentement homologués pour le peuplier et le saule

Présentement, il y a 13 herbicides homologués pour le peuplier ; cinq ont l’ingrédient actif (i.a.) glyphosate et peuvent être utilisés soit pour la préparaton du site ou bien dans une application blindée afin de contrôler les mauvaises herbes qui croissent rapidement dans une culture de peupliers et de saules à croissance rapide.

Tableau 1 - Herbicides présentement homologués pour le peuplier et le saule
Mise à jour : 13 août 07

#EPA Compagnie Ingrédient actif Nom du produit Peuplier

Saule

Type de l'herbicide
23545 Dow AgroSciences Inc. Clopyralid Lontrel 360 CIRC (culture) brise-vent seulement post-levée
12533 Chematura Canada Co. Dichlobenil Casoron G-4 plantation plantation prélevée
21209 Syngenta Culture Protection Canada Inc. Fluazifop-P-Butyl Venture L plantation ornamental seulement post-levée
19899 Monsanto Canada Inc. Glyphosate Vision Silvicultural plantation plantation post-levée
26401 Cheminova Canada Glyphosate Forza Silvicultural plantation plantation post-levée
26826 Cheminova Canada Glyphosate Cheminova Glyphosate plantation plantation post-levée
26884 Dow AgroSciences Canada Inc. Glyphosate Vantage Forestry plantation plantation post-levée
27736 Monsanto Canada Inc. Glyphosate Vision Max Silvicultural plantation plantation post-levée
25230 United Phosphorus Inc. Napropamide Devrinol 10-G Selective Granular Populus en pépinières   prélevée
25231 United Phosphorus Inc. Napropamide Devrinol 50 DF Selective Flowable Populus en pépinières   prélevée
25297 United Phosphorus Inc. Napropamide Devrinol 2-G Selective Granular Populus en pépinières   prélevée
25728 United Phosphorus Inc.

S-Metolachlor

Dual Magnum Agricultural marcottières   pré- ou post-levée
25729 Syngenta Culture Protection Canada Inc. S-Metolachlor Dual II Magnum Agricultural marcottières   pré- ou post-levée
On encourage fortement tous les usagers à suivre les directives indiquées sur les étiquettes du produit.

L’auteur, le Groupe de travail sur les herbicides, et le Conseil du peuplier du Canada n’assument aucune responsabilité pour les pertes de cultures, ni les dangers pour la sécurité et l’environnement causés par l’usage des pratiques ou des produits énumérés.

  • Huit herbicides sont homologués pour les peupliers (plantations) ou ‘peuplier CIRC’ (cultures). CIRC signifie « culture intensive à rotation courte » et fait allusion à du peuplier (ou du saule) produit comme culture agricole sur des terres agricoles.
  • Cinq herbicides (un total de deux ingrédients actifs) sont homologués pour des pépinières de peupliers (trois) ou marcottières (deux). Les herbicides pour les marcottières sont à usage restreint seulement à partir de la 2e année et pourraient ne pas être aussi utiles.
  • Il y a six herbicides homologués pour le saule, dont cinq sont des herbicides au glyphosate.

Le seul herbicide de préémergence présentement homologué pour le peuplier et le saule (plantations) est le Casoron G-4. La restriction est qu’il doit être appliqué quand les arbres sont établis depuis un an (c-à-d., une saison de croissance) et il doit être appliqué sur le sol nu pour être efficace. Pour cette raison, il peut ne pas être aussi utile pour le producteur du peuplier ou du saule ; c’est un herbicide dispendieux.

Les herbicides approuvés pour le peuplier en attente d’une étiquette finale

En juillet 2007, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada a approuvé cinq nouveaux herbicides pour les cultures de peuplier CIRC. Les étiquettes révisées doivent être déposées et inscrites auprès de l’ARLA avant que ces produits peuvent être légalement utilisés par les producteurs de peupliers CIRC.

Tableau 2 - Herbicides approuvés pour le peuplier en attente de l’étiquelle finale
Mise à jour : 13 août 07

#EPA Compagnie Ingrédient actif Nom du produit Peuplier Saule Type de herbicide
25684 Nufarm Agriculture Inc. Amitrole Nufarm Amitrol 240 Liquid CIRC (culture)   post-levée
27487 Monsanto Canada Inc. Glyphosate Roundup Weathermax avec Transorb 2 Technology Liquid CIRC (culture)   post-levée
27615 Dow AgroSciences Canada Inc. Glyphosate Vantage Plus Max CIRC (culture)   post-levée
16279 E.I. Du Pont Canada Co. Linuron Lorox L Liquid CIRC (culture) - ouest canadien seulement   pré- ou post-levée
24835 BASF Canada Inc. Sethoxydim Poast Ultra Liquid Emulsifiable CIRC (culture)   post-levée
On encourage fortement tous les usagers à suivre les directives indiquées sur les étiquettes du produit.

L’auteur, le Groupe de travail sur les herbicides, et le Conseil du peuplier du Canada n’assument aucune responsabilité pour les pertes de cultures, ni les dangers pour la sécurité et l’environnement causés par l’usage des pratiques ou des
produits énumérés.

À compter du 13 août 2007, les étiquettes révisées n’étaient pas encore déposées auprès de l’ARLA ; on s’attend à ce cela soit complété d’ici peu. Pour vérifier, il serait mieux pour l’utilisateur éventuel de consulter le site de recherche des produits de l’ARLA (www.pmra-arla.gc.ca/english/main/search-e.html) : cliquez sur ‘Option 2’, et allez ensuite à – sélection du champ (select field) – et choisissez le ‘numéro d’enregistrement’ et inscrire le numéro EPA qui se trouve dans le Tableau 2 (ou 1 ou 3) pour le produit pour démarrer la recherche. Cela vous donner accès à l’étiquette électronique.

Veuillez noter qu’un produit, Lorox L, a un usage restreint seulement pour l’ouest du Canada. La raison pour cela, c’est qu’il est déjà homologué pour le peuplier dans une plantation brise-vent dans l’ouest du Canada seulement. Lorox L fut approuvé pour le peuplier CIRC sur la base que son utilisation soit restrainte seulement pour l’ouest du Canada.

Les herbicides dont l’homologuation fut demandée sous l’égide du PEPUDU pour le peuplier et/ou le saule

Deux nouveaux herbicides furent demandés sous l’égide du processus PEPUDU (Programme d’extension du profil d’emploi pour les usages limités demandés par les utilisateurs) de l’ARLA.

Table 3 - Herbicides faisant l’objet d’une demande PEPUDU pour le peuplier et/ou le saule
Mise à jour : 13 août 07

#EPA Compagnie Ingrédient actif Nom du produit Peuplier Saule Type de herbicide
24913 Dow AgroSciences Canada Inc. Oxyfluorfen Goal 2XL Emulsifiable CIRC (culture)   prélevée
-
Valent USA Corporation Flumioxazin Flumioxazin 51% WDG CIRC (culture)   pré- ou post-lévée
On encourage fortement tous les usagers à suivre les directives indiquées sur les étiquettes du produit.

L’auteur, le Groupe de travail sur les herbicides, et le Conseil du peuplier du Canada n’assument aucune responsabilité pour les pertes de cultures, ni les dangers pour la sécurité et l’environnement causés par l’usage des pratiques ou des produits énumérés.

L’herbicide Goal 2XL est un herbicide de préémergence à être appliqué au temps de la plantation. Il est appliqué juste avant de planter des boutures dormantes non enracinées ou racinées, ou immédiatement après la plantation pendant que la culture est encore dormante. Il exige de la pluie ou bien que l’irrigation soit déclenchée. C’est un herbicide de contact qui empêche la germination des graines des mauvaises herbes. Pour que l’herbicide soit le plus efficace, il faut l’appliquer sur le sol nu, libre de résidus, de mauvaises herbes et de grosses mottes de terre.

Les résultats des essais pratiques complétés en 2006 furent soumis à l’ARLA au mois de mars. Une décision d’approbation de l’ARLA n’est pas attendue avant la fin de 2007. On espère que l’herbicide soit disponible avant la période de croissance en 2008.

Cet herbicide serait également efficace dans la gestion d’une culture de saule CIRC. Il n’y a eu aucune requête de la part des producteurs de saules pour obtenir un prolongement de l’étiquette pour le saule. S’il y a de l’intérêt parmi les producteurs de saule à la lumière du potentiel des cultures de saule CIRC pour la production de biomasse (énergie), le Groupe de travail sur les herbicides recommande d’attendre avec un processus PEPUDU jusqu’à ce que le produit soit homologué pour le peuplier CIRC.

Le deuxième herbicide, Flumioxazin, est également un herbicide de préémergence et on s’attend à ce qu’il agisse d’une manière similaire au Goal 2XL dans des conditions similaires. Il a également des capacités d’herbicides de post-levée. Les deux usages furent demandés sous l’égide du PEPUDU et le GTH a demandé que le saule CIRC soit également ajouté à l’étiquette proposée. La demande sera soumise à l’automne 2007, en attente de l’homologuation de l’ingrédient actif au Canada. Des essais pratiques sont prévus possiblement pour le printemps de 2008 en Alberta, en Saskatchewan (probablement 2 essais) et dans le sud de l’Ontario. Ces essais seront financés par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et ils seront gérés par l’entremise de son Centre pour la lutte antiparasitaire (CLA) à Ottawa. Seulement la section du peuplier est financée par l’entremise d’AAC. Le saule fut ajouté à l’étiquette proposée seulement après certaines requêtes de la part d’un chercheur sur le saule.

Qu’en est-il du saule ?

Jusqu’à date, le GTH s’est concentré sur l’essence Populus (y compris les peupliers, les trembles et les différents hybrides, collectivement appelés ‘peupliers’) puisque les membres du GTH sont surtout des organisations impliquées avec le peuplier. Il n’y a pas eu de requêtes de la part de la communauté du saule demandant au GTH d’inclure le saule dans sa quête pour de nouveaux herbicides.

Afin de justifier l’ajout du saule au mandat du GTH, il est important que de nouveaux membres soient ajoutés au GTC avec le financement nécessaire afin d’en élargir le mandat. Les essais pratiques et le processus PEPUDU représentent un certain coût. Deux des récents PEPUDU pour le Lontrel 360 et le Goal 2XL furent seulement possibles suite aux résultats des essais pratiques organisés et payés par des membres individuels du GTH. Un effort similaire est requis pour le saule. S’il y a de l’intérêt à ce qu’il y ait un élargissement du mandat du GTH de sorte à inclure le saule, veuillez contacter Cees van Oosten – président du GTH silviconsult@telus.net.

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Last edit: 2008-05-20