Le
Bulletin - juillet 2003
Dans ce numéro
Introduction
Sandra J. Williams, secrétaire générale,
Conseil du peuplier du Canada
Le bulletin de juillet est une collection instructive de comptes
rendus des activités associées au peuplier dans
tout le Canada. De plus, Jim Richardson, le directeur technique
du CPC a bien voulu fournir un rapport intéressant sur
les sujets de foresterie de son récent voyage en Nouvelle-Zélande.
Annie DesRochers nous présente une brève description
de ce qui se passera à l’assemblée générale
annuelle (AGA) du CPC à Rouyn-Noranda (Québec).
Avec une brochette de conférenciers internationaux et nationaux,
l’AGA de 2003 promet d’être une grande expérience
d’apprentissage. Et vous ne voudrez pas manquer de voir le Québec
dans toutes ses magnifiques couleurs automnales!
Dan Carson partage de l’information précieuse sur la façon
dont Scott Paper Limited a géré le broutage du chevreuil
avec des manchons forestiers dans ses plantations de la vallée
du Fraser.
Chuck Kaiser parle du Programme de culture du peuplier à
Alberta-Pacific et Barb Thomas présente un aperçu
du fascinant nouveau programme d’amélioration du peuplier
hybride. Brigitte Bigué nous présente de l’information
à jour sur Ligniculture Québec et les activités
relatives au peuplier dans la province de Québec. Vous
aimerez!
Si vous avez des nouvelles sur le peuplier que vous voulez partager
avec vos collègues du CPC, communiquez avec moi à
poplar@poplar.ca.
Début
Annonce: Conseil du peuplier du Canada
- l’assemblée générale annuelle 2003
Annie DesRochers, Présidente du comité organisateur
L’édition 2003 du Congrès annuel aura lieu à
Rouyn-Noranda, l’une des principales villes de l’Abitibi-Témiscamingue
au Québec. Reconnue pour ses grands espaces, ses nombreux
ponts couverts, ses forêts giboyeuses parsemées de
lacs généreux (l’ajout d’une canne à pêche
est plus qu’une option parmi vos effets personnels!), l’Abitibi-Témiscamingue
couvre 65 143 km2 où habite une population de
quelque 150 000 personnes. Elle partage une frontière commune
avec l’Ontario à l’ouest, celle du Saguenay-Lac-St-Jean
à l’est et le Nord du Québec au nord.
Quoique l’industrie la plus importante de l’Abitibi-Témiscamingue
est vraisemblablement l’industrie forestière, la région
supporte aussi plus de 100 000 ha de friches provenant de fermes
délaissées, ce qui laisse entrevoir de vastes possibilités
pour l’aménagement forestier intensif et l’installation
de plantations de peupliers hybrides. Ces sites sont sur des sols
fertiles, situés près des zones habitées
et des usines de transformation. Bien que la plus grande partie
de l’industrie forestière soit concentrée sur les
espèces résineuses (épinette noire, épinette
blanche, pin gris), la part de marché des espèces
feuillues, en particulier le peuplier faux-tremble, est en croissance
continue depuis quelques années.
C’est donc avec ces idées en tête que le comité
organisateur a pris pour thème : La sylviculture du
peuplier : des plantations et des forêts naturelles.
Le Congrès
Les 14 et 15 septembre, vous êtes conviés à
une descente en canoë sur la magnifique rivière Harricana
avec des guides algonquins. L’Harricana prend sa source dans les
lacs Blouin, de Montigny, Lemoine et Mourier près de Val-d’Or.
C’est une voie navigable de 533 km qui se jette dans la Baie de
James et qui est reconnue comme «l’autoroute des Algonquins».
Elle créait le lien entre les divers territoires de chasse
de plusieurs familles indigènes.
Les 16 et 17 septembre seront consacrés aux présentations
des conférenciers invités et volontaires. Les thèmes
abordés seront:
- sylviculture et aménagement
- régénération naturelle et artificielle
- amélioration génétique
- croissance, physiologie et performance en plantation
- biotechnologie et essais au champ
- insectes et maladies
- culture du peuplier en conditions boréales
- expérience industrielle
- transformation et produits
Le 18 septembre, vous aurez le choix entre trois sorties de terrain :
Région d’Amos
Le premier arrêt sera la Forêt-École Harricana
où des étudiants de niveau professionnel apprennent
les techniques de l’aménagement forestier et l’utilisation
de machinerie forestière. Nous visiterons des sites d’éclaircie
commerciale exécutée dans des peuplements de peuplier
faux-tremble (en peuplements purs et mélangés).
Nous visiterons également des sites où des essais
d’amélioration génétique de peupliers hybrides
ont été réalisés avec la collaboration
du ministère des Ressources naturelles du Québec,
incluant des essais avec des familles améliorées
d’épinette de Norvège et d’épinette blanche
du Service Canadien des Forêts. En après-midi, nous
visiterons la pépinière provinciale de Trécesson,
contenant l’arboretum régional et les parcs à pied-mère
de peuplier hybrides du ministère des Ressources Naturelles
du Québec.
Région de Rouyn-Noranda
Lors de cette sortie, les participants visiteront d’abord les
installations du projet SAFE (Sylviculture et aménagement
forestier écosystémique) à la Forêt
d’enseignement et de recherche du lac Duparquet. Ce projet de
grande envergure inclut des essais de coupe partielle, des systèmes
de récolte intégrant l’approche par cohortes et
des études génétiques sur divers clones de
peuplier faux-tremble. L’après-midi sera consacré
à la visite de l’usine de panneaux à lamelles orientées
(OSB) de Norbord-Nexfor à La Sarre (où vous devrez
porter des pantalons longs et des chaussures fermées).
Région du Témiscamingue
Le premier arrêt de cette visite aura lieu à Arnfield,
dans les chantiers de Tembec. On y présentera des travaux
de coupe de succession dans des peuplements de peupliers faux-tremble
et baumier avec une composante importante d’épinette blanche
soumis à quatre intensités de coupe partielle. Le
second arrêt de cette visite aura lieu à Angliers;
on y verra une plantation de peuplier installée en 2001
dans laquelle plusieurs clones de peupliers provenant du ministère
des Ressources naturelles du Québec sont mis à l’essai,
en combinaison avec des familles génétiquement améliorées
d’épinettes blanche et de Norvège, qui proviennent
du Service canadien des forêts (Centre de foresterie des
Laurentides). L’après-midi sera consacré à
la visite de l’usine de poutrelles LVL chez Temlam, à Ville-Marie.
Ces trois visites devraient prendre fin vers 18 h. Les participants
seront amenés vers leur hôtel respectif pour environ
30 minutes et ensuite ramenés au Centre des congrès
de Rouyn-Noranda pour un cocktail suivi d’un banquet où
le groupe de chanteurs blues de Montréal Dawn Taylor et
musiciens animera la soirée.
Des ateliers et tables rondes clôtureront le congrès
le 19 septembre.
Itinéraire
Rouyn-Noranda est facilement atteignable avec des vols réguliers
opérés par Air-Canada-Jazz. Il y a quatre vols directs
quotidien de Montréal et deux de Québec. Si vous
prévoyez assister au Congrès forestier mondial à
Québec qui suivra le Congrès du peuplier, nous vous
suggérons de prévoir un vol vers Québec,
à moins que vous soyez intéressés par près
de onze heure de conduite pour faire les 900 km de route.
Cela pourrait vous permettre de découvrir la Réserve
faunique La Vérendrye lors d’une petite escapade de pêche.
Début
Les manchons forestiers aident les peupliers
hybrides de la Colombie-Britannique à s’établir
Dan Carson, Scott Paper Limited
Jusqu’à tout récemment, Scott Paper Limited subissait
de graves dommages par le broutage des cerfs dans ses plantations
de peupliers hybrides aménagées intensivement de
la vallée du Fraser. Tous les arbres de certains blocs
de clones ont souffert des dommages d’une forme de broutage, principalement
les flèches.
Les dommages sont causés par le cerf de Virginie et le
cerf à queue noire et blanche hybride. Le cerf a pris résidence
dans nouvelles plantations. Contrairement à la population
de cerfs à queue noire résidente, qui se nourrissent
principalement des branches latérales, les cerfs à
queue noire et blanche introduits et les hybrides se nourrissent
principalement des bourgeons terminaux et des flèches.
Les flèches des variétés de peupliers préférées
ont été endommagées pendant trois saisons
de croissance consécutives. Pour placer le dommage en perspective,
une perte de trois saisons de croissance consécutives équivaut
à une diminution de productivité de 20 %. Les
années de dommage consécutives prolongent la durée
nécessaire pour que les plantations atteignent la fermeture
du couvert alors que les activités de débroussaillage
ne sont plus nécessaires.
Les solutions étudiées pour réduire les
dommages par le broutage ont été le contrôle
de la population de cerfs, le clôturage et les manchons
forestiers individuels. Le contrôle de la population de
cerfs par la chasse a été considéré,
mais on a déterminé qu’il ne convenait pas pour
des raisons évidentes. Le clôturage a également
été considéré, mais les frais d’installation,
l’entretien continuel, les problèmes de permanence et de
responsabilité rendent cette option inappropriée.
La seule solution qui semblait viable était les manchons
forestiers individuels parce qu’ils sont peu coûteux, nécessitent
un entretien minime et peuvent être enlevés facilement
lorsqu’ils ne sont plus nécessaires. Après avoir
examiné les divers manchons disponibles, les manchons en
croissance libre non concurrentielle (Freegro) ont été
choisis pour un essai sur le terrain.
Dan Carson avec manchon «Freegro»
|
Le projet a consisté fondamentalement
à utiliser un petit nombre de ces manchons pour déterminer
l’efficacité contre le broutage, de la facilité
d’installation et les problèmes opérationnels
d’ordre général. Au total, 200 manchons Freegro
ont été installés à l’été
de 2002. Des manchons à mailles fines et extra fines
de 48 par 6 pouces de diamètre ont été
choisis pour le projet. Les manchons ont été
installés à la fin de juin, environ cinq semaines
après la plantation et ont été enlevés
à la fin d’avril 2003.
Les résultats de l’essai informel ont dépassé
nos attentes. Les protecteurs de semis ont pratiquement
éliminé les dommages par le broutage des cerfs.
L’aspect le plus important est qu’ils n’ont pas entravé
les activités de soins sylvicoles du peuplement :
passage des disques, charrue rotative et labourage avec
un blaireau. On n’a constaté aucune différence
remarquable de la classe de diamètre entre les arbres
protégés et les arbres non protégés.
La croissance des mauvaises herbes a été supprimée
à l’intérieur du manchon près de l’arbre. |
Les manchons ont également encouragé les flèches
uniques, ce qui réduit grandement la nécessité
du démariage et de l’émondage. Le résultat
le plus intéressant et inattendu a été les
taux de croissance accrus avec les manchons. Grâce à
des mesures informelles, on estime qu’au cours de l’été
dernier, l’augmentation de la hauteur a été de près
de 30 cm par semaine.
Le concepteur des manchons a indiqué que le taux de croissance
accru est attribuable aux pressions de vapeur réduites
à l’intérieur des tubes de mailles pendant la partie
la plus chaude de la journée. Les manchons Freegro sont
réutilisables et peuvent être entreposés facilement.
Scott Paper a décidé de les utiliser de façon
opérationnelle dans nos plantations intensives de peupliers
hybrides.
Pour obtenir plus d'information, communiquez avec Freegro Enterprises/Certified
Plant Shelters (www.freegro.com).
Début
Programme de culture du peuplier
Chuck Kaiser, Alberta-Pacific Forest Industries Inc.
Sécheresse, insectes, maladies, mauvais marchés,
perte de la ferme familiale - les fermiers affrontent plus de
défis aujourd’hui que jamais auparavant. Le Programme de
culture du peuplier d’Alberta-Pacific Forest Industries Inc. offre
aux fermiers une nouvelle option qui les aide à relever
ces défis en louant leur terre pour planter des arbres.
Grâce au Programme de culture du peuplier, Alberta-Pacific
cherche à louer 25 000 hectares (60 000 acres)
de terre au cours des 20 prochaines années, au rythme d’environ
1 200 hectares (3 000 acres) par année afin de
planter des peupliers à croissance rapide qui seront prêts
à récolter dans 15 à 25 ans.
Le programme offre aux propriétaires locaux une source
de revenu stable, quelles que soient les conditions des marchés
ou météorologiques, et un moyen de maintenir leur
propriété dans avoir à faire le travail requis
dans l’agriculture traditionnelle pour la rendre productive. La
terre doit se trouver à moins de 200 kilomètres
de l’usine d’Alberta-Pacific, doit être une propriété
privée et doit présenter des conditions de sol,
d’eau et topographiques adéquates.
Le programme exige une superficie minimale de 160 acres dans
une zone d’un mille. Cela signifie que les voisins ayant des terres
plus petites (aussi peu que 30 acres) peuvent former une équipe
pour les rendre viables pour qu’Alberta-Pacific récoltent
et transportent le bois de leurs boisés de peupliers. Il
s’agit d’une option attrayante pour de nombreux fermiers qui envisagent
la retraite ou qui recherchent une source de revenu qui ne fluctuera
pas selon des conditions indépendantes de leur volonté.
En plus d’une source de revenu stable et diversifiée,
le programme de culture du peuplier offre d’autres possibilités
d’emploi et de développement économique. Les arbres
ont besoin d’un entretien comme le contrôle des mauvaises
herbes les cinq premières années (jusqu’à
ce qu’ils dépassent les herbes et d’autres compétiteurs),
de sorte que des contrats d’entretien sont offerts aux propriétaires
ou à d’autres membres de la communauté qui ont l’équipement
nécessaire et qui aimeraient ajouter à leur revenu.
Un rapport d’une tierce partie indépendante a démontré
que le programme donnera un investissement dans les économies
locales de 4,6 millions de dollars par année pendant les
20 premières années. Lorsque la récolte commencera,
cet investissement d’Alberta-Pacific augmentera à 12,7
millions de dollars par année.
Les valeurs actuelles nettes générées par
les scénarios de culture démontrent que les rendements
économiques pour les fermiers sont égaux, sinon
supérieurs, aux cultures agricoles traditionnelles.
Les rotations agricoles traditionnelles d’oléagineux,
de céréales et de fourrage donnent 162 $ l’acre.
La location sans contrat d’entretien donne 187 $ l’acre, et la
location avec contrat d’entretien donne 192 $ l’acre. Il a également
été démontré que les boisés
de peupliers améliorent la qualité du sol, de l’air
et de l’eau.
On ne prévoit pas que le programme aura pour résultat
une augmentation du prix de location car l’ensemble du programme
de 60 000 acres représente moins d’un pour cent des
acres affermables dans l’aire d’exploitation de 125 000 km2
du programme. Ce ne serait pas économique pour Alberta-Pacific
de payer des prix de location supérieurs à la moyenne,
et nous ne voulons pas faire monter les prix locaux de sorte qu’il
ne serait pas économique pour les autres de louer leur
terre pour la culture.
Boisés de peupliers opérationnels et recherche
Les boisés de peupliers couvrent actuellement environ
950 hectares (1 900 acres) de terres privées autour
de l’usine d’Alberta-Pacific. Les peupliers croissent à
un rythme minimum d’environ 12 mètres cubes par année,
environ six fois plus vite que les arbres dans la forêt.
Les arbres utilisés par le programme de culture du peuplier
sont le peuplier hybride tel que développé par l’Administration
du rétablissement agricole des Prairies. Ces types d’arbres
sont utilisés depuis des décennies par les programmes
de brise-vent dans les Prairies.
Alberta-Pacific a un programme intensif de recherche sur la culture
du peuplier visant à trouver et à développer
des arbres à croissance très rapide, mieux adaptés
et de qualité supérieure pour les combiner aux meilleures
pratiques sylvicoles et les utiliser dans le Programme de culture
du peuplier. Ce programme de recherche a actuellement plus de
3 000 peupliers hybrides et peupliers trembles différents
à l’essai. Tous les arbres sont testés rigoureusement
avant d’être recommandés pour une utilisation opérationnelle.
Ils sont sélectionnés pour leur résistance
au froid dans le climat du nord de l’Alberta, leur taux de croissante,
les caractéristiques de qualité de leur bois et
leur résistance aux maladies et aux insectes (voir l’article
suivant pour une mise à jour complète sur le programme
de recherche sur le peuplier).
Le Programme de culture du peuplier offre une option de diversification
viable et judicieuse au plan économique aux fermiers dans
un rayon de 200 kilomètres de l’usine d’Alberta-Pacific.
Si vous, ou quelqu’un que vous connaissez, êtes intéressé
à en savoir davantage sur le Programme de culture du peuplier,
communiquez avec Allan Robertson au 525-8357 ou avec Chuck Kaiser
au 525-8027.
Début
Mise à jour sur le programme de
recherche sur le peuplier d’Alberta-Pacific Forest Industries
Inc.
Dr. Barb Thomas, Alberta-Pacific Forest Industries Inc.
L’équipe de recherche sur la culture du peuplier a connu
une autre année affairée à Alberta-Pacific
Industries Inc. Notre premier essai du peuplier tremble hybride
avec notre stock reproductif a été installé
avec un total de 68 familles croisées contrôlées
(dont 36 peupliers hybrides et 21 peupliers indigènes).
L’hybridation a continué en 2003 avec notre peuplier indigène
(Populus tremuloides) et des sources de pollen exotique
(P. davidiana, P. tremula).
Au total, 90 nouvelles familles ont été produites
en conjonction avec l’Administration du rétablissement
agricole des Prairies (ARAP) et sont à divers stades des
essais en serre et en pépinière. Nous devrions compléter
cette année notre programme d’hybridation dans ce domaine.
Les espèces utilisées pour ce programme comprennent
Populus balsamifera, P. maximowiczii, P. x petroskyana, P.
deltoides et P. nigra.
Les nouveaux essais de la recherche sur le peuplier hybride ont
mis l’accent davantage sur la sylviculture que sur les éléments
génétiques. Ces essais comprennent un essai sur
la densité opérationnelle utilisant quatre de nos
clones de peuplier hybride commercial dans trois configurations
spatiales différentes pour déterminer quelle densité
de plantation produira le rendement optimal. Un dernier essai
installé a été le dernier de 14 expériences
menées en conjonction avec les docteurs Annie DesRochers
et Bob van den Driessche, portant sur la fertilisation au début
de l’établissement et pendant la croissance.
Sept nouveaux essais expérimentaux en génétique
et en sylviculture sont prévue pour 2003 et comprennent
des essais sur le peuplier hybride, un essai sur le bouleau indigène
et un autre essai opérationnel pour déterminer la
fertilisation optimale dans les plantations au début et
en mi-rotation.
Voici les nouveaux projets de recherche en cours :
- détermination des flux de carbone dans différentes
plantations de peupliers hybrides âgés
- compréhension de la résistance au chancre septorien
des peupliers hybrides
- évaluation sur 10 ans des propriétés
de la qualité du bois
- examen de la sécheresse à un stade précoce
pour les peupliers hybrides et les peupliers trembles
Une autre priorité est le recrutement d’un spécialiste
de la croissance et du rendement dans le cadre du Programme de
bourses de recherche industrielles du CRSNG.
Parmi les membres du programme de recherche, mentionnons Dave
Kamelchuk, Line Blackburn et Sue Crites. Jeremy Hayward s’est
joint à l’équipe des opérations de culture
du peuplier. Annie DesRochers a accepté un poste à
la faculté de l’Université du Québec. Pour
obtenir plus d’information sur les projets susmentionnés
ou d’autres initiatives de recherche, communiquez avec Barb Thomas
à thomasba@alpac.ca.
Début
Brigitte Bigué, Université Laval
En activité depuis novembre 2001, le Réseau Ligniculture
Québec est un regroupement de recherche et de développement
novateur qui réunit la majorité des forces vives
en ligniculture au Québec. Cela comprend des partenaires
de milieux aussi diversifiés que les universités,
les industries forestières, les gouvernements provincial
et fédéral et des organismes du secteur privé.
Le Réseau est le résultat d’une synergie entre des
intervenants de divers secteurs qui unissent leurs forces et leurs
compétences à l’atteinte d’un objectif commun :
l’acquisition de connaissances et le développement d’une
expertise en ligniculture.
La mission du Réseau Ligniculture Québec est de
coordonner et soutenir les efforts québécois de
R&D et de transfert de technologie en ligniculture, en collaboration
avec les partenaires. Cinq principaux champs de recherche sont
visés, à savoir l’amélioration génétique
et la physiologie des essences à croissance rapide, la
croissance et le rendement des plantations, le maintien de la
santé des plantations, le maintien de la fertilité
des sols et, finalement, la mise au point de stratégies
de déploiement et d’implantation des aires intensives de
ligniculture et l’analyse de leurs impacts aux plans environnemental
et socio-économique.
L’initiative du Réseau s’inscrit dans la foulée
des discussions entourant la future politique d’intensification
d’aménagement forestier du ministère des Ressources
naturelles du Québec et aussi celles touchant l’aménagement
forestier durable basé sur le principe de la TRIADE (ou
QUAD), où une certaine proportion du territoire pourrait
être aménagée avec des essences à croissance
rapide (on parle de 4 % du territoire). À titre d’exemple,
au Québec, les peupliers hybrides et les mélèzes
hybrides sont des essences à croissance rapide qui peuvent
offrir une production moyenne de 15 m3 par hectare
par année comparativement à 2 m3 pour
les forêts naturelles exploitées de façon
conventionnelle. D’autres essences à haut rendement peuvent
aussi être envisagées dans un scénario de
ligniculture telles l’épinette blanche génétiquement
améliorée et l’épinette de Norvège.
Le Réseau Ligniculture Québec réalise une
vaste gamme d’activités. En effet, le Réseau initie
des projets de recherche en ligniculture qui sont développés
en partenariat et qui répondent aux besoins du milieu tout
en permettant le recrutement de la meilleure expertise scientifique
et technique. De plus, diverses activités de diffusion
sont organisées, telles des conférences, des réunions
annuelles, des séminaires, des colloques ainsi que des
ateliers régionaux. Également, des activités
de transfert technologique sont réalisées à
travers des revues de la littérature, des notes techniques,
des articles de journaux, de la vulgarisation scientifique, des
communications publiques et des articles publiés dans des
revues spécialisées. Enfin, le Réseau vise
à mettre en place un important réseau de dispositifs
expérimentaux en plantation dans plusieurs régions
du Québec.
Plusieurs partenaires joignent les rangs pour développer
en partenariat les activités du Réseau. Il s’agit
de partenaires universitaires (Université Laval, Université
du Québec à Montréal, Université du
Québec en Abitibi-Témiscamingue, Université
de Montréal, Université de Sherbrooke, Université
McGill), de six partenaires industriels (Abitibi-Consolidated,
Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM, Domtar, Louisiana-Pacific,
Norampac, Smurfit-Stone), des gouvernements (Ministère
des Ressources naturelles du Québec, Service canadien des
forêts) de même que des partenaires du secteur privé
(FERIC, Forintek, RESAM).
Tout intervenant qui s’intéresse, de près ou de
loin, à la plantation d’essences à croissance rapide
peut participer aux activités du Réseau Ligniculture
Québec. Pour bénéficier des ressources du
Réseau dans le cadre d’activités de recherche ou
de transfert technologique ou pour d’autres renseignements, n’hésitez
pas à communiquer avec nous, ou bien consultez le site
Web du Réseau à l’adresse suivante : www.unites.uqam.ca/rlq.
Début
Jim Richardson, directeur technique, Conseil du peuplier du
Canada
[Le directeur technique a passé récemment deux
mois en Nouvelle-Zélande. Bien que l’objectif de la visite
était partiellement personnel et partiellement associé
à ses intérêts pour la bioénergie,
on a pensé qu’un bref rapport sur la foresterie en Nouvelle-Zélande
en général intéresserait les lecteurs du
Bulletin du Conseil du peuplier.]
La Nouvelle-Zélande, ou pour utiliser son nom maori Aotearoa
- « terre du long nuage blanc » - est une pays petit
mais très beau de paysages divers et dont la faune et la
flore sont fascinantes. Ensemble, les îles du nord et du
sud, qui sont à peu près de dimension égale,
occupent une superficie inférieure à la moitié
du Manitoba. La petite population humaine, qui dépassait
à peine la marque de 4 millions au début de cette
année, est souvent comparée ironiquement à
la population de 30 millions de moutons, mais la densité
de la population est quand même de 4 fois celle du Canada.
Toutefois, plus de la moitié de la population vit dans
les 3 plus grandes villes - Auckland (la «grande ville du Pacifique
sud»), Wellington (la capitale) et Christchurch - de sorte que
les régions rurales sont peuplées de façon
éparse. En majeure partie, la population est d’ascendance
britannique et la culture britannique est très en évidence :
les sports les plus populaires sont le rugby et le cricket et,
chose curieuse, le netball pour les femmes. Les Maoris représentent
14 % de la population et leur arrivée à Aotearoa
remonte à une série de migrations vers le Pacifique
sud, probablement autour de l’an 1000.
La situation de la Nouvelle-Zélande comme masse continentale
isolée entourée de milliers de kilomètres
d’océan et le fait qu’elle a été sans colonisation
humaine jusqu’à récemment il y a environ 1000 ans
font que sa vie animale et sa végétation ont évolué
sans les pressions qui existaient ailleurs. Comme il n’y avait
aucun prédateur animal de grande taille, de nombreuses
espèces d’oiseaux coureurs ont évolué, espèces
qui ont souffert gravement suite au contact humain et avec les
animaux qui accompagnaient les humains - chiens, chats, rats,
etc. Ces oiseaux donnaient une bonne alimentation et la chasse
était trop facile. Le moa géant, un des oiseaux
les mieux connus de la Nouvelle-Zélande, a été
chassé jusqu’à son extinction à la fin du
17e siècle. Le kiwi, l’emblème national,
lui aussi un oiseau coureur et nocturne, est menacé et
on le rencontre rarement à l’état sauvage.
En dehors des bovins et des moutons, les animaux les plus courants
ont tous été introduits et plusieurs sont considérés
comme des parasites - particulièrement les lapins et les
opossums. Ces derniers ont été introduits d’Australie
et leur nombre s’élève maintenant à quelque
70 millions, mangeant environ 7 millions de tonnes de végétation
par année, particulièrement des espèces indigènes
délicates. Il y a maintenant des chasses à l’opossum
organisées pour essayer de réduire les populations,
et on a trouvé un bon usage de la fourrure d’opossum qui,
combinée à la laine, permet de fabriquer des chaussettes,
des gants et des chapeaux très doux et confortables.
Bille de kauri ancien de 30 000
ans extraite d’une tourbière et utilisée
pour fabriquer un escalier en spirale inhabituel - Northland,
North Island.
Relique d’un grand kauri, probablement
de 2000 ans - Coromandel Peninsula, North Island. À
noter la «brousse indigène» à l’arrière.
|
La végétation indigène est menacée
par les opossums plus que voraces. Pratiquement toute la
forêt ancienne a été bûchée
ou brûlée, ou elle a été remplacée
par les pâturages et la terre arable. L’expression
«brousse indigène» est plus couramment utilisée
en Nouvelle-Zélande que l’expression «forêt
ancienne» et elle décrit très bien ce qui
est souvent une masse broussailleuse dense d’arbres indéfinis.
Les fougères arborescentes sont une caractéristique
commune de la forêt indigène, avec des tiges
de 5 à 7 mètres couronnées de larges
frondes. La plupart des espèces d’arbres indigènes
sont à feuillage persistant et sont sans rapport
avec les espèces de l’hémisphère nord.
Ils n’ont généralement pas de fleurs en évidence,
à l’exception du «pohutakawa» (Metrosideros excelsa),
connu également comme l’arbre de Noël de Nouvelle-Zélande,
|
pas tellement pour son feuillage ou sa forme mais parce qu’il
produit des masses de fleurs rouges en pointe brillantes vers
la Noël qui est naturellement au milieu de l’été
en Nouvelle-Zélande. Le kauri autrefois légendaire,
ou pin blanc, est maintenant réduit à quelques arbres
isolés ou à de très petits peuplements, mais
il y a des spécimens vraiment impressionnants de plus de
2000 ans et de 5 mètres de diamètre. Le «kauri ancien»
est encore plus impressionnant et il a été tiré
des tourbières dans certaines parties de l’extrémité
nord de la North Island où on le transforme en mobilier
et autres articles d’artisanat. Ce sont des arbres de 30 000
à 50 000 ans et ils ne sont pas fossilisés
mais sont encore du bois. Le mobilier fabriqué avec des
billes de kauri ancien se vend jusqu’à 35 000 $ pièce!
La Nouvelle-Zélande a d’autres espèces de bons arbres
de très grande taille - rimu, totara, rata - mais ils sont
moins bien connus à l’extérieur du pays.
Essentiellement toute la forêt indigène est maintenant
préservée de toute récolte et il y a un certain
nombre de plans pour replanter des espèces indigènes,
particulièrement le kauri. La foresterie en Nouvelle-Zélande
est essentiellement basée sur les plantations d’espèces
exotiques, dont la plus courante est de loin le pin de Monterey
(Pinus radiata). Il y a en Nouvelle- Zélande un
mouvement écologique solide et actif, et les environnementalistes
y ont conclu une entente intéressante avec l’industrie
forestière grâce à laquelle la forêt
indigène a été protégée de
l’exploitation et, en retour, l’industrie a pratiquement les mains
libres quant à la gestion des plantations. Le pin de Monterey
est aménagé très intensivement selon des
rotations de 12 à 15 ans. L’émondage et la fertilisation
aérienne sont de pratique courante et la coupe à
blanc à la fin de la rotation peut être choquante
selon les normes nord-américaines contemporaines. Plusieurs
plantations sont sur des pentes escarpées où le
débardage par câble est une pratique normale, mais
les rideaux d’arbres au bord du chemin, les arbres de refuge faunique
et la préoccupation pour l’esthétique du paysage
semblent être inconnus dans ces plantations. Les sites récoltés
sont vite replantés avec des produits de programmes de
sélection intensive, mais le pin de Monterey n’est pas
un arbre très joli, tendant à avoir de lourdes branches
et des tiges un peu torses, rendues plus évidentes par
l’émondage à 4 ou 5 mètres dans les peuplements
plus jeunes. L’émondage vise à améliorer
la qualité du bois à l’âge de la rotation
et la recherche est en cours pour développer des produits
du bois de plus grande valeur.
Les plantations de pin de Monterey sont loin d’être la
seule végétation exotique qu’on rencontre en Nouvelle-Zélande.
En fait, la majeure partie de la végétation la plus
frappante du paysage vient d’ailleurs. La deuxième espèce
d’arbre la plus plantée dans les plantations est le Douglas
taxifolié. Naturellement, le pâturage est partout,
sauf sur les pentes les plus escarpées et dans les parcs
nationaux (dont trois font partie du Patrimoine mondial). Les
plantes subtropicales aux fleurs colorées comme le bougainvillée,
le camélia et d’autres abondent dans les parcs et les jardins.
Les vignobles et les vergers de pommes, d’agrumes et de kiwis
sont des éléments importants du secteur agricole.
(Les vins de Nouvelle-Zélande sont excellents, particulièrement
les blancs sauvignon et chardonnay; essayez-les si vous avez une
chance.) À certains moments de l’année, les lupins
multicolores sont magnifiques à voir à l’état
sauvage le long des routes. Ailleurs, des océans de bruyère
pourpre à la hauteur de la taille et de fougère
verte couvent les collines. Les formes pyramidales étrangement
géométriques des pins de l’île Norfolk sont
courantes dans les villes et villages. Toutes ces plantes sont
exotiques, et pourtant il y a des caractéristiques du paysage
qui s’enregistrent souvent le plus clairement dans la mémoire
mais qu’on ne trouve jamais dans les livres dont le but est de
décrire les arbres ou la végétation de la
Nouvelle-Zélande. Certaines des espèces exotiques
les plus attrayantes croissant maintenant à l’état
sauvage sont paradoxalement les cibles de campagnes pour les éradiquer.
Les peupliers et les saules sont également des espèces
ligneuses exotiques en Nouvelle-Zélande. Les peupliers
de Lombardie ont été beaucoup plantés et
les lignes de leur étroite couronne allongée caractéristique
sont un élément courant du paysage agricole où
ils ont été plantés comme brise-vent et pour
l’esthétique. L’hybridation du peuplier est en cours depuis
plusieurs années, l’accent portant sur des hybrides du
Populus deltoïdes, et on s’intéresse beaucoup
aux possibilités que présentes des espèces
de Chine. En grande partie, la plantation a visé la protection
et l’assainissement de l’environnement - protection des cours
d’eau et contrôle de l’érosion sur les collines escarpées.
Comme dans plusieurs autres parties du monde, les maladies de
la rouille posent un problème majeur pour les peupliers
en Nouvelle-Zélande. Malheureusement, la recherche sur
le peuplier est une priorité négligeable du gouvernement
et le seul scientifique actif s’intéressant au peuplier,
Lindsay Fung, qui est membre du comité exécutif
de la Commission internationale du peuplier, lutte pour obtenir
des fonds pour assurer la continuité de son programme de
recherche.
De retour à Ottawa à
la fin de mai après presque deux mois en Nouvelle-Zélande,
nous sommes frappés par la différence des
saisons. À ce moment, c’était presque l’hiver
en Nouvelle-Zélande et les arbres décidus
de l’hémisphère nord introduits avaient changé
de couleur. Toutefois, la neige et le gel sont inhabituels
toute l’année, sauf en plus haute altitude et dans
l’extrême sud. Les températures de l’est de
l’Ontario à notre retour étaient à
peu près les mêmes que celles que nous avions
eu en Nouvelle-Zélande. Lorsque nous avons quitté
la Nouvelle- Zélande, le soleil était bas
dans le ciel à 17 heures et la noirceur était
complète à 18 heures, alors qu’à Ottawa
à la fin du printemps, il fait clair jusqu’à
21 heures. En fait, la Nouvelle-Zélande est une terre
de paradoxe. |
Les coloris automnaux à l’Eastwoodhill
Arboretum, près de Gisborne, North Island - réputé
pour être l’une des plus importantes et anciennes
collections d’espèces d’arbres de l’hémisphère
nord dans l’hémisphère sud.
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Début
Conseil du peuplier du Canada - Réunion annuelle 2003
La réunion annuelle du CPC aura lieu à Rouyn-Noranda
(Québec) du 16 au 19 septembre 2003.
L’Université du Québec en Abitibi-Temiscamingue
(UQAT), le Réseau Ligniculture Québec (RLQ) et le
Centre de Technologie des Résidus Industriels (CTRI) arrangeront
la réunion conjointement.
XXIe Congrès forestier mondial
Le Congrès forestier mondial, «La forêt, source
de vie», aura lieu à Québec (Québec) du 21
au 28 septembre 2003. Pour de plus amples informations, visiter
www.wfc2003.org.
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Last edit:
2006-12-21
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