Poplar Council of Canada
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Le Bulletin - sep. 2006

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Le Bulletin - septembre 2006

Dans ce numéro

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English version (2.09 MB)

Des saules hybrides fournissent une énergie renouvelable pour les serriculteurs à Petrolia

Cheryl Hendrickson
LandSaga Biogeographical, New Hamburg (Ontario)
Téléphone: 519 662-9754
Courriel: hendrickson@landsaga.com
www.landsaga.com

Un autre moment historique à Petrolia, lieu de naissance de l’industrie pétrolière du monde ; les premiers saules hybrides à biomasse élevée furent plantés pour chauffer les complexes de serres, ce qui promet à un serriculteur une indépendance du combustible qui a rendu cette région si fameuse.

Avec des rendements de plus de 90 GJ/acre/an, à 6-8 $/GJ au prix courant, la récolte énergétique du bois peut contribuer un niveau d’indépendance de l’utilisation des combustibles fossiles, sans oublier une réduction de l’ensemble des coûts. Tout comme d’autres serriculteurs à la recherche d’alternatives pour leur chauffage étant donné la montée des prix de l’énergie, Jack et Christine Graydanus de la Enniskillen Pepper Company ont installé un système de combustion de biomasse qui utilise présentement de la bale d’avoine en pellet pour chauffer leur complexe de 6 acres de serres. La Compagnie a installé dans un champ avoisinant des parcelles d’essai de saules hybrides à croissance rapide ce printemps comme source de combustible afin d’en déterminer le taux de production à l’acre et fournir un produit en copaux à titre d’essai dans le système de combustion actuel. Le bois a un contenu élevé en BTU (plus de 18 GJ la tonne) et il sèche relativement vite comparé aux bois franc plus dense.

Le système de croissance de saules hybrides à haute biomasse qui peuvent être coupés à maintes reprises en rotations de trois ans durant une période de 25 ans s’appelle le « taillis intensif à courte rotation » (TICR). Bien que ceci soit nouveau en Ontario, le TICR est communément en pratique en Suède, là où le saule hybride est planté pour son énergie et pour le traitement des déchets solides municipaux, qui est ensuite appliqué comme engrais. Plus de 40 000 acres sont présentement en production en Suède ; celle-ci possède des technologies de croissance et de récolte bien développées.

Une année de croissance du peuplier hybride après la coupe
photo par Cheryl Hendrickson

Les saules hybrides sont spécialement conçus pour la production élevée de biomasse. Présentement, LandSaga Biogeographical de New Hamburg, ON, est le seul fournisseur commercial de saules hybrides au Canada. L’an passé, LandSaga avait fourni au Service canadien des forêts des saules hybrides pour des plantations de démonstrations d’énergie renouvelable à travers les Prairies.

Les saules hybrides sont normalement plantés à la mi-avril et en mai en utilisant des « boutures » qui sont des sections de tiges d’arbres d’environ 2 cm de diamètre. Plantés avec seulement deux bourgeons au dessus de la surface du sol en rangs uniformes sur un sol disqué, les boutures profitent de l’humidité et elles développent instantanément des racines et des parties épigées. On peut s’attendre que certaines variétés vont atteindre 2 mètres de croissance en une année. Une fois établie, la plantation peut être récoltée à plusieurs reprises, avec une régénération de 1 à 3 mètres en une saison après la coupe.

Toute la régénération de la première année est enlevée après le premier automne afin d’encourager les saules à produire de multiples tiges au lieu d’une seule. La première récolte pour combustible de biomasse aura lieu en 2008 et à chaque trois ans par la suite pendant les 25 prochaines années, ou plus. Une fois que la plantation est établie, il n’y a aucune dépense majeure sauf pour la coupe. La gestion des mauvaises herbes durant les deux premières saisons est critique, mais autrement, aucun autre apport n’est nécessaire. Cependant, les saules vont démontrer une croissance accrue avec des nutriments enrichissants et des expériences sont présentement en voie de préparation afin de déterminer la portée de l’amélioration de la croissance avec une couverture de fumier de volaille.

D’autres plantations de saules hybrides ont été installées à titre d’expérience ou comme démonstrations en Ontario et au Québec, et plus récemment dans les Prairies. Cependant, les serres chauffées, les coûts d’énergie élevés et des terres agricoles adjacentes dans cette région de l’Ontario offrent les conditions agricoles et économiques idéales pour que cette récolte énergétique puisse réaliser son potentiel.

Selon le recensement canadien en 2001, le Canada a 1836 ha de serres, dont 50 pourcent sont situés en Ontario ; ce chiffre augmente à chaque année. Le chauffage de toutes les serres en Ontario seulement avec la biomasse de saules pourrait remplacer la dépendance sur plus de 37 millions de GJ d’énergie de combustible fossile par année. Les plantations de biomasse ont également une valeur en fournissant des crédits de carbone pour l’atteinte des niveaux du protocole de Kyoto pour les émetteurs de gaz à effet de serre, puisque les systèmes racinaires sont des puits de carbone permanents. Bien que les fermiers soient hésitants à planter des arbres dans un champ, la récolte de haute valeur pour fins de chauffage commence à rendre la pratique très attrayante.

De la génomique à la production des peupliers : Combler l’écart entre la science et industrie

Barb Thomas et Jim Richardson
Conseil du peuplier du Canada

Le Canada possède une immense ressource naturelle en peupliers. De récents inventaires forestiers ont estimé l’étendue de cette ressource à 4 milliards m3 répartis sur plus de 160 millions ha, dont environ 28 millions ha sont des peuplements ayant le genre Populus comme espèce dominante. Le tremble est l’essence (espèce d’arbre) la plus vastement répandue en Amérique du Nord et elle est la pierre angulaire de plusieurs usines de pâtes et de panneaux OSB au Canada. Pourtant, l’industrie forestière au Canada fait face à une crise économique et plusieurs usines ferment leurs portes. Pendant ce temps-là, le séquençage du génome du peuplier occidental, l’une des plus importantes essences du Populus, a été assemblé par un consortium international, y compris des scientifiques canadiens appuyés par Genome Canada. Le peuplier occidental (Populus trichocarpa) est seulement la troisième espèce végétale au monde à atteindre ce statut. Le séquençage du génome du peuplier a ouvert la porte à toute une richesse de possibilités pour mieux comprendre et améliorer les peupliers. Cependant, des ressources considérables seront nécessaires pour donner suite à ces opportunités ; des collaborations nouvelles et continues devront être forgées du point de vue financier, universitaire et industriel au delà des frontières des partenariats traditionnels.

Plus particulièrement, il serait nécessaire de rassembler deux groupes qui semblent disparates, soit ceux de l’industrie forestière et de la communauté de recherche en génomique. Avec l’aide du gouvernement, il serait possible d’atteindre un alignement des ressources pour les besoins parfois différents, parfois partagés, en matière de recherche pour ces deux communautés, à la fois aux niveaux national et régional. Une telle approche collaborative va nous permettre de trouver de nouveaux moyens de faire affaires et, en bout de ligne, de soutenir notre industrie forestière. La dimension de la ressource en peupliers, ainsi que toutes les années de données et d’essais sur le terrain, nous permettent de mettre à profit les synergies d’un partenariat intégré entre les généticiens forestiers, les chercheurs en sylviculture, les experts en génomique et les décisionnaires. Pourtant, en dépit des vastes bienfaits, il y a des différences fondamentales entre les joueurs clés qui ont fait en sorte qu’il est très difficile d’atteindre le niveau d’échange et de collaboration actives qui permettraient le développement de synergies et de produire des solutions concrètes aux défis fondamentaux de l’industrie.

Les défis fondamentaux incluent les communications et les ressources. Afin d’améliorer les relations, des démarches ont été entreprises pour aider chaque communauté à mieux comprendre la « culture » de l’autre, afin de développer des buts et des objectifs conjoints, ainsi que pour bâtir un mécanisme d’interface continu. Des discussions entre les deux communautés, organisées par le Conseil du Peuplier du Canada (CPC), ont suggéré qu’on ferait des progrès en mettant l’accent sur les besoins de chaque communauté qui peuvent être satisfaits par l’autre, au lieu de mettre l’accent sur leurs différences. D’autres disciplines scientifiques, y compris la sylviculture, la pathologie, la physiologie, la biochimie et l’écologie, ont également besoin d’être intégrées dans cet effort de collaboration afin de répondre d’une manière plus efficace aux besoins de l’industrie, des décisionnaires et de la société.

Étant donné les longs délais souvent associés au travail avec des arbres, chaque partie de cet effort de collaboration bénéficierait grandement d’une source de financement à long terme avec une interface utilisateur-chercheur telle que mentionnée ci-haut. Lorsque du nouveau matériel de peuplier est prêt à être déployé, ou bien lorsque des outils biotechnologiques sont disponibles pour aider à la sélection du matériel, du financement doit être facilement accessible ; de plus, le gouvernement et le cadre politique nécessaire doivent également être prêts à supporter et promouvoir leur utilisation.

Il y a donc deux directions principales possibles pour la recherche génomique dans le contexte de la production du peuplier et de son utilisation industrielle. La première est celle de la mise au point de nouveaux outils avec des applications pratiques présentement inconnues. La deuxième va au delà de la publication scientifique de la technologie pour intégrer les applications opérationnelles. Ces deux directions pour la recherche future devraient idéalement se complémenter entre elles. Les outils actuels de la génétique moléculaire doivent être utilisés du mieux que possible dès aujourd’hui pour sélectionner les caractéristiques d’arbre désirées et appliquées durant la phase la plus appropriée dans le cadre d’un programme de reproduction, d’essais et de sélection. On ne sait pas nécessairement où vont éventuellement nous mener plusieurs des nouveaux outils en ce qui concerne leur application pratique et, bien qu’il soit probable que leur développement va continuer avec ou sans la participation des usagers en bout de ligne, la communication entre les chercheurs de base et les usagers en bout de ligne durant leur développement va aider à assurer leur application utile.

Il se peut que l’intégration des communautés doive être facilitée par une organisation efficace qui peut aider à rassembler les différents éléments. Le CPC est bien situé pour offrir une telle structure organisationnelle, surtout au niveau national. Ses membres comprennent la plupart des agences professionnelles et universitaires, ainsi que les compagnies canadiennes engagées dans l’étude, la reproduction, la croissance et l’utilisation industrielle du peuplier. En organisant des rencontres et des ateliers, avec une bonne participation, et qui visent à relier sa propre communauté traditionnelle de généticiens et de producteurs de peupliers avec la communauté de la génomique des peupliers, le CPC a démontré son engagement et sa capacité d’assumer ce rôle organisationnel. Ce faisant, le CPC peut travailler avec ses membres et ses partenaires afin de sensibiliser les gens quant à ces opportunités et, en retour, obtenir plus d’appui pour les exigences administratives et techniques.

Un atelier intitulé « De la génonique à la production » organisé à Edmonton en avril 2005 par le CPC, avec l’aide de Genome Canada, a identifié un certain nombre de démarches spécifiques pour encourager une meilleure coopération entre les scientifiques de la génomique du peuplier, les généticiens, les producteurs et les bailleurs de fonds potentiels. Certaines de ces démarches ont déjà été entamées. D’autres incluent des efforts de mise sur pied d’un Consortium canadien du peuplier, y compris tous les intervenants clés, et en utilisant l’Internet comme véhicule de communications pour partager et discuter les sujets de recherche prioritaires, et pour inviter les chercheurs et les partenaires à s’inscrire et exprimer leurs intérêts.

[Cet article est adapté du Sommaire d’un livre blanc intitulé « Poplar Genomics to Poplar Production: Bridging the gap for best use of our resources and knowledge » (De la génomique des peupliers à la production des peupliers : combler l’écart pour la meilleure utilisation de nos ressources et de nos connaissances) par Barb Thomas et Jim Richardson du CPC, préparé pour Genome Canada. Le texte complet de ce mémoire est disponible sur ce site Web. Cliquez ici pour le voir. Le site Web contient également un bon nombre de documents reliés à l’atelier qui avait lieu à Edmonton en avril 2005, ainsi qu’un glossaire de terminologies reliées à la génomique, à la génétique et à l’utilisation des peupliers.]

Groupe de travail sur les herbicides – Quoi de neuf?

Cees van Oosten
Président du Groupe de travail sur les herbicides

Le Groupe de travail sur les herbicides (GTH) du Conseil canadien du peuplier facilite et coordonne les efforts pour obtenir l’homologation de produits d’usage limité sur des pesticides utiles dans les plantations nouvelles et établies de l’essence Populus (peupliers et trembles) et leurs hybrides, y compris la sylviculture à courte rotation (SCR) des plantations, des semis et des boutures enracinées du Populus. Le GTH s’intéresse principalement aux herbicides en ce moment. Les membres du groupe sont : Al Bertschi (Alberta-Pacific Forest Industries Inc.), Florance Niemi (Daishowa-Marubeni International Ltd.), Larry White (Saskatchewan Forest Centre), Lyle Alspach (Shelterbelt Centre - Prairie Farm Rehabilitation Administration), Tim Gylander (Weyerhaeuser Company Ltd. - Forestlands) et Cees (“Case”) van Oosten (SilviConsult Woody Crops Technology Inc.), qui est président du groupe. Le GTH est actif depuis déjà quelques années.

Consortium des prairies sur les pesticides d’usage limité (CPPUL)

Trois ans passés, le Conseil canadien du peuplier devenait membre du CPPUL en Alberta, là où nous avons accès à l’expertise de Rudy Esau (Agent d’approvisionnement en usage limité) afin d’aider à la préparation et à la soumission du processus de demande visant à obtenir l’homologation des herbicides à usage limité.

  • Lontrel 360 (clopyralide)
    Le plus récent succès fut l’homologation d’un élargissement d’une étiquette d’usage limité pour le produit Lontrel 360, dont l’ingrédient actif est le clopyralide. Cet herbicide contrôle le chardon des champs, entre autres. Ailleurs dans le présent bulletin, il y a un article intitulé « Lontrel 360 (clopyralide) », un herbicide récemment homologué pour l’essence Populus, qui fait état d’expériences récentes avec cet herbicide. Les données utilisées pour cette homologation furent disponibles grâce à Alberta-Pacific Forest Industries Inc., à Daishowa-Marubeni International Ltd. et au Centre de distribution de brise-vent – Administration du rétablissement agricole des Prairies.
  • Poast Ultra (séthoxydime)
    Une demande d’homologation pour l’herbicide Poast Ultra (séthoxydime) fut récemment soumise auprès de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada. Au lieu d’utiliser des données d’efficacité et de tolérance, la soumission fut basée sur les raisons suivantes :

    • Plusieurs essences (espèces) de feuillus sont déjà indiquées sur son étiquette ;
    • Des rapports américains indiquent qu’il est utilisable sans risque sur le dessus des peupliers ; et,
    • L’ingrédient actif cible une action enzymatique spécifique qui est seulement présente dans les herbages graminés, mais pas dans les feuillus.

    L’ARLA avait indiqué lors de l’Assemblée annuelle du CPPUL en février dernier, à Taber (AB), auquelle participait Cees van Oosten, qu’il serait possible d’obtenir une expansion de l’étiquetage pour usage limité basée sur un bon raisonnement. Nous espérons que cette demande sera acceptée.

Désavantage concurrentiel & SureGuard® (flumioxazine)

Depuis des années, les producteurs de cultures sur surfaces réduites au Canada se sont plaints du désavantage concurrentiel dans lequel ils se trouvent vis à vis leurs homologues américains quant à l’obtention d’une homologation de nouveaux pesticides au Canada pour usage sur leurs cultures sur surfaces réduites. Les compagnies de produits chimiques ne sont pas prêtes à consacrer du temps et des efforts pour faire homologuer de nouveaux pesticides pour usage limité, tel que pour le peuplier, dans un petit marché comme le Canada. Le processus d’homologation pour de nouveaux pesticides est très complexe et il exige un montant de fonds substantiel pour le réaliser. Afin d’atténuer le désavantage concurrentiel auquel font face les producteurs canadiens de cultures sur surfaces réduites (y compris les cultures de peupliers), l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada a amorcé un programme sur le « désavantage concurrentiel » de sorte à considérer une forme d’homologation d’ingrédients actifs qui ne sont pas homologués au Canada, mais qui le sont aux États-Unis.

  • SureGuard® (flumioxazine)
    Le GTH a soumis l’ingrédient actif « flumioxazine » pour considération par l’entremise de Doug Billett (Coordinateur provincial de l’usage limité auprès de Saskatchewan Agriculture and Food). Le flumioxazine est l’ingrédient actif dans le produit SureGuard® (EPA Reg No. 59639-120 - US registration), produit par Valent Professional Products. Cet herbicide peut être utilisé comme herbicide de prélevée et de postlevée avec les essences Populus aux États-Unis. Rudy Esau (CPPUL) rapportait récemment que : « L’ingrédient actif flumioxazine a été identifié comme solution possible pour un certain nombre de cultures, y compris la pomme de terre et les fraises. Le fabricant a appuyé ces usages et autres usages potentiels du flumioxazine et il prévoit faire homologuer le produit au Canada. » Le GTH devra en faire la demande pour faire homologuer cet herbicide.
  • Fongicides pour les maladies folicoles
    Larry White a identifié le besoin des producteurs de peupliers d’avoir accès aux fongicides afin de traiter plusieurs maladies folicoles, surtout durant la période d’établissement du peuplier, et il a fait certaines demandes de renseignements auprès d’un spécialiste en Saskatchewan. Le plan était d’inclure un ou plusieurs fongicides dans le cadre de l’initiative de l’ARLA en matière de « désavantage concurrentiel » ; cependant, le spécialiste contacté était incapable de répondre à temps étant donné l’échéancier très serré. Nous avons encore celle-ci comme requête active. Plusieurs fongicides sont déjà homologués pour usage au Canada sur les peupliers pour traiter des maladies telles que la tache des feuilles (Marssonina brunnea & Marssonina populi) et la septoriose (Septoria musiva & Septoria populicola). Il n’existe aucune homologation de fongicides pour les espèces de rouilles Melampsora , ni pour la brûlure helminthosporienne Venturia (Venturia spp.) ; il est clair que ces deux champignons sont les plus préoccupants en ce moment. Il n’y aucun fongicide connu qui contrôle le chancre de la tige (Septoria musiva).

Herbicides brise-vent – potentiel pour les cultures de peupliers SCR

En 2005, le GTH a fait plusieurs présentations sur la gestion des cultures intensives du peuplier, ce qu’on appelle la sylviculture à courte rotation (SCR) du peuplier. Une présentation fut faite à l’ARLA à Ottawa, suivie de présentations subséquentes aux Coordinateurs provinciaux de l’usage limité (CPUL) de toutes les provinces, sauf les provinces Atlantiques et le Québec. L’ARLA a accepté notre définition du peuplier SCR comme culture agricole, produite en terre agricole. Il s’agit d’un accomplissement important puisque ceci la sépare des usages en foresterie, ce qui va faciliter le processus d’homologation. Ceci fut un avantage dans une initiative amorcée par Doug Billet, le CPUL pour « Saskatchewan Agriculture and Food », qui a fait la demande d’expansion de l’étiquetage d’usage limité pour plusieurs herbicides de « peupliers brise-vent » qui ne sont pas présentement disponibles aux producteurs de peupliers. Cette initiative fut amorcée en étroite collaboration avec le GTH. Des lettres d’appui furent obtenues des différentes compagnies de produits chimiques et la demande formelle fut soumise récemment.

Les herbicides suivants ont été soumis pour homologation par l’expansion de l’étiquetage pour usage limité pour le peuplier de sylviculture à courte rotation (SCR) :

  1. « Roundup WeatherMax » avec Transorb 2 Technology - herbicide liquide (PCP 27487) –ingrédient actif : glyphosate (Monsanto Canada Inc.) ;
  2. Solution herbicide « Vantage Plus Max » (PCP 27615) – ingrédient actif : glyphosate (Dow AgroSciences Canada Inc.) ;
  3. Herbicide « Treflan E.C. » (PCP 23933) – ingrédient actif : trifluraline (Dow AgroSciences Canada Inc.) ;
  4. Herbicide liquide « Amitrol 240 » (PCP 25684) – ingrédient actif : amitrole (Nufarm Agriculture Inc.) ;
  5. Herbicide « Lorox L » (PCP 16279) – ingrédient actif : linuron (E.I. du Pont Canada Company.) ;
  6. Herbicide « Sencor Solupak 75 DF » (PCP 20968) – ingrédient actif : métribuzine (Bayer CropScience Inc.) ;
  7. Herbicide « Sencor 480 F » (PCP 26280) – ingrédient actif : métribuzine (Bayer CropScience Inc.) ;
  8. Herbicide « Sencor 75 DF » (PCP 17242) – ingrédient actif : métribuzine (Bayer CropScience Inc.).

Goal 2XL (oxyfluorfène)

En 2005, le GTH coordonnait quatre essais avec Goal, un en Alberta, un en Saskatchewan et deux en Ontario. L’essai en Alberta fut financé par Daishowa-Marubeni International Ltd., Alberta-Pacific Forest Industries Inc. et Western Boreal Aspen Corp. L’essai en Saskatchewan fut financé par le « Saskatchewan Forest Centre » et ceux de l’Ontario par le Ministère des Ressources naturelles de l’Ontario. Un contrôle adéquat des mauvaises herbes fut réalisé sans aucun dommage aux cultures en utilisant une dose de deux à quatre fois plus élevée que le taux d’application présentement homologué au Canada pour les oignons, les fraises et les framboises. Il faut remarquer que le produit est homologué aux Etats-Unis pour usage sur les peupliers aux taux que nous avons demandé.

L’ARLA a argumenté que l’homologation canadienne pour les oignons, les fraises et les framboises était basée sur un contrôle adéquat des mauvaises herbes au taux présentement homologué que nous jugeons trop faible. Afin d’obtenir l’homologation de ce produit au Canada aux taux d’application que nous avons demandé, l’ARLA a demandé une deuxième série d’essais avec Goal afin de prouver le bien-fondé des revendications d’efficacité. Ces nouveaux essais sont financés par, et furent établis sous la supervision d’Agriculture Canada en Saskatchewan (Saskatchewan Forest Centre), de l’Alberta (Alberta-Pacific Forest Industries Inc.) et de l’Ontario (deux essais par le Ministère des Ressources naturelles de l’Ontario). Les résultats préliminaires en Alberta et en Saskatchewan dès le début d’août démontrent déjà que le taux d’application présentement homologué (le taux faible) au Canada est inadéquat. Les résultats sont prévus en novembre 2006.

Aurevoir.....

Sandra Williams

J’ai récemment commencé à travailler à temps plein et sur une base permanente pour le Service canadien des forêts ; il est donc temps pour moi de dire aurevoir aux membres et aux associés du Conseil du Peuplier du Canada. J’ai eu l’occasion de voir plusieurs présentations intéressantes lors de conférences et d’excursions sur le terrain, et ce fut un plaisir de rencontrer de nombreux adeptes du peuplier au Canada, aux États-Unis et à travers le monde. Travailler avec le CPC aura été une expérience d’apprentissage que je n’oublierai pas.

Depuis plusieurs mois maintenant, Lisa Bowker fut embauchée comme Secrétaire exécutive du CPC. Lisa a travaillé avec le SCF pendant plusieurs années dans différentes fonctions. Elle est une ressource très capable et importante pour le CPC à mesure que le Conseil continue à croître et à évoluer. Je vous encourage à donner un coup de main à Lisa avec ses responsabilités en lui envoyant beaucoup d’articles pour le bulletin !

Bob Gambles – En commémorative

 

bob

C’est avec un regret sincère que nous rapportons le décès récent à Toronto de Robert (Bob) Gambles après une courte maladie et une courte période d’hospitalisation. Bob avait été le Secrétaire exécutif du Conseil du Peuplier du Canada à partir du début des années 1980 jusqu’à ce que le Secrétariat fut déménagé de Toronto à Edmonton en 1991. Durant cette période, il était en effet le Secrétariat du Conseil, gérant les affaires quotidiennes et travaillant étroitement avec Louis Zsuffa, pendant que Louis était président du CPC, et par la suite avec Jim Richardson.

Bob avait obtenu son Ph. D en Sciences du bois à l’Université de Toronto où il y eu le poste d’adjoint à la recherche pendant plusieurs années avant que son temps soit surtout consacré à IEA Bioenergy, ainsi qu’au CPC en tant qu’adjoint et « main droite » du Dr. Zsuffa. Son efficacité calme, son organisation adroite et son attention au détail, combinées avec une vaste connaissance en foresterie, furent un atout important au développement et à la gestion du Conseil du Peuplier durant ses premières années. Suite à sa démission comme Secrétaire Exécutif en 1991 et sa retraite subséquente d’IEA en 1997, Bob avait dévoué son temps à ses passetemps, surtout l’observation des oiseaux, et en aidant sa femme Susan avec son travail comme Secrétaire de l’Institut Canadien des Comptables Agréés. Nous offrons à Susan nos sincères condoléances.

Lontrel 360 (clopyralide), un herbicide récemment homologué pour les producteurs de peupliers

Cees van Oosten
Groupe de travail sur les herbicides

L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada a récemment approuvé l’herbicide Lontrel 360 (PCP # 23545) pour usage dans les cultures nouvelles et établies à courte rotation (appellées SCR) des essences de peupliers (Populus) et de leurs hybrides. « Peuplier » fait allusion ici à toutes les essences (espèces) du Populus.

Lontrel 360 (un herbicide du Groupe 4) est un herbicide postlevée qui peut être appliqué pendant que les arbres sont en croissance active. L’ingrédient actif clopyralide est une auxine synthétique qui perturbe la croissance de la cellule de la plante dans les tiges et feuilles nouvelles, et qui affecte la protéinogénèse et la division cellulaire, ce qui mène à des croissances malformées et à des tumeurs. La mauvaise herbe principalement ciblée est le chardon des champs (les meilleurs résultats sont obtenus lorsque le chardon des champs en est au stade de croissance de la rosette jusqu’au stade du pré-bourgeonnement). Les autres mauvaises herbes indiquées sont : la matricaire inodore, la renouée liseron, le laiteron des champs (contrôle de la croissance du haut), le séneçon vulgaire et les resemis de luzerne. Pour un contrôle satisfaisant des mauvaises herbes, les taux recommandés sont de 0,56 – 0,83 L/ha du produit ; cependant, cet herbicide peut et va affecter certains clones de peupliers hybrides et l’effet peut varier de beaucoup d’un clone à l’autre. Tout impact sera temporaire. L'étiquette du produit explique cela par l’entremise de l’avertissement suivant :

Réaction du clopyralide dans un peuplier en Argentine en 2004. L’enroulement des feuilles d’un peuplier deltoïde. Ces symptômes se sont produits sur des peupliers de 6 mois et d’un an. La blessure fut temporaire, sans impact à long terme sur la croissance en hauteur (Photo : Fabio Achinelli, Argentine).

« Les clones/hybrides de peuplier varient dans leur tolérance à l’Herbicide Lontrel 360. Les blessures observées incluent les blessures aux feuilles, l’enroulement de la feuille, la torsion de la tige, une réduction de la hauteur et une réduction du diamètre. Étant donné que pas tous les clones/hybrides n’ont été testés pour leur tolérance à l’Herbicide Lontrel 360, l’usage de ce produit devrait être limité à une petite parcelle de chaque clone/hybride pour en confirmer la tolérance avant son adoption comme pratique générale dans le champ. »

Puisqu’il s’agit d’un nouvel herbicide pour les producteurs de peupliers, il est important de partager les expériences récentes avec autant d’usagers futurs que possible du Lontrel 360 ; la raison, donc, d’avoir rédigé cet article.

En contrôlant les mauvaises herbes, l’impact positif sur la croissance peut être très dramatique.

Essai avec le clorypalide dans un site d’essai de l’ARAP avec le clone Assiniboine près d’Indian Head (SK). La croissance en hauteur a augmenté dramatiquement après le traitement de contrôle au Lontrel. Le taux de 300 gr/ha de l’ingrédient actif clopyralide est l’équivalent de 0,83 L/ha du produit, qui est le taux d’application maximal par année. Le clone Assiniboine n’a subit aucun effet adverse et il a bénéficié du contrôle des mauvaises herbes ; cependant, ce taux sera trop élevé pour d’autres clones (Photo : AAC-ARAP – Centre des brise-vent)

Le taux maximal indiqué sur l’étiquette est de 0,83 L/ha de produit, appliqué une fois par année. Bien que ce taux ait bien fonctionné pour le clone Assiniboine dans ce cas-ci, sans mauvais effets, il se peut qu’il soit trop élevé pour d’autres clones du peuplier. À titre d’exemple, le taux de 0,42 L/ha fut déclaré efficace dans un essai de contrôle des mauvaises herbes sans affecter le clone. Seulement un enroulement temporaire et mineur des feuilles fut remarqué au taux de 0,56 L/ha pour la plupart des clones, ce qui est considéré comme un bon taux pour contrôler sans blesser les cultures. À des taux plus près de 0,83 L/ha, on a observé que les tiges de jeunes peupliers commençaient à pousser à l’horizontal pendant un certain temps et qu’elles se couchaient à plat sur le sol.

Clone : Northwest près de Prince Albert, Saskatchewan.
Arrosé avec : Lontrel 360 @ 0,75 L/ha (maximum de 0,83 L/ha).
Date de l’arrosage : 23 mai 2006
Date de la photo : 13 juillet 2006
Symptômes : Enroulement des feuilles & tiges se couchant à plat ; le clone s’en remet.
Condition actuelle le 26 juillet 2006 : Ce clone s’en est maintenant remis
(Photo : Cees van Oosten).

Clone : Brooks 6 (aussi connu comme le Green Giant) près de Prince Albert, Saskatchewan.
Arrosé avec : Lontrel 360 @ 0,75 L/ha (maximum de 0,83 L/ha).
Date de l’arrosage : 23 mai 2006
Date de la photo : 13 juillet 2006
Symptômes : Feuilles enroulées & tiges couchées à plat ; le clone s’en remet.
Condition actuelle le 26 juillet 2006 : Ce clone s’en est presque tout à fait remis. Brooks 6 (Green Giant) est plus sensible que le Northwest
(Photo : Cees van Oosten).

Certains clones sont beaucoup moins sensibles et ont déjà réparé la blessure.

Clone : Walker près de Prince Albert, Saskatchewan.
Arrosé avec : Lontrel 360 @ 0,75 L/ha (maximum de 0,83 L/ha)
Date de l’arrosage : 23 mai 2006
Date de la photo : 13 juillet 2006
Symptômes : le Walker est plus sensible au Lontrel 360 que le Northwest ou le Hill ; feuilles enroulées et à croissance arrêtée & perte de dominance apicale.

Clone : Northwest près de Prince Albert, Saskatchewan.
Arrosé avec : Lontrel 360 @ 0,75 L/ha (maximum de 0,83 L/ha).
Date de l’arrosage : 23 mai 2006
Date de la photo : 13 juillet 2006
Symptômes : Feuilles enroulées en bas. Cette plante s’est complètement rétablie.
Condition actuelle le 26 juillet 2006 : Ce clone est complètement rétabli.
(Photo : Cees van Oosten).

Tous ces symptômes vont disparaître au fil du temps et la croissance normale va continuer. Afin d’éviter ces symptômes, surtout la mise à plat des tiges, il est fortement recommandé de faire des essais par clone avant d’appliquer cet herbicide à grande échelle, tel que l’étiquette de l’herbicide l’indique clairement.

Une calibration appropriée des pulvérisateurs agricoles est également cruciale afin d’éviter une sur-application de l’herbicide. Il faut suivre les instructions de mélange et d’agitation sur l’étiquette afin d’éviter qu’une concentration plus élevée de l’herbicide n’aboutisse dans la rampe de pulvérisation au début de l’épandage ; ceci pourrait causer des dommages non intentionnels aux cultures.

Des quatres clones observés récemment en Saskatchewan, il semble que les clones Walker et Brooks 6 (aussi connu comme Green Giant) sont plus sensibles aux blessures par le Lontrel que les clones Hill et Northwest. Le clone Walker semblait le plus sensible et certains des symptômes démontraient une perte de la dominance apicale et des feuilles enroulées à croissance arrêtée. Le clone Hill semblait être le moins sensible au Lontrel 360.

Le choix du moment de l’arrosage est également un facteur critique dans le contrôle des mauvaises herbes. Lorsque les mauvaises herbes sont arrosées au temps de la floraison, ce qui n’est pas recommandé sur l’étiquette, il y aura un certain impact sur celles-ci ; cependant, il semblait y avoir beaucoup de graines viables qui étaient encore produites. Un arrosage tôt aurait pû prévenir cela.

Remerciements à Al Jurgens, Larry White (tous les deux du Saskatchewan Forest Centre), Al Bertschi (Alberta-Pacific Forest Industries Inc.) et Lyle Alspach (Centre de brise-vent - Administration du rétablissement agricole des Prairies (ARAP) pour avoir partagé cette information, en organisant une inspection sur le terrain et pour avoir réviser cet article.

ACTIVITÉS PROCHAINES

Rencontre conjointe du Conseil canadien du peuplier,
du Conseil américain du peuplier et du
Groupe de travail sur les opérations de cultures du bois à courte rotation

Pasco, Washington, USA, 25-28 septembre, 2006
Assemblée conjointe composée de 2 journées de sessions techniques pléniaires, 1 journée d’excursions dans les plantations de Potlatch, Boise Cascade et Greenwood, ainsi qu’une autre journée offerte d’excursions portant sur les activités de phytoremédiation dans l’ouest du Washington et en Orégon.

 

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Last edit: 2006-10-19