Le
Bulletin - mars 1998
Dans ce numéro
John Doornbos
Ma dernière année à la présidence a été intéressante et productive.
J'ai pu voir apparaître de nouvelles possibilités d'aménagement
du peuplier et j'ai eu la chance de rencontrer de nombreuses personnes
s'intéressant à tous les aspects de la gestion du peuplier. Le
domaine de l'amélioration des arbres, plus particulièrement la
biotechnologie, a notamment été à l'honneur cette année.
Le secteur agricole a accompli de progrès importants dans ce
domaine, et le secteur forestier, notamment le volet s'intéressant
aux peupliers, a commencé à en tirer des enseignements et à exploiter
ces occasions. Pour ce faire, nous devrons modifier notre vision
des plantations, des arbres et des forêts. Deux tendances différentes
se dégagent à cet égard : le recours de plus en plus fréquent
à l'aménagement forestier extensif reproduisant les perturbations
naturelles sur les terres publiques, et le recours de plus en
plus répandu sur les terrains privés à un aménagement forestier
intensif faisant appel à de courtes rotations et à de nombreux
soins culturaux. Cette dichotomie aura pour conséquence d'obliger
le Conseil à desservir deux groupes distincts de clients appartenant
souvent à une même organisation. Notre vocabulaire commencera
aussi à évoluer et empruntera de plus en plus de termes au secteur
agricole.
Au nombre des principales réalisations du Conseil cette année,
mentionnons les suivantes :
- création du site Web du Conseil du peuplier;
- production du plus important bulletin d'information ce jour,
en français et en anglais;
- embauche d'un directeur technique en mai;
- participation à deux salons professionnels: le Grande Prairie
Forestry Show, en mai, et la réunion biennale de l'Association
canadienne pour l'amélioration des arbres, en août;
- succès de l'assemblée annuelle grâce aux efforts déployés par
un comité local bien organisé;
- achat d'un nouvel ordinateur et d'une imprimante (notre vieux
386 ne pouvait fonctionner avec notre site Web);
- bons résultats financiers au cours de la dernière année provenant
principalement des revenus tirés d'un contrat qui, après déduction
des coûts, représentaient 55 % de nos revenus.
Au cours de la prochaine année, le Conseil devra relever certains
défis et saisir des occasions. Le défi qui nous attend concerne
notre nombre d'adhérents et, par conséquent, nos finances. Les
cotisations versées ont toujours été à peine suffisantes pour
couvrir les coûts d'exploitation d'un modeste bureau. Le printemps
dernier, il a été décidé d'engager à contrat et à l'essai un directeur
technique, décision qui a exercé des pression supplémentaires
sur nos ressources. Nous sommes par ailleurs bien placés pour
accroître nos effectifs et travailler avec nos membres de manière
à saisir des occasions offertes par des coopératives de production
de peuplier et la recherche en biotechnologie.
Une proposition concernant l'application de la génétique de pointe
et de la biotechnologie aux peupliers du Canada est sur la table.
Ce projet permettra de définir la façon dont ces travaux seront
réalisés au pays; le Conseil du peuplier et ses membres pourraient
jouer un rôle de premier plan à cet égard.
La conférence téléphonique à laquelle ont participé quatorze
directeurs du Conseil et des membres du Conseil exécutif le printemps
dernier a été très fructueuse et a fait ressortir les possibilités
associées à cette forme de communication. Nous l'utiliserons lors
des futures réunions des directeurs.
Cette année, le Conseil reportera la fin de son exercice du 30 juin
au 31 décembre, de sorte que le présent exercice financier
(1996-1997) durera 18 mois. Ce report permettra de dissiper
toute confusion concernant le renouvellement de l'adhésion des
membres. Par conséquent, aucun état vérifié n'a encore été établi
(un état financier non vérifié est disponible sur demande). Pour
la période de 14 mois se terminant le 31 août, les recettes
ont excédé les dépenses de 7 222 $; nous disposons de
5 955 $ dans le compte courant et de 74 165 $
en CPG. Le bilan de l'année affichera une faible perte de 2 200 $.
Les pertes prévues en 1998 sont de 8 600 $ si nous conservons
à notre emploi un directeur technique.
Je remercie Carol Mardell et Jim Richardson de leur travail acharné
et de leur soutien tout au long de l'année. Je tiens également
à remercier le Service canadien des forêts de son appui incessant.
Début
Jim Richardson
Contexte
Voici le premier rapport présenté aux membres du Conseil du peuplier
par le nouveau directeur technique, poste créé à titre expérimental
par le Comité exécutif en avril de cette année. Il convient peut-être
de donner d'abord certains renseignements généraux. Au cours de
mes années comme membre élu du Conseil du peuplier et, plus récemment,
comme président, poste duquel j'ai démissionné lors de l'assemblée
annuelle de 1996, il est devenu de plus en plus évident que le
Conseil ne pourrait fonctionner efficacement qu'avec l'aide de
bénévoles. Les directeurs et les membres du Conseil exécutif travaillent
tous pour des employeurs dont les priorités ont toujours préséance
sur les engagements personnels et ils peuvent donc difficilement
consacrer autant de temps qu'ils le souhaitent aux activités du
Conseil.
Depuis plusieurs années, le Conseil a à son emploi une secrétaire
générale à temps partiel, fonction remplie avec brio par Carol
Mardell à Prince Albert. Cependant, le Conseil n'avait pas à son
service, du moins ces dernières années, une personne pouvant apporter
un soutien technique à ses projets.
Par conséquent, lorsque le Service canadien des forêts m'a offert
de prendre une retraite anticipée, j'ai décidé de tenter de combler
cette lacune et d'offrir mes services au Conseil du peuplier à
titre de directeur technique à temps partiel. Après des discussions
avec le Comité exécutif pendant l'hiver, j'ai signé en mai 1997
mon premier contrat qui s'échelonne du 1er mai 1997 au 31 mars
1998.
Mission
Aux termes du contrat, la mission du directeur général est de
fournir des services techniques et des avis au Conseil afin de
le faire connaître et de le soutenir et de recruter de nouveaux
membres. Les fonctions du directeur technique sont multiples :
a. aider à préparer les profils des sociétés membres, y compris
un relevé des besoins de l'industrie auxquels pourrait répondre
le Conseil du peuplier du Canada (CPC);
b. dresser un répertoire des membres en mettant l'accent initial
sur les sociétés membres;
c. mettre au point une trousse d'information en vue de recruter
des nouveaux membres, principalement des sociétés;
d. représenter le CPC à au moins quatre salons professionnels
du Canada, répondre aux demandes d'information technique et promouvoir
le CPC;
e. pour le compte du CPC, jouer un rôle de premier plan dans
l'élaboration et la coordination du projet de création d'une association
canadienne de la biotechnologie et de la génétique du peuplier
dont la vocation sera de faire le lien entre les besoins de l'industrie
et les capacités de recherche et de trouver du financement pour
la recherche;
f. promouvoir l'utilisation du Système d'information sur l'aménagement
du tremble (Infotremble), y compris sa vente, sous réserve d'une
entente adéquate avec le SCF, et l'enrichissement de son contenu,
le cas échéant;
g. susciter des occasions de partenariats ou de contrats afin
de rehausser le profil du CPC et de promouvoir ses objectifs et,
par l'entremise de travaux réalisés selon le régime de la rémunération
des services ou de frais de gestion de contrat, générer des revenus
pour le CPC;
h. répondre par courrier électronique, par téléphone, par télécopieur
ou par la poste à des demandes d'information technique; contribuer
au bulletin d'information du CPC et participer à l'assemblée générale
du Conseil.
Compte tenu du budget limité du Conseil, ces services sont rendus
moyennant un niveau de rémunération minime. Des primes de rendement
peuvent toutefois être versées et sont fonction des nouvelles
recettes nettes générées par le paiement des cotisations, par
l'exécution de travaux dans le cadre d'un projet et par des travaux
réalisés selon le régime de la rémunération des services. À titre
de directeur technique, j'occupe un bureau fourni gracieusement
par mon ancien employeur, la Direction générale des sciences du
Service canadien des forêts (SCF) à Ottawa, qui a également la
générosité de me fournir un ordinateur, un téléphone et un télécopieur.
Je consacre en moyenne deux jours par semaine aux affaires du
Conseil du peuplier.
Progrès accomplis
Au cours des cinq mois écoulés depuis la création de ce poste,
des progrès ont été réalisés à plusieurs égards. Nous avons préparé
un questionnaire d'enquête à l'intention des membres, lequel devrait
permettre au Conseil d'obtenir une foule de renseignements sur
les intérêts, les compétences, les services et les besoins de
nos membres, notamment des sociétés. L'envoi postal du questionnaire
rédigé en anglais et en français a été reporté jusqu'à ce que
le projet en matière de biotechnologie, qui est actuellement en
voie d'élaboration, soit prêt.
Nous résumerons les résultats de cette enquête à l'intention
du Comité exécutif, notamment en ce qui concerne les besoins des
membres, et nous les publierons dans le bulletin d'information.
Les données ainsi recueillies, en particulier sur les sociétés
membres, serviront aussi de base à l'établissement d'un répertoire
des membres.
Un certain nombre d'associations industrielles et techniques
produisent de tels répertoires qui constituent des véhicules publicitaires
pour les membres et dont la vente représente une source de revenus
supplémentaires. Un répertoire des membres du Conseil du peuplier
pourrait servir à recruter d'autres membres. Il fournirait à chacun
d'eux des renseignements sur les produits et les services offerts
ainsi que sur l'ampleur et le lieu des opérations menées, de même
que les coordonnées de personnes ressources.
Le directeur technique et le président, M. John Doornbos,
ont assuré la permanence au stand du Conseil du peuplier lors
du Northern Alberta Forestry Show qui s'est tenu à Grand Prairie
du 8 au 10 mai. Le stand a attiré un bon nombre de visiteurs
qui s'intéressaient principalement à l'exploitation du peuplier
faux-tremble et du peuplier deltoïde dans le nord de l'Alberta
et en Colombie-Britannique. Nous avons contacté un certain nombre
de clients potentiels et nous les avons ensuite rappelés, démarche
qui a donné lieu au recrutement d'une nouvelle société.
Plus récemment, le directeur technique a représenté le Conseil
lors du congrès bisannuel de l'Association canadienne pour l'amélioration
des arbres (ACAA) qui s'est déroulé du 18 au 21 août dans
la ville de Québec. Les 200 participants provenaient de toutes
les régions du Canada ainsi que de nombreux autres pays. Ils représentaient
l'industrie, les gouvernements et le milieu universitaire. Nombre
d'entre eux se sont montrés vivement intéressés à l'amélioration
génétique du peuplier, notamment par la biotechnologie. Un symposium
de l'IUFRO sur la biotechnologie des arbres s'était déroulé au
même endroit la semaine précédente et bon nombre des participants
à cet événement sont restés pour assister au congrès bisannuel
de l'ACAA. Les membres du CPC seront heureux de savoir que le
premier essai au champ de matériel de reproduction transgénique
(c.-à-d., de plantes mises au point par génie génétique) a été
entrepris près de la ville de Québec par des chercheurs du SCF
au cours de la semaine où s'est déroulée la réunion de l'ACAA
et que le matériel utilisé provenait du peuplier hybride. Des
documents sur le CPC ont été distribués lors de ce congrès bisannuel
ainsi qu'à la Troisième conférence des Amériques sur la biomasse,
un événement international majeur (400 participants) qui
s'est tenu à Montréal du 25 au 28 août.
Le projet de consortium ou de réseau sur la biotechnologie du
peuplier au Canada sera présenté et examiné lors de l'assemblée
annuelle du CPC. À titre d'organisme indépendant représentant
toutes les parties intéressées, le Conseil du peuplier du Canada
pourrait jouer un rôle majeur dans l'élaboration et la coordination
de cette initiative. De plus amples renseignements sur ce projet
sont présentés plus loin dans le bulletin d'information.
Au nombre des autres activités, mentionnons l'accord de principe
intervenu avec le SCF et en vertu duquel le CPC assurera la promotion
et la vente du Système d'information sur l'aménagement du tremble
mis au point par le SCF. Aucune proposition concrète de sous-traitance
ou de partenariat n'a encore été soumise au CPC, mais le réseau
sur la biotechnologie du peuplier pourrait offrir des possibilités
à exploiter. Nous répondons constamment à des demandes de renseignements
techniques qui permettent généralement de promouvoir l'adhésion
au CPC. Une certaine partie de la correspondance de nature technique
concerne les relations qu'entretient le CPC à l'échelle internationale
par l'entremise de la Commission internationale du peuplier, sur
le Comité exécutif dont je suis un membre élu.
L'avenir
Cet automne et cet hiver, le directeur technique s'occupera principalement
de l'enquête auprès des membres, y compris le suivi et l'analyse
des résultats, et de la préparation ultérieure d'un répertoire
des membres. Selon les décisions prises lors de l'assemblée annuelle
et les possibilités de financement, la mise sur pied et la coordination
d'un réseau sur la biotechnologie du peuplier pourraient également
représenter une activité majeure.
Le CPC doit prendre des décisions sur sa participation future
à des salons professionnels et à des conférences; il doit examiner
soigneusement à quels événements il souhaite participer et la
forme que prendra sa participation, surtout que les coûts liés
à de tels événements peuvent être considérables, notamment les
frais de location d'un stand. Il est impossible d'affirmer qu'on
pourra en retirer des avantages financiers immédiats.
Mon contrat actuel avec le CPC se terminer à la fin de mars.
À cette date, le Comité exécutif devra évaluer les services rendus
et déterminer si le contrat doit être renouvelé et, dans l'affirmative,
établir quels en seront les conditions et les objectifs. Mon expérience
comme directeur technique s'est avérée positive jusqu'à maintenant.
De nombreuses personnes ont communiqué avec moi au sujet des peupliers
et du CPC. J'ai eu le plaisir de travailler avec le Comité exécutif,
notamment avec le président, M. John Doornbos, et avec notre
compétente et efficace secrétaire générale, Carol Mardell. Pour
la première fois de son histoire, le Conseil du peuplier du Canada
a à son service des employés dans l'est et dans l'ouest du pays.
Début
Carol Mardell
Depuis l'AGA de l'an dernier, nous nous sommes consacrés aux
projets proposés lors de l'assemblée et des conférences téléphoniques
qui ont eu lieu. Une page d'accueil a été créée sur l'Internet
et est encore en construction. Nous avons éprouvé certains problèmes
au départ. Nous avons engagé à contrat une autre personne pour
en effectuer la conception, et elle a fait un excellent travail.
Les rubriques qu'on y trouve sont les suivantes : Comment
nous joindre; Qui sommes-nous?; Que faisons-nous? Nos coordonnées;
Faits saillants du bulletin d'information; et Liens vers d'autres
sites. Nous comptons y présenter une liste à jour des publications
et un babillard. Depuis l'implantation du site, nous avons eu
quelques demandes de renseignements et probablement recruté un
nouveau membre. Depuis le 1er juin 1997, notre site a été
visité à 206 reprises. Consultez-le, si ce n'est déjà fait,
et faites-nous parvenir vos commentaires et vos suggestions par
courrier électronique.
Le bulletin d'information a été expédié par la poste au printemps.
Avec ses 24 pages, il était l'un des plus volumineux produits
à ce jour. Il a été publié en anglais et en français. Sa préparation
a été plus longue que prévu. Nous sommes pratiquement partis de
zéro, puisque aucune représentation homogène n'avait été utilisée
au fil des ans. Il s'agit du premier bulletin d'information que
John et moi avons produit ensemble. Jim Richardson et Jean-François
Côté nous ont aidés à le traduire. Leur collaboration a été très
appréciée. Puisque nous disposons maintenant d'une présentation
de base, nous devrions être en mesure de faire paraître plus rapidement
les prochains numéros.
Au cours de la nouvelle année, nous avons également obtenu un
contrat pour fournir les services administratifs et organisationnels
lors d'une conférence sur les partenariats d'affaires en foresterie
avec des Autochtones qui s'est tenue à Saskatoon les 26 et 27 février
1997. Ce contrat a été conclu par l'entremise du SCF à Edmonton
et comportait également d'autres travaux liés au projet.
Les membres du Comité exécutif ont tenu une conférence téléphonique
le 14 janvier 1997 et ceux du Conseil d'administration, le
28 février 1997. Quatorze personnes ont participé à cette
dernière conférence qui a donné lieu à de nombreuses discussions.
Cette année, les membres ont pris du temps à payer leurs cotisations.
Un avis a été annexé au bulletin d'information et à la trousse
sur l'AGA de 1997 qui ont été expédiés par la poste. Un autre
avis a fait l'objet d'un envoi postal distinct en septembre. À
l'heure actuelle, nous comptons 114 membres, dont 20 sociétés,
48 membres affiliés, 43 particuliers et 3 étudiants.
Début
Jim Richardson
Ariane Plourde, gestionnaire du Réseau sur la biotechnologie
des arbres et la génétique de pointe du Service canadien des forêts,
du Centre de foresterie des Laurentides à Ste-Foy, au Québec,
a commencé par présenter un bref aperçu de la mission du réseau
et de ses programmes. La mission du réseau est la suivante :
générer de nouvelles connaissances et technologies fondées sur
les processus vitaux qui s'appliquent à l'amélioration de la qualité,
de la productivité et de la santé des arbres, et les utiliser
conformément à de sains principes écologiques et génétiques. Il
comporte quatre programmes : génétique de pointe, génie génétique,
embryogenèse somatique chez les conifères et stratégies de dissémination
d'arbres génétiquement améliorés. Le SCF, qui mettait autrefois
l'accent sur l'amélioration des arbres, fait maintenant converger
ses efforts vers la génétique et la biotechnologie.
Mme Plourde a constaté la nécessité d'accroître la productivité
future des forêts grâce à la ligniculture, dans le respect des
grands principes de développement durable qui sont maintenant
préconisés. Un aménagement plus intensif faisant appel à des peupliers
hybrides pourrait se traduire par une productivité accrue. À l'heure
actuelle, les peuplements naturels de peupliers ont une productivité
d'environ 2,5 m3/ha/année. Le recours à la plantation de
clones indigènes sélectionnés pourrait la faire passer à 3,3 m3/ha/année,
tandis que la ligniculture de clones hybrides pourrait la faire
grimper jusqu'à 10 m3/ha/année. De cette façon, nous pourrions
tirer plus d'avantages d'une assise territoriale réduite et consacrer
une superficie beaucoup plus grande à la conservation de la biodiversité
et à d'autres « produits » forestiers naturels.
Une coopérative canadienne de recherche sur la biotechnologie
du peuplier pourrait rapprocher la recherche des besoins des clients.
Elle constituerait un bon outil de transfert de la technologie.
Différentes parties intéressées pourraient combiner leurs ressources
pour accroître la recherche. Des volets de formation pourraient
y être ajoutés à mesure que l'expertise canadienne grandira. Ce
domaine de recherche jouirait ainsi d'une plus grande visibilité.
Une coopérative pourrait fournir une expertise en génétique et
en amélioration des arbres, apporter des solutions à des problèmes
biotiques et offrir des possibilités d'accroître la productivité
ainsi que d'autres avantages.
Pierre Charest, chef de la Commercialisation et des partenariats
de la Direction générale des sciences du Service canadien des
forêts à Ottawa, en Ontario, a exposé plus en détail comment une
coopérative canadienne de recherche en biotechnologie pourrait
permettre de répondre aux besoins perçus des clients. Elle permettrait
de mettre rapidement au point des génotypes d'élite. Les travaux
seraient axés sur les conditions climatiques au Canada. La coopérative
s'ajouterait à d'autres organisations coopératives existantes
comme la Tree Genetics Engineering Research Co-op (TGERC), établie
à l'Oregon State University, le Plant Molecular Genetics Network
(PMN), de l'University of Washington, et la Western Boreal Aspen
Cooperative (WBAC). Bien que limités et dispersés, les efforts
de recherche actuellement déployés au Canada pourraient ainsi
être coordonnés. Enfin, il serait plus facile de trouver du financement.
Certains facteurs existants viennent augmenter les chances de
succès d'une telle coopérative. Le Canada compte un solide noyau
de chercheurs oeuvrant dans le domaine de la biotechnologie du
peuplier. Les établissements de recherche où ils travaillent pourraient
donner lieu à des recherches plus approfondies. Le Conseil du
peuplier du Canada pourrait assumer la coordination qui est essentielle.
La Stratégie nationale en matière de biotechnologie du fédéral
(qui deviendra sous peu la Stratégie canadienne en matière de
biotechnologie) est une source de financement.
M. Charest a décrit plusieurs autres mesures qu'il faudra
prendre pour concrétiser la stratégie canadienne en matière de
biotechnologie du peuplier. Par l'entremise du FAAR Biotechnology
Group Incl. d'Ottawa, le SCF a déjà entrepris une étude d'autres
consortiums de recherche du genre et des exigences juridiques
entourant la création d'une coopérative. Après des consultations
qui seront menées auprès de toutes les parties, une demande de
financement sera présentée au Fonds de la Stratégie nationale
en matière de biotechnologie. Une réunion de tous les scientifiques
s'intéressant au peuplier pourrait être organisée dès que des
renseignements plus détaillés sur l'intérêt manifesté par l'industrie
auront été recueillis.
Le Conseil du peuplier a élaboré une proposition visant à établir
dans quelle mesure les divers intervenants du Canada sont intéressés
à mettre sur pied une coopérative et à établir un plan d'action.
Préparée par Jim Richardson, cette proposition consiste à sonder
les sociétés membres du Conseil du peuplier et les autres entreprises
canadiennes utilisant le peuplier au sujet du concept de coopérative
afin de déterminer le degré d'intérêt de l'industrie et les priorités
de recherche de cette dernière. Elle comporte la tenue d'une enquête
et des visites des compagnies. On mènera aussi une enquête auprès
de partenaires de recherche éventuels afin de déterminer leur
intérêt à l'égard d'une coopérative et les capacités de recherche
associées à une telle coopérative. Les résultats de ces enquêtes
seront dépouillés et analysés et serviront à préparer un plan
d'action en vue de l'élaboration et de la mise sur pied d'une
coopérative. Ce plan comportera notamment des analyses des priorités
et des capacités de recherche de l'industrie, l'établissement
d'une structure de base de la coopérative, une liste des priorités
de recherche, une liste des membres potentiels, un projet de budget
et une liste des forces existantes ainsi que des principaux enjeux
et problèmes qui doivent être résolus. Le plan devrait être prêt
à la fin de janvier.
Un certain nombre de questions ont été soulevées lors des discussions.
Ainsi, on pourrait redéployer certaines capacités de recherche,
compte tenu de l'actuelle concentration des ressources en biotechnologie
du SCF à Québec. Le Fonds de la Stratégie nationale en matière
de biotechnologie représente une importante source de financement
en matière de biotechnologie des arbres, soit un million de dollars
par année à l'heure actuelle. Certains craignent qu'il sera
difficile de satisfaire tout le monde en raison de la vaste étendue
du territoire canadien et des objectifs et des besoins différents
de l'industrie au pays. La sensibilisation constituera également
un objectif clé de la coopérative. La MacMillan Bloedel appuie
le projet de coopérative canadienne, mais est d'avis que les travaux
de cette dernière devraient profiter à la compagnie et compléter
ceux de la TGERC; il serait utile d'obtenir de l'aide en ce qui
concerne les processus de réglementation canadiens - d'autres
abondent dans le même sens. La MacMillan Bloedel ne voit pas la
nécessité d'une orientation régionale, mais souligne l'orientation
claire et la structure simple du PMN et de la TGERC. Il serait
important que la coopérative ait un centre d'intérêt, car elle
ne pourra s'occuper de tout un chacun : il vaudrait mieux
qu'elle s'intéresse à un ou deux thèmes et obtienne de bons résultats
sur lesquels elle s'appuiera par la suite. L'enquête auprès de
l'industrie a été perçue comme une première étape essentielle,
et les visites ont été considérées comme étant très importantes.
Narinder Dhir a proposé que quelques investisseurs clés démarrent
la coopérative et exercent une certaine influence; mais certains
ont souligné que ces membres ne verraient peut-être pas d'un très
bon oeil l'arrivée de nouvelles recrues qui s'attendraient à bénéficier
de tous les avantages offerts par la coopérative. On a également
débattu du centre des opérations de la coopérative : la coopérative
devrait-elle être centralisée (PMN ou TGERC) ou décentralisée?
Il a été convenu de mettre sur pied un petit comité directeur
qui sera chargé de se pencher plus en détail sur la coopérative,
y compris sur l'enquête et le plan d'action. Les membres de ce
comité comprendront Cees van Oosten (MacMillan Bloedel),
Wayne Young (Domtar, Cornwall), Al Robertson (Alpac) et un
représentant des établissements universitaires (probablement Jean
Bousquet de l'Université Laval). Les réunions du comité seront
convoquées par Ariane Plourde et Pierre Charest. Des sociétés
qui n'oeuvrent pas dans la transformation du bois de peuplier
seront également visées par l'enquête menée auprès de l'industrie.
Début
Peter McAuliffe
Poplar Farms Division
MB Paper Ltd.
(604) 853-9693
Introduction
Le présent document décrit un régime d'aménagement général des
peupliers hybrides destinés à la production de bois à pâte et
cultivés sur des terres agricoles ou des terrains forestiers convertis
de la côte Ouest selon des révolutions de neuf à douze ans. Il
vise à aider des personnes n'ayant aucune expérience en aménagement
à se faire une idée des nombreuses activités qui se déroulent
au cours d'une révolution et à mieux comprendre ce qu'elles verront
lors des arrêts prévus pendant la visite sur le terrain.
Sélection du site
Choisir un terrain plat à ondulé (déclivité maximale de 5 %),
caractérisé par un sol à texture fine à moyenne et un bon drainage.
Éviter les sols salins, mal drainés ou trop drainés, et acides
(pH inférieur à 5,5).
Techniques culturales
Les peupliers hybrides se cultivent de façon assez semblable
aux plantes vivaces en lignes, comme le framboisier. Les champs
doivent être bien préparés et dépourvus de mauvaises herbes.
Avant la mise en terre, les lignes doivent être travaillées à
l'aide de dents et buttées à tous les dix pieds. Les arbres sont
plantés à la main dans les lignes et espacés régulièrement. Des
boutures non racinées de 45 cm provenant de clones hybrides sélectionnés
sont mises en terre à une bonne profondeur dans les lignes préparées
et ce, avant le débourrement des bourgeons au printemps. La première
année de croissance est désignée par le code R1.
Après la mise en terre, il faut poursuivre la lutte chimique
ou mécanique contre les mauvaises herbes. L'application d'un herbicide
de pré-levée vers l'époque de la plantation fait échec à la concurrence
des mauvaises herbes jusqu'à ce que les boutures soient suffisamment
robustes et puissent les combattre. On peut appliquer du glyphosphate
entre les rangées, en prenant soin toutefois à ce que les peupliers
sensibles ne meurent pas. À partir de cette époque, le glyphosphate
est le seul herbicide dont l'usage est homologué dans les plantations
de peupliers hybrides du Canada.
Pendant la première et la deuxième saison de croissance, on déchaume
les rangées entre les peupliers à raison habituellement de deux
à quatre fois. Au cours de la deuxième année, les plants ont une
hauteur de deux mètres ou plus, de sorte que le désherbage n'est
plus aussi capital. Pour maintenir une productivité élevée, il
est impératif d'enrayer les mauvaises herbes pendant les deux
premières années. Il faut prendre soin d'éliminer les graminées
qui livrent une forte concurrence aux peupliers et qui offrent
un habitat aux souris et aux campagnols. Les rongeurs aiment grignoter
le collet des jeunes peupliers pendant l'hiver, en période de
disette; leur action a pour effet d'anneler les arbres et de provoquer
leur mort. Fort heureusement, un désherbage efficace élimine l'habitat
des rongeurs qui, faute d'habitat convenable, sont la proie des
rapaces et des coyotes. Dès la troisième année, les cimes des
peupliers sont suffisamment rapprochées et aucune autre mesure
de lutte contre les mauvaises herbes n'est nécessaire.
Dans les stations à bilan nutritif déficitaire, l'incorporation
au sol des éléments nutritifs dont les teneurs sont insuffisantes
(telles que déterminées par des analyses du sol et du feuillage)
stimulera la croissance. Il faudra peut-être appliquer de nouveau
des engrais au cours de la deuxième ou de la troisième année afin
de maintenir le taux de croissance. On peut également utiliser
des engrais organiques, mais leur application est plus difficile
et plus coûteuse.
Pendant la deuxième année de croissance (R2), il faudra peut-être
procéder à des plantations intercalaires pour remplacer les arbres
perdus; on utilisera alors de « jeunes tiges » de peuplier
non racinées de 1,8 m de hauteur qui pourront rattraper les arbres
déjà établis.
À un moment donné, avant la troisième saison de croissance (R3),
il faut éclaircir tous les arbres à pousses apicales multiples
ou à branches latérales concurrentes. Cette opération est généralement
effectuée à l'aide d'un sécateur manuel au cours de la première
année de croissance (R1).
Les plantations de peupliers doivent faire l'objet d'une surveillance
étroite de façon à ce que des mesures correctives puissent être
prises rapidement en cas d'infestation ou d'infection, d'envahissement
par les mauvaises herbes ou d'atteinte à l'environnement.
Récolte
Les peupliers hybrides sont prêts à être récoltés entre l'âge
de neuf et douze ans, selon l'espacement choisi, la richesse de
la station et les soins qui ont été prodigués. Ils sont récoltés
à l'aide de machines qui permettent de manipuler efficacement
les petites tiges. Sur des terrains plus petits, il est possible
d'extraire les peupliers à la main et de les transporter au moyen
d'un tracteur de ferme jusqu'à un dépôt central.
Les billes peuvent être livrées dans une aire de triage ou mises
en copeaux sur place puis transportées par camion ou par barge
jusqu'à l'usine.
Remise en culture
Après la récolte, les racines résiduelles peuvent être extraites
à l'aide d'une pelle mécanique et empilées. On peut également
avoir recours à une pulvérisation d'herbicide, suivie d'un scarifiage
profond qui disloquera les racines et les enfouira dans le sol,
le terrain étant ensuite prêt à être replanté.
Début
Le - peuplier hybride - un
type de production végétale pour la Colombie-Britannique
R.D. Hallman, P. Ag.
Ministère de l'Agriculture, des Pêches et de l'Alimentation de
la C.-B.
(250)428-3255
Les propriétaires de terres agricoles de la C.-B. peuvent se
tourner vers une nouvelle production végétale : le peuplier hybride.
Au cours des cinq prochaines années, les plantations de cette
essence qui atteignent actuellement 1 000 hectares devraient
connaître une croissance rapide et passer à 10 000 hectares. En
1995, la BC Assessment Authority a reclassé comme production végétale
le peuplier hybride; les terres où l'essence est cultivée sont
maintenant admissibles à un taux d'imposition réduit. Cette essence
prospère dans les sols les plus productifs et exige des soins
culturaux intensifs au cours des premières années d'une révolution
de 8 à 12 ans. La capacité du peuplier hybride d'absorber des
volumes importants d'eau et de grandes quantités d'éléments nutritifs
en fait un élément utile des systèmes d'élimination des effluents.
La rentabilité de cette essence cultivée comme bois à pâte est
comparable à celle des plantes fourragères; à mesure que la demande
pour le peuplier augmentera, la rentabilité des produits de bois
s'accroîtra.
Début
Création de clones adaptés
à la vallée du bas Columbia: une approche industrielle à l'amélioration
génétique du peuplier
Brian J. Stanton
Fort James Corporation
(360)834-8342
Dans le cadre de ses efforts visant à créer des clones, la Lower
Columbia River Fiber Farm préconise une approche d'amélioration
à court terme qui permet d'obtenir en même temps des populations
récurrentes. Elle s'emploie à obtenir des hybrides de Populus
trichocarpa et de P. deltoides de génération F1 afin de favoriser
la substitution prochaine des clones inférieurs du fonds génétique
actuel et de remplacer ceux anéantis par des pathotypes évolutifs
de rouilles et ceux sensibles au déracinement par le vent. Le
matériel parental provient de la même génération que celle qui
a servi à obtenir les clones actuellement en production, mais
laisse néanmoins prévoir des gains en raison de l'augmentation
de l'intensité de sélection dont les effets s'additionnent au
fil des nombreuses années pendant lesquelles sont produites et
évaluées des populations hybrides interspécifiques. La génération
F1 est recréée chaque année à l'aide de plans d'expérience factorielle
relativement réduits pouvant accepter un ensemble de 48 lignées
parentales sélectionnées. La population de base de chaque année
est ensuite évaluée dans une série de parcelles sur le terrain
pendant une période de 10 ans au cours de laquelle le nombre de
lignées inscrites diminue alors que les répétitions et la rotation
expérimentale augmentent. On accorde la priorité à la résistance
à la maladie lors des premières étapes de l'expérience et aux
caractères (mesurés avec le système métrique) lors des dernières
étapes. À l'heure actuelle, 5 812 génotypes de première
génération (F1), représentant huit populations de base, sont sous
observation dans les diverses parcelles expérimentales. Des clones
supérieurs seront mis en circulation chaque année à compter de
1999, lorsque les premiers essais de rendement auront été terminés.
Début
Jake Eaton, Gestionnaire des matériels de reproduction
Potlatch Corporation
Programme des peupliers hybrides, Boardman OR(541)481-2620
La Potlatch Corporation en est dans la quatrième année de son
programme de conversion de 9 000 hectares (22 000
acres) de terres agricoles irriguées par des arroseurs géants.
La conversion de cette superficie se déroulera au cours d'une
période de six ans, et quelque 1 500 hectares seront
plantés de peupliers chaque année. Cette ferme aura une production
annuelle durable de fibres à compter de l'an 2000 et fournira
à l'usine de la Potlatch's Pulp and Paperboard située à Lewiston,
en Idaho, 20 % des copeaux de bois dont elle a besoin.
Le fleuve Columbia est une source stable d'eau d'irrigation qui,
combinée aux longues journées d'ensoleillement, aux loams sableux
et à la saison de végétation sans gel de 185 jours, crée
un milieu idéal pour la culture intensive du peuplier. Grâce à
l'irrigation au goutte-à-goutte et aux économies qu'elle permet,
chaque arbre reçoit la quantité d'eau, d'engrais et de pesticides
dont il a besoin. Le système d'irrigation de 200 000 gallons par
minute fait appel à des dispositifs perfectionnés de filtration,
de pompage et d'alimentation en eau.
L'implantation de l'irrigation au goutte-à-goutte dans les champs,
la propagation de matériel de reproduction et de clones ainsi
que l'établissement et le développement de plantations sont les
principales activités qui y sont menées. La préparation du terrain
et la conversion consistent à enlever les systèmes d'arroseurs
géants, à niveler les champs, à travailler le sol (ripage) et
à incorporer un herbicide de pré-levée. Un programme rigoureux
d'essais de clones, allant de l'obtention de nouveaux matériels
améliorés à des sélections qui seront mises en circulation, permet
d'obtenir de nouveaux matériels clonaux qui sont multipliés en
masse dans des marcottières sous contrat. Au nombre des activités
suivant la plantation, mentionnons le dégagement manuel de la
végétation ou à l'aide d'herbicides, des soins culturaux et la
surveillance des insectes et des maladies.
À l'heure actuelle, 5 000 hectares (12 500 acres)
sont aménagés et la construction du système d'irrigation est en
cours sur les 1 500 hectares (3 800 acres)
qui doivent être plantés en 1998. Les arbres parvenus à mi-chemin
de la révolution ont la performance prévue, et les niveaux de
production (minimum de 90 tonnes anhydres de copeaux à pâte
écorcés à blanc par hectare (40 tonnes par acre)) sont réalistes
avec une révolution de six ans.
Début
R. van den Driessche
New Dendrology Inc., Victoria (C.-B.)
(250)477-4134
Les hybrides de Populus trichocarpa x P. deltoides viennent bien
sans aucune fertilisation le long du cours inférieur du Columbia
et du Fraser, mais réagissent bien à des apports d'azote (N) dans
l'État de Washington. Les sites de plantation de l'est de l'île
de Vancouver sont plus secs que les sols alluviaux en bordure
de ces fleuves, et la résistance à la sécheresse est importante.
Dans ces sites, on applique un engrais phosphaté (P) au cours
de l'année de plantation et on doit également appliquer un engrais
azoté (N) pour obtenir un taux de croissance satisfaisant. Au
moins dix chercheurs, dont des étudiants de deuxième cycle, ont
étudié ou étudient actuellement le cycle des éléments nutritifs
minéraux du peuplier en C.-B. Leurs travaux vont d'une étude des
caractéristiques des éléments nutritifs de P. trichocarpa poussant
en peuplements naturels à des essais d'épandage d'effluents d'eaux
usées et de biosolides, en passant par des essais sur le terrain
d'application d'engrais minéraux. Ils mesurent la consommation
d'eau sur le terrain, examinent les effets physiologiques des
éléments nutritifs minéraux sur la résistance à la sécheresse
chez plusieurs clones et effectuent des recherches sur la relation
génétique entre les familles d'hybrides et la nutrition minérale.
Les gestionnaires de la ferme de peupliers de la MacMillan Bloedel
reconnaissent l'importance d'amender les sites des plantations
de l'île de Vancouver pour obtenir une nutrition minérale importante
et élaborent actuellement des prescriptions et des techniques
économiques et écologiques d'application des éléments nutritifs
nécessaires.
Début
Richard Meilan
Département de sciences forestières, OSU, Corvalis (OR)
(541) 737-6097
Collaborateurs scientifiques : Kyung-Hwan Han (Kumho Life &
Env. Sci, Kwangju, Corée), Caiping Ma, Rosalind James & Steve
Strauss (Dép. de sciences for., OSU), Ron Crockett (Monsanto,
Vancouver WA), Jake Eaton (Potlatch Corp., Boardman OR), Ernie
Hoien (Fort James Corp., Clatskanie OR), Mary Taylor, Glenn Rogan
& Larry Holden (Monsanto, St. Louis MO), Brian Stanton
(Fort James Corp., Camas WA)
Une lutte inefficace contre les mauvaises herbes dans les jeunes
plantations de peupliers peut réduire énormément la croissance
et la survie. Des arbres résistant aux herbicides accroissent
l'efficacité et la rentabilité de la lutte contre la végétation
indésirable, élément d'une importance capitale pour la rentabilité
de la culture du bois de peuplier. À l'aide d'une transformation
par Agrobacterium et de l'organogenèse indirecte de pousses, nous
avons produit 79 lignées de peupliers transgéniques qui contiennent
des gènes de résistance au glyphosphate. Ces lignées font l'objet
d'essais au champ à l'est et à l'ouest de la chaîne des Cascades
en Oregon. Les résultats de la deuxième année révèlent des niveaux
de tolérance élevés au Roundup® chez plusieurs lignées dont quatre
ne semblent connaître aucune réduction de croissance, même lorsqu'elles
reçoivent des pulvérisations de l'ordre de 9,4 litres/hectares
(4 pintes/acre) de Roundup ProÔ. On s'emploie actuellement
à mesurer les teneurs en protéines des transgènes.
Début
Brian Barber, forestier professionnel inscrit
Ministère des Forêts de la C.-B.
(250) 356-6207
Le Code de pratiques forestières de la C.-B. exige que toutes
les semences et tout le matériel végétal utilisés pour atteindre
les objectifs de reboisement énoncés dans une prescription sylvicole
soient enregistrés auprès du ministère des Forêts. Le but de cette
démarche est de s'assurer que les données sur la provenance sont
rigoureusement exactes et que les matériels de reboisement sont
adaptés à leurs sites de plantation grâce à l'application de lignes
directrices sur le transfert.
De nouvelles normes techniques concernant l'enregistrement des
semences et des lots de matériel de reproduction provenant de
vergers à graines et d'installations de production de plants ont
été adoptées le 11 juin 1997. Ces normes portent sur la transférabilité,
la diversité génétique, la valeur génétique et les exigences des
essais au champ.
Contrairement à d'autres lots, tous les clones de peupliers hybrides
multipliés dans un même établissement peuvent être enregistrés
comme un même lot de matériel de reproduction. Le producteur doit
cependant tenir à jour des registres des différents clones présents
dans son établissement et fournis aux clients. L'identité des
différents clones ne sera révélée que sur demande. Il n'est donc
pas obligatoire d'enregistrer les clones individuels qui doivent
toutefois être utilisés conformément aux recommandations formulées
par le ministère pour garantir leur stabilité. En outre, les peupliers
hybrides ne sont pas assujettis aux normes concernant la diversité
génétique et peuvent donc être plantés comme variétés clonales
mélangées ou en blocs.
Durant l'année qui vient, le ministère introduira également un
système d'homologation des producteurs de matériels obtenus par
voie végétative.
Début
Mike Van Ham, Sylvis Environmental, (604) 294-9243;
Jonn Braman & Arlene Daniels,District régional de Vancouver
(DRV), (604) 451-6185
Les biosolides des municipalités sont un sous-produit du traitement
des eaux usées et peuvent constituer une source d'éléments nutritifs
essentiels et de matière organique utilisable pour fertiliser
les peupliers hybrides cultivés et de courtes révolutions. Des
études antérieures ont montré que la fertilisation peut entraîner
des augmentations importantes de la croissance. Dans le cadre
de la présente étude, des biosolides provenant d'usines d'épuration
du DRV et des fibres de papier de l'usine des Papiers Scott Limitée
sont épandus pour fertiliser des peupliers hybrides cultivés sur
la ferme forestière de production de la Scott. Les recherches
menées sur l'île Carey ont pour but d'étudier le cycle de l'azote,
de déterminer les dosages et de surveiller la croissance des arbres
et de la végétation du sous-étage.
Cible
(kg N/ha) |
Tonnes
humides/ha |
Tonnes
sèches/ha |
| Témoin |
0 |
0 |
| 500 |
70,8 |
20,6 |
| 1 000 |
130,2 |
37,9 |
| 2 000 |
273,8 |
79,1 |
| 4 000 |
520,8 |
151,6 |
| Fibre de papier |
728 |
187,8 |
Le site d'étude se trouve dans une plantation de peupliers hybrides
établie en mars 1992 sur l'île Carey, dans la vallée du Fraser
(TEL #43 - Les Papiers Scott Ltée), près de Chilliwack en C.-B.
On a retenu six traitements comportant chacun six rangées d'arbres
séparées par une rangée tampon. On a séparé ces traitements en
trois blocs afin d'éliminer toute variation possible de l'humidité
du sol. Certains blocs ont été soumis à un simple épandage en
surface, opération qui a été suivie dans d'autres blocs par une
incorporation à la couche superficielle du sol. Les dosages ont
été déterminés selon le bilan azoté indiqué ci-dessus. Les applications
ont été effectuées en août 1994 au moyen d'un épandeur à fumier
ordinaire et l'incorporation, avec un rotovator attelé à un tracteur.
On a mesuré la minéralisation de l'azote, le lessivage, la dénitrification,
les pertes par volatilisation ammoniacale et le stockage dans
le sol. Chaque année, on a mesuré l'accroissement en diamètre
et en hauteur. Un an après l'application, on a analysé les teneurs
en éléments nutritifs. On a constaté des augmentations significatives
des teneurs en N, P et K du feuillage des peupliers hybrides.
Les teneurs en N du feuillage des peupliers étaient plus élevées
dans les blocs où les biosolides avaient été incorporés que dans
ceux ayant été soumis à un simple épandage. Dans ces derniers,
on a observé, trois ans plus tard, des augmentations importantes
de la hauteur, du diamètre et du volume des arbres.
Début
Notes sur les visites guidées sur le terrain organisées à
l'occasion de l'assemblée générale du Conseil du peuplier du Canada
Campbell River (C.-B.) - 1er au 3 octobre 1997
Jim Richardson
(613) 947-9021
À l'occasion de l'assemblée annuelle du Conseil du peuplier qui
s'est tenue à Campbell River, en C.-B., on a offert aux membres
la possibilité de participer à une visite guidée sur le terrain
de deux jours et demi et d'observer les activités de populiculture
menées sur la côte de la Colombie-Britannique. Les plantations
et les opérations de la Division de populiculture de la MacMillan
Bloedel, dans le centre-nord de l'île de Vancouver, et des Papiers
Scott, dans la vallée du Fraser à l'est de Vancouver, sont au
programme de la visite. On peut dire qu'il s'agit des plantations
de peupliers les plus intensivement aménagées au Canada à l'heure
actuelle; la visite guidée a suscité beaucoup d'intérêt et de
discussions parmi la centaine de participants à l'assemblée annuelle.
La MacMillan Bloedel s'est intéressée à la culture du peuplier
il y a une dizaine d'années, y voyant un moyen d'améliorer l'approvisionnement
en fibre de ses usines. La Division de la populiculture exploite
des fermes sur l'île de Vancouver et dans l'État de Washington
où les bonnes terres agricoles disponibles sont plus nombreuses
et où l'usage d'herbicides chimiques est assujetti à moins de
restrictions qu'au Canada. Sur l'île de Vancouver, les fermes
de peupliers sont parfois établies sur des terrains forestiers
convertis. Les efforts sont axés sur les hybrides de Populus trichocarpa
x P. deltoides qui font l'objet d'un aménagement intensif faisant
appel à des révolutions de huit à dix ans. Le régime d'aménagement
utilisé comprend une préparation intensive du terrain, qui exige
parfois des travaux de drainage et de sous-solage, l'empilement
des rémanents, l'érection de clôtures pour faire obstacle aux
cerfs et aux wapitis, et le déchaumage. Les boutures sont plantées
à la main après l'application d'un herbicide de pré-levée. Une
lutte active contre les mauvaises herbes est menée au cours des
deux années qui suivent la mise en terre et consiste principalement
à déchaumer les interlignes. Il est préférable d'appliquer un
engrais NPK dans les interlignes ou après la plantation, notamment
sur des terrains forestiers convertis. Les tiges sont sélectionnées
sur le terrain lorsqu'elles sont encore petites, et de jeunes
tiges de peuplier de 1,8 m sont replantées au besoin au début
de la deuxième année. La MacMillan Bloedel espère commencer à
récolter les peupliers de ses fermes en 2004.
Dans l'île de Vancouver, les visites sur le terrain ont permis
de voir toutes les étapes de l'aménagement d'une plantation et
ont mis en relief certaines des recherches qui ont été entreprises
ainsi que les problèmes que rencontre la Division de la populiculture.
Une préparation intensive du terrain s'est avérée essentielle.
Lors de la conversion de terrains forestiers, on utilise des excavatrices
pour arracher les souches et enlever les débris, des bouteurs
pour transporter le matériel jusqu'aux endroits choisis et des
sous-soleuses pour favoriser la pénétration des racines et la
rétention de l'eau dans le sol. On a démontré que l'utilisation
de paillis de polyéthylène améliorait l'accroissement initial
en hauteur. On a constaté qu'un désherbage initial et répété favorisait
la croissance de la plantation. Le Vision (glyphosphate) est l'herbicide
de post-levée utilisé en C.-B. Il n'est pas rentable de procéder
à plus de deux applications.
La sélection et les tests clonaux se poursuivent; les résultats
de ces activités ont permis de conclure qu'on ne pouvait choisir
les clones trop tôt dans le processus de sélection, même avec
des révolutions aussi courtes. Des hybrides de P. trichocarpa
x maximowiczii, de P. deltoides x trichocarpa et de P. trichocarpa
x deltoides font l'objet d'essais comparatifs.
Des parcelles expérimentales de fertilisation ont été établies
et sont évaluées à l'aide du modèle informatique FORECAST. On
déterminera ainsi la durabilité des peupliers hybrides à courte
révolution sur le plan de la productivité du peuplement, des réserves
nutritives de la station et de teneurs en matière organique du
sol.
Des parcelles comparatives de la densité de plantation ont également
été établies en collaboration avec la Station de recherche de
Kalamalka du Service des forêts de la C.-B. et les Papiers Scott.
Trois ans après la mise en terre, la densité de plantation n'avait
pratiquement aucun effet sur la hauteur moyenne, mais un faible
espacement avait des effets légèrement négatifs sur l'accroissement
du diamètre.
Dans la plantation de la MacMillan Bloedel, certaines maladies
sont préoccupantes, notamment une rouille des feuilles (Melampsora
medusae), une brûlure des pousses (Venturia populina), une tache
des feuilles (Septoria populicola) et une autre brûlure des feuilles
(Linospora tetraspora). Des tests clonaux étudient le degré de
résistance de différents clones à ces maladies. Les conditions
météorologiques et climatiques sont également des facteurs importants
qui influent sur l'incidence des maladies. Au nombre des autres
facteurs biotiques pouvant causer des problèmes, mentionnons des
tenthrèdes du peuplier susceptibles de provoquer une défoliation,
les campagnols qui peuvent anneler les jeunes arbres, et les castors
qui peuvent détruire des arbres plus âgés. Les bris attribuables
au vent peuvent être problématiques lorsque les arbres ont déjà
été affaiblis par la maladie.
Les Papiers Scott ont entrepris la culture du peuplier dans les
terres basses productives de la vallée du Fraser (principalement
sur des îles du fleuve Fraser) vers la fin des années 50 et au
début des années 60 afin de répondre à la demande grandissante
de pâte. La culture du peuplier pour la production de placages
présente également un certain intérêt. Le peuplier de l'Ouest
et des peupliers hybrides euraméricains sont plantés à des espacements
variés allant de 2,5 m x 2,5 m à 4,8 m x 4,8 m. Dans les plantations
établies depuis plus longtemps, on prévoit des révolutions de
25 à 33 ans. Toutefois, au cours des dix dernières années, on
a aussi eu recours à la culture intensive à courte révolution,
cette dernière n'atteignant parfois que six ou huit ans.
Les Papiers Scott sont le titulaire d'une licence de ferme forestière
sur les terres de la Couronne. Seulement 40 % du territoire visé
par cette licence peut être exploité de façon rentable, le reste
étant assujetti à des contraintes liées aux pêches et à la faune
ou étant improductif ou inaccessible. Cependant, près de la moitié
des activités de cette société sont menées sur des terres privées
où les restrictions sont moins nombreuses.
Les Papiers Scott exploitent leur propre pépinière où est produit
le matériel de plantation. Autrefois, les plantations étaient
établies de préférence à l'aide de jeunes tiges de peuplier de
grandes dimensions afin de faire échec à la vive concurrence exercée
par la couverture vivante dans les stations riches. Plus récemment,
on a utilisé des boutures racinées et non racinées de 45 cm.
De concert avec d'autres entrepreneurs de la vallée de Fraser,
la société a collaboré à des projets d'amélioration de l'environnement.
Elle a entrepris des essais de fertilisation à l'aide d'effluents
de fermes porcines; ces essais ont permis d'éliminer les effluents
et d'améliorer la croissance des peupliers. Des plantations ont
également été établies dans des sites de remise en état du terrain.
En participant à des projets de recherche conjointe sur le peuplier,
la MacMillan Bloedel et les Papiers Scott profitent tous deux
de l'expertise d'autres compagnies et d'organismes de recherche
de la région du nord-ouest du Pacifique qui s'intéressent à la
populiculture. Ces deux sociétés sont des membres actifs de la
Poplar Molecular Genetics Cooperative (PMGC), de l'University
of Washington. La MacMillan Bloedel est également membre de la
Tree Genetic Engineering Research Cooperative (TGERC) située à
l'Oregon State University. Ces coopératives effectuent des recherches
en biotechnologie et en génétique de pointe afin d'améliorer la
croissance du peuplier.
Je tiens à remercier sincèrement les employés dévoués et infatigables
de la Division de la populiculture de la MacMillan Bloedel et
des Papiers Scott qui ont déployé des efforts pour organiser et
mener une série de visites sur le terrain extrêmement intéressantes
et instructives et ce, malgré le temps très pluvieux qui a sévi
quelques semaines avant les visites et qui a continué de sévir
pendant toute la semaine de notre assemblée annuelle. Je remercie
tout particulièrement Cees van Oosten, Peter McAuliffe et Dan
Gordon.
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Last edit:
2004-10-27
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